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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

DU RAPPORT ARTS ET SCIENCES 4/5 - La fée électricité

13 Juillet 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Où il est question de théâtre

La fée électricité allait bientôt elle aussi contribuer à transformer le théâtre, et bien plus profondément encore vu la précision de plus en plus performante et la souplesse de plus en plus grande qu’elle offrait à la manipulation de l’énergie nécessaire à l’éclairage d’une salle de spectacle.

L’appareillage au gaz, techniquement avantageux, certes, par rapport aux lustres lourds de bougies d’antan, restait très volumineux, encombrant, fixe et, finalement, peu précis.  L’invention de la lampe à incandescence à filament de carbone (+/- 1878) allait révolutionner, le mot n’est pas trop fort, le théâtre, au point de marquer historiquement la naissance du théâtre moderne – par opposition – au théâtre « classique », bref à 24 siècles de théâtre « traditionnel ».

Vers 1880, le duc – allemand – de Meiningen, amateur d’art éclairé (c’est le cas de le dire !), qui entretenait à sa cour une troupe de comédiens, fit équiper son théâtre d’éclairage électrique.   Sa troupe, célèbre dans toute l’Europe de l’époque, propagea l’idée un peu partout, et bientôt de plus en plus de théâtres suivirent l’exemple.  Cette révolution technologiqueengendra une véritable révolution esthétique : la lumière, enfin parfaitement maîtrisable, devenait ainsi un véritable « acteur » du spectacle théâtral.

Des études et théories importantes furent consacrées alors à l’utilisation de l’éclairage dans la mise en scène, par Adolf Appia en Suisse ou Gordon Craig en Grande-Bretagne, ce qui prouve bien le caractère international du phénomène : l’éclairage électrique devenait scénographie, décor scénique, à part entière.  En France, par exemple, elle permit à André Antoine, considéré comme le premier « metteur en scène » moderne, de créer des spectacles « naturalistes » restés célèbres pour l’illusion mimétique de la réalité représentée sur scène (une sorte de cinéma 3D avant la lettre).

Depuis lors, les projecteurs de théâtre n’ont cessé d’être perfectionnés : munis de lentilles convexes (plans convexes) ou « Fresnel » (dites aussi « à échelons », qui diffusent la lumière), d’une ampoule fixée sur un chariot mobile combiné à un miroir concave permettant la focalisation, et équipés de volets ou de couteaux (découpes), ils sculptent l’espace éclairé;  garnis de filtres de couleurs (les « gélatines » : il en existe plus de 200 nuances dans le commerce) ou de « gobos » (plaques métalliques percées de trous qui, laissant passer la lumière,  peuvent représenter des forêts, des nuages ou toutes autres formes projetées).  Ces projecteurs construisent à eux seuls un décor, sur un fond nu au départ, et, enfin, équipés en 350, 1000, 2000 watts et plus, voire en basse tension, ils peuvent être accrochés où l’on veut : en hauteur à des perches ou sur des pieds ( stativ), posés au sol, à l’avant-scène, au lointain (lanternes d’horizon) ou latéralement (en rasant, en frisant, en douches, etc...).

Selon l’angle d’attaque, la distance, l’intensité (de 0 à 100 %), ils font partie intégrante de la mise en scène en permettant de donner du relief, de la profondeur de champ, d’isoler des zones de jeu, voire un acteur, un visage, ou un objet ad libitum...  Sans parler de la « lumière noire ».

Depuis, les possibilités de mise en scène ont suivi l’évolution de la technologie contemporaine : décors virtuels en hologrammes, effets commandés par le mouvement même des acteurs déclenchant des capteurs, projections vidéo en parallèle ou en surimpression, effets de laser…

L'ordinateur est aujourd'hui omniprésent au théâtre.


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Jeu d'orgue (éclairage) type Dinosaure, encore en service
aujourd'hui au Théâtre SKAMPA, à Elbasan (Albanie)

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