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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Benevento, ou quand on approche du Sud de la Botte… ça sent son Naples

5 Décembre 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Les photos

Un jour (le 18/11) pour vider les valises de St-Petersbourg, et ça repartait le lundi 19 pour Benevento, cette fois avec Le Joueur de flûte. Une troupe de 12 personnes, ça ne se réunit pas comme ça, eu égard aux diverses activités – étudiantes ou professionnelles – des différents protagonistes. C'est ainsi qu'un groupe de 9 partit en éclaireur, rejoint le mercredi par les trois bon derniers. Il était temps : on jouait le jeudi 22 (sic), pour rentrer le dimanche 25.

Ah, le Sud, après la Russie ! Oui, mais pas question de shorts : ça caillait ferme dans les collines au pied des Apennins, à quelque 60 km de Naples, quand même. Nous allions participer à la 1e édition du Festival International de Théâtre Universitaire, Universo Teatro, dont le thème "Entre magie et réalité : rencontre parmi les sorcières in co del ponte presso a Benevento (sur le pont près de Benevento)" est étroitement lié à la ville, à travers une citation de Dante concernant ce fameux pont où mourut Manfredi di Svevia.

Déjà riche d'un festival professionnel "Benevento Città Spettacolo", créé par un des piliers des activités culturelles, et spécialement théâtrales, de la Ville, Ugo Gregoretti (véritable gloire locale), la Ville (le maire, Fausto Pepe, et l'échevin de la culture, Raffaele del Vecchio en tête) a fortement supporté la volonté de l'Université Sannio (avec son Recteur, Filippo Bencardino, et ses responsables culturels Felice Casuci et Rosella Del Prete) d'ajouter un volet universitaire aux activités théâtrales du coin. Ainsi naquit Universo Teatro, qui ne fait pas mentir la réputation de "Benevento, Città della Cultura". Sa direction artistique était d'ailleurs confiée au même Ugo Gregoretti.

Cette synergie entre différents pouvoirs organisateurs – et pas mal de sponsors – a sans doute permis ce qui est pour nous un miracle : les hôtes nous payaient intégralement le voyage ! Fait rarissime dans le monde des festivals de théâtre universitaire. Merci à l'ambassade de Belgique qui a procuré notre adresse aux organisateurs. Merci à ceux-ci d'avoir accueilli favorablement notre dossier. Il faut dire que notre Joueur de flûte magique, par son thème et sa qualité indiscutable, entrait parfaitement dans un cadre quasi fait pour lui : "Entre magie et réalité, rencontre avec les sorcières".

Au programme, 5 troupes italiennes :

Ø      Département d'Etudes sur l'Europe Orientale de l'Université de Naples "L'Orientale"

Ø      Le NonprofiTeatro de l'Université Commerciale de Milan "Luigi Bocconi"

Ø      L'A.t.u.SSenzaLiMITi de l'Ecole Supérieure de langues modernes pour interprètes et traducteurs (SSLMIT) de l'Université de Bologne (siège de Forli)

Ø      Le Centre Théâtral Universitaire (CUT) de l'Université de Ferrara

Ø      Et, bien sûr, le CUT de l'Université Sannio de Benevento.

Le président de l'AITU que je suis se plaît, une fois encore, à souligner qu'il n'y a donc pas que dans les départements de lettres que l'on fait du théâtre à l'université. Et le président du TURLg d'ajouter : les Liégeois ont déjà tourné, voire "échangé" avec les CUT italiens de Brescia, l'Aquila, Padova, Anagni, Urbino… et Benevento nous a donné l'occasion d'en rencontrer de nouveaux. C'est une aubaine.

L'international était composé de :

Ø      Département des Arts vivants du Conservatoire d'Etat – Université d'Anadolu (Turquie)

Ø      "Sotao", groupe théâtral de l'Institut des Sciences Biomédicales de l'Université de Porto (Portugal) (même remarque que plus haut, quant aux acteurs des TU)

Ø      "Pas de dieux", originaire du Département de théâtre de l'Université Paris 8

Ø      Et, bien sûr, le TURLg de l'Université de Liège.

 

benevento.jpg


Les habitués de nos RITU se souviendront que les troupes turque et française ont fait un tabac lors de RITU 24 (2007) à Liège, et le président de l'AITU (encore lui) se réjouit de voir que les festivals de TU restent un carrefour important, démontrant, s'il le fallait encore, que le théâtre universitaire, est un théâtre voyageur et échangiste.

Le vieux théâtreux que je suis s'est réjoui aussi en assistant à une séance de récitations de textes (Love and politics) par Judith Malina (et son compagnon de longtemps, Hanon Reznikov), une légende encore bien vivante, à 80 ans, fondatrice, avec feu Julian Beck, du mythique Living Theatre. Quand on sait que j'ai découvert le Living en 1963 à Berlin, au Théâtre Forum, dans Les Bonnes de Genêt, puis retrouvé peu de temps après à Seraing, avec Paradise now, dans le cadre du festival du Jeune Théâtre de Liège, et, enfin, quelques années plus tard encore à l'ex-Foyer culturel du Sart Tilman (oui, oui !), on comprendra que ça donne un coup de blues… Cette séance m'a en tout cas donné l'occasion d'acheter, des mains-mêmes de leurs réalisateurs, Dirk Szuszies et Karin Kaper, un DVD-documentaire sur l'histoire du fameux groupe : "Resist with the Living Theatre" (réalisé à Bruxelles en 2003 – le monde est petit. Et Bruxelles-Hal-Vilvorde est grand…).

Décidément, l'Italie me gâte, puisque, l'année dernière, à Urbino, j'avais le plaisir et l'honneur de serrer la main de Dario Fo, autre personnage immense du théâtre contemporain.

Les matinées étaient consacrées à un atelier international "Don Giovanni : un mito latino tra Spagna, Italia e Francia" dirigé par le CUT "Shylock" de l'Université de Venezia, et pour les soirées, les organisateurs avaient prévu d'inviter les festivaliers à deux concerts d'artistes italiens. Soirées qui, pour certains d'entre nous, se prolongèrent souvent jusqu'aux petites heures.

Enfin, le Président du TURLg et de l'AITU réunis a pu exposer les caractéristiques et les buts de ces deux associations lors d'une table ronde réunissant les responsables des différents groupes : "Cultura teatrale in ambito universitario – esperienze a confronto".

Depuis notre retour, j'ai reçu un e-mail insistant, me demandant d'envoyer un texte de mes interventions aux fins de publication dans les "Actes" de ce premier festival, ce que je vais faire, bien entendu. Il semble bien que le TURLg et l'AITU ont fait mouche.

C'était, à Benevento, une première expérience, un "nouveau-né" dans le monde des festivals de théâtre universitaire : il en naît un chaque année quelque part dans la galaxie TU, et le TURLg ne compte plus le nombre de fois où il était présent à semblables baptêmes depuis les années 80. Dans l'ensemble, on peut dire que le bébé se présente bien et, surtout, qu'il est gage d'avenir.

Je suis sûr qu'on en reparlera.
Bon vent, Benevento !
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