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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Ca y est : la TURQUIE est devenue le 34e pays de l'Union Turlgienne

9 Juillet 2009 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

PHOTOS 1, PHOTOS 2, PHOTOS 3, PHOTOS 4

 

En mai 1991, au 24e Congrès mondial de l'IIT (Institut International du Théâtre), le Chef, Robert Germay, annonçait, pour la première fois, urbi et orbi, la mise en chantier de ce qui allait devenir en 1994 l'AITU (Association Internationale du Théâtre à l'Université). C'était à Istanbul.

En 2007, RITU 24 accueillait, pour la première fois, une troupe turque à Liège.

Il était écrit que le TURLg devait un jour ajouter la Turquie à sa liste de pays visités : ce serait le 34e. Voilà, c'est fait, en 2009. Ah! la persévérance !

C'est à notre collège et ami Mustafa Sekmen, de l'Université d'Eskisehir (dont la troupe participait à RITU 24) que nous devons le contact favorable décicif, en l'occurence TOBAV, Turkish Theatre Opera and Ballet Members Foundation. Basée à Ankara, elle est aussi le centre national de l'AITA (Association internationale de Théâtre amateur) pour la Turquie. Elle est présidée par Tamer Levent.

D'abord planifiée pour la ville d'Alaçati, notre tournée faillit être annulée en toute dernière minute, suite à la défection, pour raison économique, de ladite ville. Par une prouesse administrative admirable - et dont j'ignore encore le secret ), les organisateurs (merci Meltem Keskin) ont remplacé, in extremis, le Festival d'Alaçati par une tournée du TURLg dans trois villes de la magnifique côte de la Mer Egée : Karaburun, Didim et Akbük. Je l'affirme : la mer y est bleue !

A chaque étape, nous n'avons pu qu'être en admiration devant l'efficacité et le zèle des municipalités locales, des maires aux édiles en passant par les ouvriers municipaux, qui se sont mis en quatre pour que nos représentations soient possibles... et bien visitées.

En bon Liégeois, je ne pouvais que m'émerveiller devant un tel dévouement, rare et précieux. Il faut dire que nos anges gardiens, Alhan Ozdemir et Ozgur Cicek, délégués auprès de nous par Tobav, n'ont pas ménagé leurs efforts pour mobiliser à chaque fois tout ce petit monde à notre service.

D'abord, Karaburun (30/6-2/7) ; une étonnante péninsule (dirons-nous "une réserve"?) idylliquement préservée du tourisme de masse, authentique et charmante. Nous y avons été accueillis à bras ouverts par une sorte de gourou, rescapé hippy, Ali Yalcimer, qui, quand il n'est pas "Docent" à l'Université d'Amsterdam, dispense son enseignement dans sa retraite "sauvage", une ancienne fermette à huile dans les collines de Karaburun, ouverte à tous les ateliers possibles, du théâtre à la musique, en passant par le break dance... (dont 6 jeunes du coin nous ont donné une représentation en rue, après une réception très amicale chez le maire de la ville). Back to the seventies, quoi.

Mais sans nostalgie et avec une chaleureuse ouverture... y compris sur le ciel - ouvert.

Le 3 juillet, en trois bus différents et six heures de route, nous gagniions Didim, qui serait notre base jusqu'à notre retour. Passage saisissant d'un Ushuaïa à un Blankenberghe turcs... pour jouer, excusez du peu, au Temple d'Apollon, remarquables ruines antiques du 3ème siècle avant Jules César, dans le cadre du Meandros festival. Contraste pour contraste... Impensable à Blankenberghe.

Chapeau bas à ces ouvriers communaux qui, en un après-midi, nous ont construit, pour un soir, la table et le banc dont avait besoin notre Joueur de flûte. L'aide de la déléguée municipale, Basak Kamaci, réquisitionnée par Tobav, n'y fut pas pour rien. Un public nombreux et familial assista, sur les augustes marche turques du temples, à notre représentation sur terre battue, avec un plaisir évident.

Entre deux plongeons dans la piscine de notre hôtel, Didyma House (ah! la douce musique disco turque!), nous donnions encore une représentation - la 3ème donc -, dans une ville voisine, à une demie-heure de route (encore un bus "réquisitionné" à la municipalité), Akbük : spectacle à nouveau en plein air, devant 700 spectateurs, et, derrière eux... la mer Egée et la lune... Les responsables culturels de la ville, Alev Orbay et Cem Gedik, avaient bien organisé les choses (chapeau bas aussi, devant ces ouvriers, installant en une demie-heure, 700 chaises par plus de 30°. J'en connais qui devraient en prendre de la graine !). Le maire lui-même, Mehmet Ercin Sandalci, était au premier rang pour nous applaudir... et nous convier, après le spectacle, à un banquet, je n'vous dis qu'ça (je recommande chaleureusement à tous les guides le Garden Restaurant d'Akbük ! Ainsi que toute la ville d'ailleurs, pour sa beauté et sa tranquillité de bon aloi).

Tout plaisir a une fin : le 5 juillet sonnait le retour au pays.

Plus que jamais peut-être, le TURLg, et, plus précisément ici son Joueur de flûte, ont prouvé qu'on peut tenir en haleine un public, sans sous-titrage et sans effets d'éclairage. C'est notre devise désormais célèbre.

Merci encore à Tobav pour son efficacité dévouée.

Merci aussi à l'ULg, qui, par l'entremise du Prof. Albert Corhay, Vice-Recteur, nous a donné financièrement la possibilité de réaliser cette tournée qui restera un excellent souvenir, de l'avis général.

La Turquie nous reverra, c'est sûr. D'ailleurs, ne l'ébruitez pas, il est d'ores et déjà question d'un échange avec Istanbul pour 2010. Mais on vous en reparlera.

 

Robert Germay

 

La Turquie, malgré tout.

Jusqu'au dernier moment, j'ai cru que nous ne ferions jamais cette tournée. On aurait dit que tout s'y mettait pour nous empêcher de partir : il nous a d'abord fallu nous assurer de notre sélection pour le festival. Ce fut chose faite (après envoi d'un cd et d'un dossier, et moults échanges de courriels avec les organisateurs) vers le mois d'avril. Il a ensuite fallu s'assurer de la présence des différents comédiens et remplacer les inévitables absents : Baudouin, alias Hans von Krakkenfield, le bourgmestre, étant empêché, le Chef s'imposait pour le remplacer et adopta illico le doux nom de Alfons von Hosenträgerchen; Marie et Chantal ne pouvaient pas non plus nous accompagner : j'ai décidé de prendre le rôle de Marie, et Nicole, celui de Chantal, qu'elle avait d'ailleurs déjà tenu lors de notre mémorable voyage à Marrakech.

Après ça, la liste étant clôturée, nous devions acheter les billets d'avion. Leur prix, pas trop élevé en février, quand nous avions pris nos renseignements, avaient évidemment grimpé en flèche ! Heureusement, comme le Chef vous l'a déjà raconté, notre Vice-Recteur a mis la main au portefeuille. Merci encore !

A peine une semaine après l'achat desdits billets, voilà-t-il pas que la municipalité d'Alaçati, qui accueillait le festival, décide pour raison de "crise économique", de l'annuler ! Vous le savez déjà, nos désormais amis de TOBAV ont trouvé la solution.

Ne restait plus qu'à répéter. Ah ouiche ! pas du tout : notre Nicole nationale, trois jours avant le départ et au début du week-end de répétition, fut prise d'une violente crise d'acouphènes qui lui interdisait tout déplacement en avion. "Une solution ! une solution ! une solution !", comme le disent les habitants de Hamelin. Aussitôt dit, aussitôt fait : nous avions dans nos réserves inépuisables de remplaçants, Catherine, qui elle, nous avait accompagnés à Dourdan. Comme nous n'aimons pas faire simple quand nous pouvons faire compliqué, c'est alors elle qui a repris le rôle de Marie et moi, celui de Chantal-Nicole...

Nous sommes enfin partis... A l'arrivée là-bas, et une fois admise l'idée que nous ne contrôlions rien, et surtout pas le planning des activités (d'ailleurs très bien conçu), nous avons vécu un séjour paradisiaque, dont le Chef vous a fait ci-dessus le récit détaillé.

Je retiens trois choses : l'accueil mémorable à Karaburun, dans un petit village où nous rêvons désormais d'acheter une maison de vacances, la fascination des enfants du public pour nos petites maisons en carton (alors qu'il y avait tout autour d'eux les pierres centenaires du temple d'Apollon), et les deux lieux superbes dans lesquels nous nous sommes produits.

A plus, Turquie !

Dominique

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