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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Après le coup de théâtre de Fès, un incident diplomatique : l'Islande torpille notre tournée au Québec, qui attendait Godot

19 Avril 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

 

Nuage islandais La loi des séries ? La semaine dernière, un accident nous empêchait de jouer au Maroc (voir notre dernier blog). Cette fois, nous ne sommes même pas partis ! A cause d'une poignée d'Islandais qui ne sont pas capables d'entretenir un minimum leurs volcans... Ça s'ramone de temps en temps ça, non ? Y a pas d'justice ma bonne dame. L'invitation de Jean-Marc Larrue à ses 14e Fêtes du Suroit à Valleyfield (QUE) (20-26 avril 2010) datait d'un an; le successeur de Luis Thénon, Robert Faguy, Directeur du LANTISS de l'Université Laval nous proposait de jouer le ma. 20 dans sa belle salle à Québec; Monsieur Charles Houard, notre Délégué Wallonie-Bruxelles International (WBI) à Québec y avait fait une publicité d'enfer et son épouse, préparé nos chambres; nos sympathiques amis Michèle Dion et Pierre Legris nous attendaient de pied plus ferme que ça tu meurs dans leur salle du CÉGEP de Trois-Rivières pour le je. 22; et, enfin, Julie Durandeau et l'équipe de Jean-Marc Larrue brûlaient d'impatience de nous ouvrir la grande salle du Collège de Valleyfield le sa. 24... Lorsque, bardaf et patatras, un bête nuage islandais vient clouer NOTRE avion au sol !

Dimanche 18, jour de notre départ : aéroport de Roissy fermé, et vols d'Air France annulés. Réouverture au plus tôt le lundi 19. Et du coup, tous les autres vols deviennent prioritaires, et plus de places (assises) dans les avions avant le vendredi 23 ! Cloués au sol ! Comme des punaises. Le bordel, quoi !

La prochaine fois, nous prendrons le temps et le bateau (s'il ne s'appelle pas Tita

 

nic II).

En attendant, le Québec attend toujours notre Godot ! To God ?

servicemil1.jpg

Avec l'espoir que ça volera... l'année prochaine, je persiste et signe,

Votre dépité, catastrophé, embêté, ennuyé, désolé, ravagé, affligé, embarrassé, énervé, triste et inconsolable,

Robert Germay

(PS : Empêché de jouer par un nuage, ça, c'est une première ! Un petit historique de nos empêchements de jouer en rond, en quarante ans de tournées internationales :

- en février 1979, nous (le Théâtre des Germanistes, à l'époque) devions jouer Mugnog-Kinder à l'Université d'Anvers (RUCA), et une panne de minibus (loué) nous a fait perdre 6 heures à 50 kms du but. Nous sommes arrivés... lorsque le dernier spectateur venait de perdre patience et de partir. Déception générale.

- en mars 1993, nous devions présenter Ein Fest bei Papadakis à Göppingen (D), et deux comédiennes étourdies ont raté l'arrêt du train en gare de Göppingen. A la fin de leur périple allemand, retour - enfin - à Göppingen, l'heure de la représentation était passée de 3 plombes. Confusion et rouge de la honte.

- en avril 2006, à Cracovie, un comédien qui devait jouer dans Poivre de Cayenne est pris d'angoisses métaphysiques et d'une violente dépression qui obligent son retour à Liège en catastrophe. Angoisse et congés maladies.

- en 2010, à Fès, Dominique/Monique se casse le pied 20 minutes avant de le poser sur scène. Hôpital et béquilles.

- et, 2010 toujours : nuage réputé mordant. Catastrophe naturelle.

Sur le nombre aujourd'hui incalculable de nos tournées, le "déchet" n'est finalement pas excessif, somme toute.

PS 2 : Nous devons partir la semaine prochaine (26-29 avril) à Marrakech. Volera-ce ? Et idem pour début mai : Roumanie et Turquie ? Comme dirait le grand Victor : "Non, l'avenir n'est à personne, Sire, l'avenir est à Dieu".

PS 3 : Ces Islandais ne sont pas raisonnables. Quand on affuble un volcan d'un nom aussi barbare que Eyjafjalajokull, on doit s'attendre à ce qu'il se fâche et érupte un jour, non ? Le Mexicain Popocatepetl pose quand même moins de problèmes...

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Le TURLg au 5e FTUF(Festival de Théâtre Universitaire de Fès) : un vrai coup de théâtre !

14 Avril 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Les photos

theatre Fes

Il y a 22 ans (sic - les initiés comprendront), en juillet 1988, le TULg (alors sans son R royal) participait au tout premier Festival International de Théâtre Universitaire organisé au Maroc, par la Faculté Ben'Msik de l'Université de Casablanca. C'était avec son Rosencrantz et Guildenstern sont morts, de glorieuse mémoire. Le FITUC nous décerna alors le beau titre de "Cofondateur" de l'évènement. Et pendant une bonne dizaine d'années, nous fûmes des fidèles de cette aventure théâtrale... jusqu'à ce que, hélas, sans doute victime d'un gigantisme galopant et ingérable, elle devint plutôt invivable pour des hôtes (comme nous) qui en avaient vécu les excitants débuts.

En 1998, le Festival, alors tout frais, de Monastir, offrait aux accros du Maghreb que nous étions devenus, une belle occasion de découvrir la Tunisie et ce, à plusieurs reprises ensuite. Sans doute en conséquence de la perte de vitesse (du chaos ?) que vivait le FITUC(asablanca), on vit éclore une ribambelle de nouveaux festivals universitaires en terre marocaine, de Fès à Marrakech, en passant par Agadir, Tanger et Oujda, ceci dit dans un beau désordre chronologique (par parenthèse, qu'on se rassure : le Festival de Casa existe toujours bel et bien, et semble reprendre du poil de la bête : va falloir y raller voir...!). Tout cela prouve bien le grand dynamisme du théâtre universitaire marocain, aujourd'hui plus encore qu'hier. D'ailleurs, je ne compte plus le nombre de jeunes que j'ai connus à Casa in illo tempore, qui sont aujourd'hui devenus des valeurs sûres et confirmées parmi les responsables actuels du paysage théâtral marocain.

Pardon pour ce long préambule historique, et revenons à nos dromadaires : c'est avec plaisir que nous acceptions, cette année, notre deuxième invitation à participer au 5e Festival de TU de Fès. Celle de l'an 2009 dernier avait été plutôt secouée : nous devions alors y présenter notre Si tu m'aimes, mais des raisons indépendantes de notre volonté nous contraignaient à y envoyer, en catastrophe, notre tout aussi fameux Kafka et sa Communication à une académie (voir notre blog)

L'occasion était donc rêvée de réparer en emmenant, cette fois et enfin, Hans Sachs et sa farce. Nous ne croyions pas si bien dire : farce ?

Le mercredi 7 avril (Journée de la santé, d'après mon agenda Succès!), tout alla bien jusqu'à Casablanca, où la Royal Air Maroc (RAM) nous amenait vers les 16 heures. Attente normale de la correspondance pour Fès prévue à 23h20. C'est là que l'imprévue panne d'avion à hélices, hélas, c'est là qu'est l'os, nous fit craindre de devoir continuer à la rame (sans la RAM, waf, waf!). Après avoir vu décoller, sous nos yeux fatigués et en moins d'une heure, successivement les coucous pour Agadir, Marrakech, Tanger, Oujda, etc., on nous annonça qu'on allait peut-être pouvoir réparer notre machine volante dans un temps plus ou moins long/court... pour, finalement, nous embarquer dans un autocar à quelque 3 heures du matin.

Ce qui nous mit à Fès (endolori(e)s) vers les 7h30 du matin du jeudi. Heureusement, l'efficacité de l'organisation du FTUF(ès), elle, ne fut pas prise en défaut, car un autre bus, universitaire celui-là, nous attendait patiemment à l'aéroport de Fès (c'est beau ça, non ?), pour nous conduire, enfin, à l'hôtel Wassim, dont nous avons pu apprécier le grand confort, qui n'avait d'égal que notre belle fatigue.

Le repos fut très bref toutefois, car un programme chargé nous attendait : 4 spectacles par jour !

Et tout alla bien jusqu'à ce que, le vendredi, 20 minutes avant d'entrer en scène, Dominique/Monique, profitant d'un moment d'absence du Chef/René son mari, trébuche dans les escaliers de la salle... et se casse un os du pied gauche. Ou comment réduire 1/2 directrice à 1/10, à peine...

Nous avons donc dû déclarer forfait et annoncer, avec le plus d'humour possible, à une foule nombreuse de spectateurs, notre drame et notre confusion. Pour une fois qu'une troupe était prête à l'heure, voilà qu'elle ne peut pas jouer ! Et, qui plus est, la même pièce que celle qui avait déjà dû être décommandée l'année dernière. Non seulement Dominique, mais Allah aussi, devait être distrait... Un acte manqué ?

Bref, il fallait plâtrer ! Heureusement, notre cher Rachid Bellitir, ex-toujours-Turlgien, venait d'arriver au galop de Kenitra sur son coursier (appelé Mercedes) et, avec un guide local fourni opportunément par l'organisation du festival, il put accompagner la blessée au CHU local, où toutes les portes, armoires et salles d'opération s'ouvrirent aisément grâce au Sésame du Président de l'Université, Monsieur Esserrhini Farissi, en personne. C'est aussi grâce à son intervention énergique et efficace que je pouvais, le lendemain, trouver des béquilles pour notre handicapée. Et après ce beau coup de théâtre, le TURLg reprenait déjà l'avion le dimanche matin à 5h45, pour rentrer, cette fois sans encombre, à Bruxelles à 13h20…du même jour cette fois.Président

Quant au FTUF, il devait se terminer le dimanche seulement, mais sans nous, donc.

La programmation du festival offrait un bel aperçu de la vitalité du théâtre au Maghreb, avec des spectacles de Fès, Marrakech, Casablanca et Monastir, mais aussi du monde arabe au sens large avec l'Arabie Saoudite, l'Iraq, la Syrie, le Liban, le Sultanat d'Oman et l'Egypte. L'occident était représenté par le Québec (Montréal), les Pays-Bas (Rotterdam, mais non-universitaire) et la Belgique (le TURLiège). Une belle diversité, une belle richesse, mais aussi une belle bousculade de devoir caser tous ces spectacles dans une seule et même salle, à l'équipement technique plutôt sommaire, il faut le dire.

Ceci dit, comme toujours sous ces latitudes, le public vient nombreux, mais il ne vient pas à l'heure annoncée dans le programme, mais à l'heure supposée possible du début du spectacle, ce qui arrange tout. Comme, de plus, on entre et on sort allègrement de la salle comme d'un hall de gare, tout se déroule finalement fort bien.

Une table ronde sur "Le Théâtre universitaire arabe" rassemblant une bonne trentaine de « théâtreux » m'a confirmé la belle vigueur du théâtre universitaire de toutes ces contrées, et, le Président fondateur de l'AITU (Association Internationale du Théâtre à l'Université) que je suis, ne peut que se réjouir de voir leur volonté de créer/consolider/officialiser un réseau des TU du Monde arabe. Je nourris l'espoir que nous pourrons entretenir avec cette nouvelle Fédération les meilleurs rapports.

Je fus long. Concluons.

Said NajiLe TURLg, son Chef, et, tout particulièrement le 1/10e de ce qui reste de sa 1/2 directrice, remercient vivement l'Université de Fès en la personne de son Président, M. Farissi, et en la personne de Saïd Naji, Secrétaire général, qui dirige de main de maître (comme un Chef, quoi) une imposante et chaleureuse équipe de dévoué(e)s collaborateurs/trices.

On y retournerait bien... essayer de présenter pour une troisième fois notre pièce... s'ils nous aiment?

Robert Germay

    Note de Dominique/Monique : à ce qu'on m'a raconté, le Chef a même lancé des chocolats Galler à la foule en délire! qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour se faire pardonner...

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