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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Dans le rétroviseur... 2e livraison

6 Juin 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Dans le rétroviseur...

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La rubrique "Dans le rétroviseur..." est ouverte à tous ceux qui peuvent ajouter, corriger, améliorer les informations qui s'y trouveront concernant les dates, les noms (de personnes, de lieux ou de dieux), les anecdotes, croustillantes ou non... Bref, que ceci soit un remue-méninges-mémoire du TURLg.

RG

Or donc, après une décennie de théâtre facultaire et/ou de Cercles d'étudiants, le TULg naissait comme cercle interfacultaire en 1941, sous la houlette officielle du Prof. (latiniste) J. HUBAUX (1894-1959), qui assurera la présidence du frais émoulu TU liégeois jusqu'en 1957-58. 

Il est cocasse (?), avec le recul, de constater que l'oeuvre choisie pour ce baptême sous l'occupation allemande était, précisément, Les Bacchantes d'Euripide, pièce éternelle qui met en cause le pouvoir conquis par la force et qui faisait entendre à quelques officiers allemands, assis au premier rang de la Salle académique, des répliques du choeur des Bacchantes telles que :
" Parmi les présents que lui font les dieux
Il n'est pour l'homme plus sûre joie :
Voir enfin la victoire
Lui livrer l'ennemi pour proie "
et d'autres plus cinglantes encore de Dionysos, invectivant sans vergogne Penthée, le tyran de Thèbes. Quand on sait que quelques mois auparavant, la Kommandantur avait interdit au Cercle des Germanistes, le Debating Club, de jouer une pièce du britannique Charles MORGAN (1894-1958), The Flashing stream,on aurait pu craindre aussi la censure pour les Bacchantes, dont l'histoire ne pouvait qu'évoquer un parallèle avec la situation du peuple liégeois sous la botte nazie.

Peut-être la musique grecque, créée - au sens propre du terme - à l'occasion par François DUYSINX, a-t-elle eu le don d'adoucir un moment la gent teutonne.

Toujours est-il que ces Bacchantes avaient la peau dure puisqu'elles survécurent à la guerre. Jouée en création 5 fois à Liège en avril-mai 41, la pièce fut reprise 4 fois à Liège et 1 fois à Verviers (Palace) en 42, et elle finit sa belle carrière en 1946, à Liège (Conservatoire), Bruxelles (Palais des Beaux-Arts), Paris (Sorbonne, 2 fois) et, enfin, Flémalle (Théâtre de Verdure).

Vinrent alors, régulièrement mises en scène par Jean HUBAUX (souvent assisté pour les chorégraphies par Fanny THIBOUT), successivement :
  •  
  • - La Tempête de SHAKESPEARE : 1947
  •  
  • - La Paix d'ARISTOPHANE : 1948 et 1949, créée à l'Emulation - Liège, et décentralisée à Charleroi (Hôtel de Ville), Paris (Cité Universitaire), Saint-Etienne (Salle Jeanne d'Arc). Le spectacle fut, en tout, présenté 10 fois. Pas mal pour l'époque.
  •  
  • - La Machine à calculer d'Elmer RICE : 1950
  •  
  • - Jules César de SHAKESPEARE : 1951
  •  
  • - L'Admirable Crighton de J.-M. BARRIES : 1952
  •  
  • - Les Euménides d'ESCHYLE (trad. en vers : François DUYSINX, mise en scène : Fanny THIBOUT), jouée 5 fois à Liège (Emulation) : 1954
  •  
  • - La Guerre de Troie n'aura pas lieu, de Jean GIRAUDOUX (mise en scène de Georges KONEN) : 1955
  •  
  • - La Machine à calculer, d'Elmer RICE, reprise cette fois dans une mise en scène de Georges KONEN : 1956
  •  
  • - Macbeth de SHAKESPEARE : 1957
Ce fut la dernière mise en scène de Jean HUBAUX qui passa le flambeau en 1958 à son collègue de Philosophie François DUYCKAERTS (1920-2006) qui venait d'être nommé Professeur ordinaire à l'ULg en 1957.

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En septembre 1958, notre petit Alphonse R. GERMAY avait grandi, et il entrait, fier de son cartable tout neuf, en 1e candi Philologie germanique, dont les cours se donnaient, pour 3 mois encore, à l'emplacement de l'actuelle Tour Kennedy. Mais ceci est une autre histoire.

A suivre...

RG
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R
On m'a coupé la parole, M. le Président...
N'oubliez jamais ce grand principe de critique historique: "la source vient d'où elle vient, et pas d'ailleurs".
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R
Un peu d'histoire, un peu d'histoire, c'est vite dit, la source est erronée, il s'agit de la photographie (je parle du type sur le daguerréo) de Etienne-Constantin de Gerlache, qui organisa le Congrès du TURLg en 1830 pour célébrer le 13e anniversaire de l'Université de Liège.
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B
Oh mais... mais... c'est jauni à l'idée !
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