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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Dans le rétroviseur - 4e livraison

20 Juin 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Dans le rétroviseur...

 

retro.gif

La rubrique "Dans le rétroviseur..." est ouverte à tous ceux qui peuvent ajouter, corriger, améliorer les informations qui s'y trouveront concernant les dates, les noms (de personnes, de lieux ou de dieux), les anecdotes, croustillantes ou non... Bref, que ceci soit un remue-méninges-mémoire du TURLg.

 

RG


Or donc, le désormais Robert pédalait à ses cours – dans tous les sens du terme. Mais la nostalgique parenthèse héroïco-sentimentale de la livraison 3 de ce "Rétroviseur" nous a écarté de notre sujet : le long fleuve du TULg. A vrai dire, il intéressait peu notre héros, trop occupé qu'il était par sa guitare et ses chansons, le patronage, le basket-ball, la guindaille et certains cours. C'est ainsi qu'il rata quelques mémorables représentations du TULg dont François DUYCKAERTS venait d'"hériter", à la demande du Recteur d'alors, Marcel DUBUISSON, le "père" du Domaine du Sart-Tilman, de l'Aquarium et de la Station océanographique corse Stareso à Calvi, e.a.

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François DUYCKAERTS (1920-2006) était un éminent philosophe et un psychanalyste écouté. Même si le théâtre l'intéressait vivement, notre Prof. n'était pas un "théâtreux" (ce qui n'a pas empêché son fils Eric de s'illustrer, plus tard, avec le Groupov de Jacques DELCUVELLERIE). C'est pourquoi, tout en acceptant la responsabilité de la présidence du TULg, il confia dès son premier mandat, les mises en scène à un plus praticien que lui : Jean DAULNOYE, qui recevait dès lors comme émoluments une bonne partie des subsides qu'allouait déjà l'Alma Mater au théâtre. Le budget devait alors tourner dans les 1500 €, soit 60 000 francs belges d'une époque où, dans le Carré, la chope était à 5 francs, le pain à 3.50 et les sèches à moins de 10 balles. Tout fout l'camp, ma bonne dame.

Jean DAULNOYE était actif dans le milieu théâtral liégeois, où il a presté notamment à l'Etuve, le petit théâtre de la rue éponyme, qui était alors un théâtre d'avant-garde (comme on change !). On pouvait y voir des Georges KONEN, Henri MORDANT, Robert LOUIS,… qui eux-mêmes étaient passés par le TULg. Il travaillait aussi à la RTB, notamment à "Antenne Soir" en compagnie de Jean BRUMIOUL, autre figure connue à Liège, dans le domaine du théâtre.

Bref, c'est donc DAULNOYE qui mit en scène successivement :

         La Répétition ou l'Amour puni, de Jean ANOUILH (1958)

         Le Malade imaginaire, de MOLIERE (1959)

         Intermezzo/Un Caprice, de Jean GIRAUDOUX/Alfred de MUSSET (1961)

         Le Misanthrope, de MOLIERE (1962)

         Le Dyscolos ou le Père Grognon, de MENANDRE, adaptation en vers et musique de François DUYSINX, chorégraphie de Fanny THIBOUT (1963)

dyscolos.jpg

Ce fut la dernière mise en scène de Jean DAULNOYE au TULg.

Et, parallèlement, François DUYCKAERTS avait renoncé en 1962 en conseillant au Recteur de désigner François DUYSINX (1914-2003)comme son successeur. Ce dernier venait d'être nommé Maître de conférence, en Musicologie à l'ULg, charge honorifique et bénévole, certes, mais qui garantissait à l'ULg que la direction/présidence du TULg était assurée, comme par le passé, par un enseignant de l'Université... Il avait alors 48 ans, et enseignait à l'Athénée de Stavelot pour sa charge principale. Il enseignera plus tard aussi à l'INSAS.

Certes, DUYCKAERTS, qui avait géré les affaires du TULg avec sérieux et intérêt, avait d'autres chats à fouetter dans sa brillante carrière. Mais il est vraisemblable qu'il fut aussi réceptif aux critiques, parfois virulentes, qui furent émises par la "vieille équipe" qui avait œuvré sous HUBAUX. On reprochait, notamment, ce nouveau cap du répertoire trop consacré, aux yeux de certains, à des œuvres connues et reconnues (voir ci-dessus), et à un théâtre trop calqué sur le professionnalisme, avec les conséquences financières qui en découlaient (cachets de metteur en scène, location de costumes, décors,…). On vit d'ailleurs se vider rapidement, de 1958 à 1962, le "réservoir" des anciens collaborateurs de HUBAUX, que l'évolution du TULg mécontentait manifestement et profondément.

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Menandre (343-292 AC)

Et ce fut donc "François Duysinx le retour" (comme l'indique à suffisance la production de 1963, Le Dyscolos), en compagnie de Fanny THIBOUT (1907-1998), mais aussi de quelques autres rejetons DUYSINX. On peut comprendre que ce fut, au Théâtre universitaire, la dernière prestation de Jean DAULNOYE, qui, au demeurant, continuera sous d'autres auspices un beau parcours professionnel dans les arts vivants, mais aussi en littérature.

 
Une ère nouvelle s'ouvrait donc pour le TULg, par un retour aux sources.

Notre Robert G., lui, avait triomphé de la Germanique en septembre 63… et y rempilait, cette fois, du bon côté de la barrière, dès octobre, en acceptant, sans transition, le poste d'assistant bibliothécaire qu'on lui avait proposé.

Mais ceci est une autre histoire.

A suivre…

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