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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

ODIeU...

28 Janvier 2008 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Ca turbine au TURLg

 
Les commandes adressées par le Centre d’Action Laïque de Liège au Turlg se suivent et ne se ressemblent pas. Réalisation d’un spectacle de théâtre forum pour l’exposition sur la violence en 2005, animation théâtrale lors des huit heures pour les droits de l’homme en 2006 et, cette fois, conception d’une intervention destinée à prendre place au sein du programme de la quinzaine thématique dédiée au soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.


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Tout comme Kafka (voir article précédent), la forme est ici aussi celle d’une conférence. Différence notable, la théâtralité apparente de l’interprétation est ici gommée au maximum. Selon la démarche du théâtre invisible1, le public vient réellement assister à une conférence (et doit être maintenu dans le leurre le plus longtemps possible) dont  l’intitulé officiel est le suivant :

« Les Droits de l’Homme … en question. »

Conférence par le Professeur Dominique Robert

Chargé de Conférence à l’Université de Lyon 2

Membre fondateur de l’Observatoire des Droits Individuels et Universels (ODIeU)

 

Sous l’intention affichée de «  présenter une vision réaliste, moderne et honnête, de la notion de  Droits de l’Homme », les propos du pseudo-conférencier vont de plus en plus déraper vers une somme de propos inadmissibles, inégalitaires, racistes, néo-fachistes, violents … mais toujours avec le sourire et sous le couvert d’une attitude et d’un langage posés et policés.

Ce texte a été créé le 8 janvier 2008 par le comédien Gaëtan Bilocq à l’ex-église Saint-André de Liège et a été représenté plusieurs fois au cours de la quinzaine. Il a été rédigé par Jean-Marc Lelaboureur, qui a également assuré l’animation des débats avec la salle qui s’en sont suivis. La sonorisation était assurée par Julien Legros.

Le public, aux réactions variables, variées, et parfois très riches, était essentiellement composé de  classes du secondaire supérieur, général et technique, de différents établissements d’enseignement situés en  Province de Liège. Les enseignants sont, bien entendu au courant de la supercherie, mais jouent le jeu jusqu’au bout.

Une captation audio partielle,  complétée d’interviews de participants, a été effectuée par Bénédicte Allié de la RTBF et diffusée sur Liège Matin dans le courant de la semaine.

Le projet semble,  globalement, être une réussite, et a suscité des réactions à la fois étonnées et enthousiastes. Il ne reste plus qu’à imaginer que d’autres classes pourraient en bénéficier…

Profitons-en également pour saluer la confiance que nous accorde le CAL Liège au travers de ses projets successifs et … rendez-vous est déjà pris pour une nouvelle intervention lors des prochaines  « 8 heures pour les droits de l’homme » au Campus 2000 de Jemeppe le 24 avril prochain.

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1 Le théâtre invisible a été inventé en Amérique latine, à un moment où il devenait trop dangereux de   militer de façon traditionnelle ouvertement. On joue une scène au milieu de gens qui ne sont pas des spectateurs : dans la rue, la queue d’un cinéma, un restaurant, un marché, un train... Ceux qui se trouvent là assistent à la scène par hasard et ignorent qu’il s’agit d’un spectacle. Il s’agit de provoquer dans la réalité une situation conflictuelle qui pose un problème politique. « Non pas de créer une violence », dit Augusto Boal, son fondateur, mais de « rendre visible une violence invisible », c’est-à-dire de « révéler une violence », violences qui sont cachées, ou bien « qu’à force de voir, on ne voit plus ».

 

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