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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Dans le rétroviseur - 9e livraison

19 Septembre 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Dans le rétroviseur...

 

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La rubrique "Dans le rétroviseur..." est ouverte à tous ceux qui peuvent ajouter, corriger, améliorer les informations qui s'y trouveront concernant les dates, les noms (de personnes, de lieux ou de dieux), les anecdotes, croustillantes ou non... Bref, que ceci soit un remue-méninges-mémoire du TURLg.

RG

Or donc, en 1963, le "tambour-major" F. DUYSINX avait pris les rênes du TULg avec son habituel entrain, emmenant presque toute sa famille à la baguette : son épouse, Dame Gudule (c'est du moins le nom qui circulait familièrement) cousant quasi tous les costumes, et ses fils Robert et Marc, signant tantôt la musique, tantôt aussi la mise en scène. L'assistaient régulièrement également ses anciennes complices Fanny THIBOUT (chorégraphie) et Jeanne WATHELET-WILLEM, éminente Romaniste-Médiéviste qui souvent se chargeait des adaptations littéraires.

D'autres jeunes étudiants de ces années soixante allaient aussi émerger dans des fonctions importantes au TULg, qui comme metteur en scène, qui comme auteur : c'est une des caractéristiques de cette période qui vit le TULg donner l'occasion à de jeunes auteurs du cru de voir leurs œuvres mises en scène.

Un exemple marquant : Mathieu FALLA (1943-1998). Romaniste de l'ULg, il publiait déjà ses premiers écrits poétiques comme étudiant (poussé par Arsène SOREIL), et le TULg va lui donner l'occasion de monter quelques-unes de ses œuvres dramatiques : Les Solliciteurs, L'Intrus, Médée,…(voir ci-après). Devenu enseignant, FALLA n'en continua pas moins sa voie théâtrale, et même jusqu'en France (avec la complicité du metteur en scène Francis SOURBIÉ) où une dizaine de ses pièces verront les planches à Compiègne, Paris, Avignon,… L'Aigle se réjouira écrite en 1997 sera sa dernière pièce : elle lui vaudra le Prix de Littérature dramatique de la Province de Liège. Il disparaîtra, hélas prématurément, l'année suivante, en 1998.  Il mériterait une entière livraison de "Rétroviseur" mais ce n'est pas le but et il n'est pas le seul.

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Médée par Delacroix

Louis-Marie DUBOIS (1933-1978) que l'on peut qualifier de "fantaisiste et comédien belge", autre TULgien, put mettre en scène deux de ses propres pièces, Un Chagrin d'amour et L'Otage en 1969. Après avoir quitté l'enseignement, en 1965, il se consacra entièrement au théâtre et rencontra un certain succès à Bruxelles (Théâtre de l'Esprit frappeur, Théâtre des rues,…) notamment avec de courtes pièces et des one man shows (d'après le "Nouveau dictionnaire des Belges", 1998, t.I).

Et puis, il y a des moments où la réalité d'aujourd'hui rattrape le rétroviseur d'hier. Une autre figure liégeoise devait être évoquée dans cette livraison pour avoir participé activement au TULg à cette foisonnante époque des 60ies, mais aussi à la vie culturelle liégeoise en général : Claude VANDELOISE lui aussi mériterait plus de lignes, mais nous devons être brefs.

Toujours est-il que votre serviteur mettait en chantier ce 9e volet du feuilleton "Rétroviseur" le mercredi 22 août 2007 et il cherchait des renseignements sur le Sieur Claude V. Il pouvait lire, avec horreur, le lendemain même, le texte suivant dans Le Soir :

Claude Vandeloise, 62 ans, belge d’origine liégeoise, ex-professeur de français à l’université de Louisiane accusé du meurtre de son épouse Monique Beckers en octobre 2004, fait pour lequel il devait se justifier devant le tribunal de Baton Rouge en octobre prochain (Le Soir du 17 août) et risquait jusqu’à 40 ans de prison, est décédé mercredi [22/08/2007] d’un cancer au côlon avec métastases au foie. Selon son avocat Me David Bourland, Claude Vandeloise a maintenu jusqu’aux ultimes moments de sa vie ne pas avoir voulu la mort de son épouse, et a vivement regretté les faits. (E.S.)

Croyez-moi, ça jette un froid. A avoir soudain envie d'arrêter le "Rétroviseur" de peur de faire passer des gens…

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Ik heb mijn vrouw niet vermoord
(20/10/204 - Nieuwsblad.be)


Re-toujours est-il que notre défunt (paix à ses cendres) aura décidément un record de parcours atypique parmi les anciens du TURLg. Il y débarqua comme étudiant en mathématiques, construisit et anima des marionnettes pour le Prométhée enchaîné (adaptation en vers de la tragédie d'Eschyle par F. DUYSINX) monté en 1966, puis il fonda (à l'ex "Lion s'envoile" en Roture) la compagnie (de marionnettes) Bergamasque, avec e.a. Christian CRAHAY et Alain-Guy JACOB. On le retrouva en 1986-87 professeur de linguistique française à l'université d'Anvers, puis à Lille, Paris VIII, Aix-en-Provence ou Toulouse-Le Mirail, et enfin, au Department of French Studies de la Louisiana State University à Baton Rouge…où il est accusé, en 2004, du meurtre de son épouse (cfr un article de la DH, 19-10-2004). On en a le tournis.

La suite donc au prochain numéro…

(A suivre)
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P
Vandeloise n'a PAS tué sa femme que l'on se mette bien cela dans la tête.
Il a fondé Bergamasque au théâtre de l'Etuve, à Liège avec 3 autres personnes plus importantes dans l'élaboration de la troupe que celles citées dans un article précédent. Celles-ci sont arrivées bien après. La petite troupe marchait déjà très bien et s'entendait à merveille.
Claude Vandeloise a aussi enseigné à San Diego, CA.
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