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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

DU RAPPORT ARTS ET SCIENCES 5/5

13 Août 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Où il est question de théâtre

La révolution scénographique provoquée par l’utilisation de l’éclairage électrique a même influencé l’esthétique du jeu de l’acteur au théâtre.  Là où autrefois il suffisait de mettre en lumière un acteur surtout parlant, discourant, déclamant, il faudra désormais mettre en évidence un personnage agissant, bougeant dans un espace modelé, architecturé par une lumière « agissante ».  Et le travail sur le corps, sur sa propre énergie, de se surajouter à l’énergie des organes phonatoires proférant le texte.  Ceci provoque une remise en cause fondamentale de la formation elle-même de l’acteur : qu’elle porte sur son mental et sa psychologie (pour incarner le personnage au plus près de la reproduction la plus fidèle possible de sentiments éprouvés (Stanislavski), ou qu’elle porte sur son physique, pour que le corps exprime au plus fort, parfois jusqu’au paroxysme, son existence propre, hic et nunc, ici et maintenant, sur la scène, comme réalité auto référentielle, et non comme reproduction mimétique d’une réalité extérieure connue et reconnaissable (Meyerhold, Artaud, Grotowski...).

 

Certes, on parle ici d’une autre énergie : celle de la combustion des mauvaises graisses animales.  Car un acteur, ça transpire, surtout sous quelques kilowatts d’éclairage.  Et, parlant de chaleur, la réglementation générale des services de pompiers tient fort à l’œil l’équipement des théâtres, où tout doit être soigneusement ignifugé, comme il se doit : gare à la combustion des rideaux, taps et autres pendrillons sous l’effet des projecteurs...

Une ampoule électrique brûle aussi, comme une bougie, mais elle coûte aussi beaucoup plus cher.  Et si tout(s) compte(s) fait(s) les Grecs avaient bien raison, avec leur soleil ?

Mais au théâtre, comme en tout, quand on aime, on ne compte pas.

Quoique, les pouvoirs subsidiants, eux, soient, hélas, bien près de « leurs » sous dans les comptes qu’ils tiennent pour nous...


Pour en savoir plus sur l’histoire du théâtre, quelques titres d’ouvrages – très – généraux :

 

CORVIN, Michel, « Dictionnaire encyclopédique du théâtre », Paris, Bordas, 1995.

DEGAINE, André, « Histoire du théâtre dessinée », Paris, Nizet, 1990.

GARBAGNATI, Lucile, ed., « Quel répertoire théâtral traitant de la science ? », Actes du colloque international transdisciplinaire de Besançon, Paris/Montréal, L’Harmattan, 2000.

GAULNE, Jacques, « Architecture scénographique et décors de théâtre », Paris, Maguard, 1985.

PAVIS, Patrice, « Dictionnaire du théâtre, Termes et concepts de l’analyse théâtrale », Paris, Messidor/Editions sociales, 1987.

ROUBINE, Jean-Jacques, « Théâtre et mise en scène », Paris, PUF, 1980.

            « Le Théâtre », ed. Daniel Couty/Alain Rey, Paris, Bordas, 1995

Robert GERMAY

Paru dans « Science Culture », 49e année, n°392, nov-déc 2004, Liège, asbl Science et culture, Liège, pp. 103-110

 
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