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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Dans le rétroviseur - 6e livraison

3 Juillet 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Dans le rétroviseur...

 

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La rubrique "Dans le rétroviseur..." est ouverte à tous ceux qui peuvent ajouter, corriger, améliorer les informations qui s'y trouveront concernant les dates, les noms (de personnes, de lieux ou de dieux), les anecdotes, croustillantes ou non... Bref, que ceci soit un remue-méninges-mémoire du TURLg.

RG

Or donc, la période Duyckaerts, pour vivante et remplie qu'elle fût, peut être considérée comme une sorte de parenthèse dans l'évolution  du TU liégeois, et ceci nous permet quelques remarques générales sur le phénomène "théâtre universitaire" lui-même.

Sa vocation n'était pas, sous HUBAUX – tout pareil qu'à Paris sous COHEN ou Roland BARTHES - d'imiter les professionnels, ni dans le choix du répertoire, ni dans la conception du spectacle, voire les directions d'acteurs. Elle ne doit d'ailleurs pas l'être. On fait du théâtre universitaire autant pour apprendre que pour produire, et le processus même de création y est quelque fois plus important même que le résultat final. Tant mieux si, in fine,  les répétitions (répéter ne veut pas dire "refaire" mais "améliorer") et les représentations donnent ensemble un produit de qualité remarquable. Et c'est souvent le cas au TURLg. Mais ni la démarche, ni la formation, ni la motivation ou l'ambition des professionnels du théâtre ne sont celles du théâtre étudiant en particulier, et du théâtre amateur en général. Ceci peut paraître une évidence mesquine, mais les faits prouvent souvent qu'elle ne l'est pas toujours pour tout le monde.

C'était apparemment le cas au TULg de 1958 à 1962. Ceci n'est pas une critique de la qualité des spectacles présentés alors, mais bien de leur inscription dans le paysage du théâtre à l'université, tel qu'on le conçoit généralement, encore aujourd'hui.

Cette "parenthèse" avait donc, certes, produit des représentations théâtrales étudiantes respectables, mais elle avait aussi provoqué les départs de certaines forces vives d'une part, et d'autre part, favorisé le retour en force d'autres qui allaient avec DUYSINX et consorts, remettre le TULg sur ses rails.

Par ailleurs, elle avait aussi provoqué une dissidence.

Au début des années soixante, un groupe d'étudiants allaient faire du théâtre sous le nom de la "Communauté des Escoliers de Liège", regroupés par Robert LOUIS, et Roger DEHAYBE (1942-…), tous deux étudiants à l'ULg. Le premier, après avoir fait le Conservatoire, fit la Psycho, puis une belle carrière à la RTB(F). Le second, romaniste, traça sa voie dans l'administration, à l'ULg, au Cabinet du Ministre de la Culture Jean-Maurice DEHOUSSE et au CGRI, où il fut Commissaire général, et enfin auprès de Boutros Boutros GHALI, comme Administrateur général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie.

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(Roger DEHAYBE)


Tous deux sont aujourd'hui retraités.

Le TURLg –et pour cause – possède peu de détails sur cette jeune compagnie des "Escoliers de Liège", et nous serions heureux que l'un ou l'autre rescapé de l'aventure qui lirait ces lignes réagisse en nous donnant plus d'informations, merci d'avance !

Ce qui est sûr, c'est que nos Escoliers participèrent en tout cas aux premières années du Festival Mondial du Théâtre de Nancy, créé par Jack LANG en 1963 avec Histoire de Vasco de  Georges SHEHADE (1964) et Hop ! Signor de Michel DE GHELDERODE (1965). Sous l'impulsion de Roger DEHAYBE (e.a.), la "Communauté des Escoliers de Liège" devint rapidement le "Théâtre de la Communauté" (Seraing), un théâtre professionnel résolument engagé dans la lutte sociale et que l'on peut considérer comme l'ancêtre fondateur d'à peu près tout le Théâtre-Action en Communauté française, voire de Belgique.

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C'est d'ailleurs sous l'appellation "Théâtre de la Communauté" que furent ensuite présentés à Nancy Le Dossier de Tadeusz Różewicz (1966) et Théâtre en liberté, de Victor HUGO (1967).

Par parenthèse, le Festival Mondial du Théâtre de Nancy était calqué sur le tout premier Festival international de Théâtre universitaire qui avait été créé à Erlangen (Allemagne) en 1949 déjà, et qui s'éteignit en 1969. Les "Escoliers" liégeois avaient d'ailleurs déjà participé aussi au Festival d'Erlangen. Nancy lui survécut de peu puisqu'on peut dater sa fin à 1973-74 ; Nancy n'accueillant quasiment plus de troupes universitaires, la Fédération des Etudiants de France lui retira son soutien, et c'est sur Avignon que se reporta alors toute l'attention. Le Festival d'Erlangen, lui, renaquit de ses cendres en 1990 et est encore actif aujourd'hui comme Festival universitaire.

Mais ceci est une autre histoire.

A suivre…

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