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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

RITU 25 : la dernière ligne droite

18 Février 2008 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #RITU

La conférence de presse consacrée à RITU 25 s'est  déroulée le mercredi 12 février à 11h à la Maison de la Presse.

De nombreux  organes de presse étaient présents. Ils ont pu recevoir les informations nécessaires à la promotion de l'événement, et, entre autres, le bilan de 25 années des Rencontres présenté par Robert Germay.

Etaient au rendez-vous, par ordre  d'arrivée,  Radio Contact, Vivacité, La Libre Belgique, Spectacle, la BRF d'Eupen, la Meuse, le 15e Jour de l'ULg. RTC consacrera son "Focus" du mercredi  20 et jeudi 21 février à RITU. Nous espérons que les autres journaux, absents à la conférence de presse,  utiliseront à bon escient les documents que nous leur avons envoyés.

Ci-après, le texte-bilan de Robert Germay.

25ritus.jpg

2008 : un quart de siècle ! Ca commence à ressembler à l'Histoire avec une grande H.

1983 était d'ailleurs déjà un anniversaire : on fêtait les 20 ans du Théâtre des Germanistes Liégeois (Theater der Lütticher Germanisten – TLG). Mais c'est aussi précisément l'année de la fusion dudit TLG et du TULg, son aîné (1941) : les destinées, jusque là parallèles se rejoignaient, quand François Duysinx remettait les clefs du TULg à Robert Germay, directeur du TLG. On parle vite des Généraux, mais c'est surtout la troupe qui mène les batailles : le TULg et le RITU ont vécu, vivent et vivront encore par le travail de "bandes" d'ardents bénévoles qui gonflent les voiles de leur souffle dynamique (waouuw !). C'est par ce travail d'équipe que l'on peut assurer à la fois continuité et évolution, transmission du savoir(-faire) et créativité.

 

La continuité de RITU, elle est évidente : 25 ans, c'est un bail. Et nous sommes toujours là, de plus en plus reconnus ici et ailleurs. Ne dit-on pas là que RITU est "une plaque tournante, un carrefour incontournable dans le monde du théâtre universitaire international" (fin de citation) ?

 

Examinons maintenant l'évolution, les changements.

Pourquoi un Festival de TU en 1983 ? C'était la conséquence logique d'une politique de voyages et de découvertes, déjà bien affirmée alors par la carrière internationale du Théâtre des Germanistes. Il fallait, d'une part, rendre des invitations, et, d'autre part, amener le public du cru (aussi bien les membres du TULg que le grand public) à partager nos expériences vécues à l'étranger. En effet, depuis les années 50, le théâtre universitaire, dans le monde entier, avait marqué de son empreinte – répertoire, méthode de travail, esthétique,… - le paysage du théâtre tout court. La floraison de festivals internationaux de théâtre universitaire dans les années 80 (du Maroc à la Pologne, du Portugal à l'Allemagne et la France) en était le signe, et le but commun était de montrer, en un temps et en un lieu restreints, ce qui se fait "ailleurs", et ainsi provoquer confrontations et échanges d'idées et de pratiques. Car il n'y a pas un théâtre universitaire, mais des théâtres, différents, de continent à continent, de pays à pays, et d'université à université.

Ceci allait amener un premier changement, en apparence anodin, mais profond en réalité : F(estival) est devenu Rencontre à la quatrième édition en février 1987 : l'essentiel n'est pas d'être une "vitrine", un "salon" du plus beau produit fini du moment, mais c'est d'être un lieu de débat et de confrontation amicale de processus de création ("work in progress"), un lieu d'échange d'idées, d'adresses,… et plus si affinités. Un lieu, non de compétition, mais d'émulation mutuelle : l'auberge RITU propose une tambouille que chacun doit approvisionner et cuisiner.

On peut toujours écrire l'Histoire par différents bouts : prenons d'abord le côté "terre à terre", pratique, matériel, technique,…

Les lieux du crime, par exemple. Et d'abord les lieux de spectacle. Jusqu'en 1987 (RITU 4), seule la salle de ce qui s'appelait alors le Foyer Culturel du Sart Tilman, Bât. B8 du domaine universitaire, accueillait les groupes invités. Le "Foyer Cul", avec Yvette Lecomte, Marcel Deprez, e.a., fut notre premier sponsor en quelque sorte, puisqu'il mettait son infrastructure à notre disposition. Et pour RITU 5 (1988), nous répondions à l'appel du centre ville, nécessaire à une plus grande ouverture, en louant les Chiroux, et même le Théâtre de l'Etuve. Le Foyer Culturel, lui, voyait présentées, dans le cadre des Rencontres, les premières conférences et vidéos qui élargissaient les préoccupations de la manifestation. Le Palais des Congrès lui-même – merci R. Maréchal – a aussi hébergé quelques-unes de nos représentations.

1997 fut une date cruciale : les vieux bâtiments de la "Chimie" (Walthère Spring, quai Roosevelt), désormais réaffectés, abriteraient une salle qui allait ressembler à un théâtre. Merci à l'ULg, qui ainsi faisait un geste important de "reconnaissance" de notre long travail au sein de l'Alma Mater. Nous avions jusque là joué plus à l'étranger qu'à Liège : cette nouvelle salle allait nous permettre de nous ancrer – enfin – au Centre. Et RITU 15 s'y déroula donc en 1998 pour la première fois.

 

Les lieux des spectacles sont importants. Encore faut-il loger une semaine ceux qui les produisent. Parlant d'hébergement, les premières années, les possibilités étaient certes accueillantes (Province de Liège, rue Belvaux, Wégimont, le Blanc Gravier,…), mais peu pratiques pour les organisateurs (comptez cela en km souvent tard la nuit !). Il fallait "descendre" en ville ! Mais le prix dissuasif des hôtels nous contraignait à être imaginatifs. C'est ainsi que pour RITU 5 (1988), nous avons logé nos hôtes… sur la Meuse. Quoi de plus central à Liège ? Deux bateaux liégeois (Dove et Embruns) et une flottille de bateaux-hôtels mandés tout exprès des Pays-Bas. Ca avait beaucoup de charme et nos invités de l'époque nous en parlent encore. Charme et économie, certes, mais le confort (5 douches pour 50 cabines !) et les tracas d'organisation (quand les crues hivernales de la Meuse risquaient, à tout moment, d'empêcher les péniches hollandaises de passer sous les ponts pour rejoindre Liège) nous ont fait applaudir l'ouverture de l'Auberge de Jeunesse Georges Simenon, la Rolls Royce des AJ, en 1996. RITU 13 (porte-bonheur ?) troquait donc le lit du fleuve pour les 200 lits de l'Auberge située à 200 mètres de là. Un autre charme, toujours économe et plus reposant pour les gentils organisateurs. Nous fûmes pratiquement les premiers clients à remplir de la cave au grenier l'auberge de Ma'me Faure et de Georges Simenon. Ce fut aussi le début d'une sympathique collaboration avec une autre accorte hôtelière dynamique, Madame Achab, de la "Passerelle" et "Eurotel". Depuis lors, rien n'a changé : entente cordiale sur tous les fronts, à la satisfaction générale. Ah, le TURLg et les femmes !

Autre point de vue tristement terre à terre : les finances. Aujourd'hui, comme hier, RITU dépend exclusivement des subsides, même si les rentrées "billetterie" sont maintenant plus importantes. FITU 1 est parti de trois fois rien : le budget total du TULg était alors de quelque 10.000 €, à tout casser. Sans l'aide du Foyer Culturel du Sart Tilman (infrastructure), du Festival du Jeune Théâtre (aide financière) et de nos bénévoles (les têtes et les jambes), l'aventure n'aurait pas pu commencer. Mais, grâce à l'acharnement de nos équipes, de plus en plus fournies (à l'époque : des bénévoles renforcés par des objecteurs de conscience ou autres "dérogations de pointage" ; aujourd'hui : des élèves-moniteurs, mis à disposition par l'ULg… et toujours des bénévoles) et de plus en plus expertes et performantes, les éditions de RITU se sont progressivement montrées dignes de l'intérêt des pouvoirs publics comme la Communauté française, la Province et la Ville de Liège. C'est un effet de balancier : notre carrière internationale a créé RITU, qui a imposé notre réputation, qui nous a valu une reconnaissance de plus en plus manifeste de l'ULg et des autres responsables culturels.

Si nos subsides ont – relativement – augmenté, au fil des années, ils ne sont toujours pas suffisants pour assurer tout : il faut à chaque fois puiser dans nos fonds propres TURLg pour équilibrer le budget. Et RITU ne survit quand même, financièrement, que par la loi des vases communicants que nous appliquons depuis toujours : ce qu'on perd d'un côté, il faut le récupérer ailleurs. Par exemple, en restreignant les dépenses de tournées, d'affiches ou autres postes de fonctionnement "ordinaire".

Ce n'est pas toujours simple. En 2002, par exemple, l'année précise où nous avons reçu le titre "ROYAL" (qui n'est hélas qu'honorifique, sans incidence sur les ressources), nous étions étranglés par des restrictions budgétaires opérées allègrement par le Recteur de l'époque : nous avons bien failli devoir transformer le RITU annuel en BITU biennal. Nous avons préféré ne pas interrompre le rythme et organiser, désormais, une alternance RITU maigre et RITU gras. Un Recteur n'est pas l'autre, et, aujourd'hui, nos subsides ont été réajustés. Il n'empêche que le système d'alternance est maintenu pour que les Rencontres ne finissent pas par nuire à nos activités ordinaires – tentaculaires. Depuis 2002 donc, un RITU sur deux est "light" et consacré essentiellement à des troupes (6 ou 7) jouant dans une des langues enseignées dans les écoles de la région. Les RITU "gras" continuent à recevoir des invités plus "exotiques" linguistiquement (de 14 à 16 troupes). Ce RITU 25 est un juste milieu : 10 troupes. Anniversaire oblige.

Bref, le "format" de RITU a peu changé en 25 ans, et changera sans doute peu à l'avenir, faute de moyens et de temps : une semaine, c'est déjà énorme pour des étudiants qui n'ont pas que ça à faire. Ce qui a pourtant changé, c'est le nombre de représentations, et particulièrement, les représentations scolaires en journée. Mais nous y reviendrons.

Après cette approche "technique" de RITU, passons à l'Histoire de son contenu. Sur le plan du répertoire, le programme reste très éclectique : il couvre les classiques (antiques et moins) et les auteurs contemporains, morts ou vivants ; mais les créations collectives – avec ou sans textes – ne sont pas en reste, et même la danse occupe la scène. Faire ici une analyse fouillée de ces répertoires serait très instructif, mais ce n'est pas l'endroit. Ce serait, en tout cas, un excellent sujet pour des chercheurs, confirmés ou étudiants, qu'ils soient littéraires purs ou théâtrologues : ils pourraient éclairer utilement l'évolution du théâtre universitaire international dans les dernières décennies.

Une évolution s'est aussi marquée sur le plan du programme d'activités du RITU. Si celui-ci consistait à l'origine essentiellement à donner des spectacles, dès 1989 des ateliers pratiques, animés bénévolement par quelques hôtes, ont été proposés aux participants. C'est au même moment que, outre les troupes, des "observateurs" nous rendaient visite, élargissant ainsi plus encore le caractère international de l'événement. La présence nombreuse et variée de ces "experts" (collègues, professionnels, organisateurs,…) a rapidement conduit à la mise sur pied de séances de discussion sur le sujet commun, le théâtre à l'université. D'abord improvisées, ces réunions furent bientôt organisées en colloques structurés au cours desquels apparut rapidement le besoin de (re)définir l'identité du théâtre à l'université, à travers sa grande diversité. Et c'est ainsi qu'en février 1994, RITU 11 s'effaçait volontairement (seules 3 troupes y furent invitées) au profit de l'organisation, promise urbi et orbi par le TULg, du 1er Congrès Mondial du Théâtre à l'Université. Il se déroula du 13 au 15 octobre au Palais des Congrès de Liège. Il fut un succès indéniable, par le nombre de participants (plus de 120) d'une trentaine de pays des cinq continents, par la qualité des discussions en tables rondes et, enfin, par son résultat : la fondation de l'Association Internationale du Théâtre à l'Université (AITU, association internationale sans but lucratif de droit belge, dont le siège officiel est le TURLg). Entre l'IIT (Institut International du Théâtre, fondé en 1948 par l'Unesco à Paris) et l'AITA (Association Internationale de Théâtre Amateur, fondée en 1954 à Bruxelles : tiens, encore la Belgique), l'AITU prenait une place bien spécifique. 14 ans plus tard, l'AITU, toujours gaillarde, organise son 7e Congrès mondial à Puebla au Mexique (après Liège, Valleyfield-Québec, Dakar, Cracovie, Olympie et Urbino). Robert Germay y confiera sa casquette de président à son (1er) successeur, Jean-Marc Larrue de Valleyfield, Québec. Bon vent.

Sur le plan du public aussi, l'évolution est sensible, et tout particulièrement par une ouverture toujours plus grande aux publics scolaires, primaire, secondaire et/ou de promotion sociale. Notre volonté d'intéresser les enseignants de la région au théâtre en V.O. (version originale) porte ses fruits. Plus que beaucoup d'autres manifestations du genre, RITU-Liège est volontiers intergénérationnel, à l'image du TURLg lui-même. C'est beaucoup moins fréquent qu'on ne pourrait le croire dans le monde du TU.

De l'intérêt de la V.O. : il n'est pas rare de constater que cet attrait de la langue étrangère constitue pour pas mal de spectateurs, petits et grands, la seule occasion – envie ? obligation ? – d'aller au théâtre… une fois par an. C'est déjà ça.

Résumons brièvement (ouf !).

RITU-Liège peut ressembler à bien d'autres Festivals Internationaux de Théâtre Universitaire, et pour cause : il a fait quelques petits ailleurs, depuis sa création, et on continue à venir y faire son marché pour garnir le panier d’autres rencontres.

RITU-Liège, siège de l'AITU, continue à tisser, élargir, renforcer le réseau du théâtre universitaire à travers le monde, dans un climat convivial indiscutable.

Puisse-t-il rester un exemple longtemps encore.

RG

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