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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Le TURLg au pays des Aztèques : Oaxaca – Puebla, 28/5-8/6/2008

16 Juin 2008 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Les contacts mexicains du TURLg ne datent pas d'hier. Ils remontent au début des années 90, quand Carlos Robles Cruz, de l'Universidad de las Americas (UDLA, Cholula - Puebla) participait à nos RITU en observateur. En échange, j'étais invité à participer en observateur/conférencier au 7e Festival International de Théâtre Universitaire de l'UDLA en 1992. Suivirent deux tournées du TURLg successives en 1993, avec Karl Valentin, et 1996 avec En Pleine mer, à l'invitation de la même UDLA.  Interruption forcée de ces relations par le départ de Carlos pour les States où il conquit son doctorat. Par ailleurs, il était devenu un des membres du Comité exécutif de l'Association Internationale du Théâtre à l'Université (AITU) en participant au Congrès fondateur de celle-ci, à Liège, en octobre 1994. Il a aussi présenté des spectacles avec sa troupe à RITU 10 (1993) et RITU 15 (1998).

Fin du chapitre I... et début des rebondissements.

 

De retour des USA, Carlos Robles trouva une nouvelle voie, d'abord à l'Université autonome de Puebla, puis à l'Université d'Oaxaca (à +/- 300 km au sud de Puebla), où il se consacra avec énergie et succès à la création - de toute pièce - d'un nouveau Centre culturel universitaire. C'est grâce à celui-ci qu'il put nous inviter cette année 2008 à participer au 1er Festival International de Théâtre Universitaire qu'il organisait en avril dans son université. Mais le Mexique est plein de surprises.

 

Alors que ce fameux Centre culturel universitaire avait atteint sa vitesse de croisière, bardaf, c'est l'embardée : changement de Recteur à l'Université d'Oaxaca ; et dans la foulée - comme souvent sous ces latitudes, nous a-t-on dit -, changement radical de politique... et d'équipes, et voilà notre Carlos, et avec lui les activités théâtrales de l'Université, rayés du bataillon.

Fin du chapitre II et développement parallèle.

 

En 2003, à Olympia, à l'occasion du 5e Congrès de l'AITU, je faisais la connaissance de Cristina Flores, professeur de théâtre à la Benemérita Universidad Autonoma de Puebla (BUAP). Elle proposait alors d'organiser le Congrès suivant à Puebla en 2005. Aubaine ! Hélas, la promesse dépassait les possibilités du moment et le 6e Congrès mondial de l'AITU eut en fait lieu à Urbino (I) en 2006 (merci à Vito Minoia). Mais Cristina n'avait pas dit son dernier mot et elle rebondit avec une belle pugnacité pour organiser cette année-ci le 7e Congrès dans son université (BUAP). Les premiers travaux préparatoires à ce Congrès furent d'ailleurs menés à Liège, lorsque la troupe de la BUAP participa à RITU 22 (2005). Et la dernière main y fut mise au cours de RITU 25, où Cristina participait à la réunion annuelle statutaire de l'AITU.

 

Chapitre III ou petit retour en arrière.

Nous avions donc renoué avec Carlos Robles Cruz et nous l'avons invité à présenter son dernier spectacle à RITU 25 (février 2008). En échange, il nous invitait à emmener notre Kafka (Communication à une académie) à son 1er Festival d'Oaxaca en avril. Mais, comme dit plus haut, son nouveau Recteur lui coupa les vivres inopinément en mars. Catastrophe : nous avions déjà acheté nos quatre billets d'avion. Conscient et gêné du préjudice que nous subissions, pourtant à son corps défendant, Carlos nous proposa très généreusement de nous accueillir malgré tout... à ses frais personnels. Remarquable ! Unique ! Entre-temps, nous étions invités aussi à présenter notre Si tu m'aimes...à Puebla, dans le cadre dudit 7e Congrès de l'AITU. Comme donc le Festival d'Oaxaca était désormais mort-né, nous décidions de faire un tir groupé et d'emmener, ensemble, les deux spectacles pressentis à Oaxaca (28 mai - 1 juin) et Puebla (2-7 juin). Nous limitions ainsi les dégâts causés par la défection de l'Université d'Oaxaca.


Chapitre IV : vamos a Mexico !

Oaxaca d'abord.  Adorable cité typique, pittoresque : plus mexicain, tu meurs. 1 million d'habitants, paraît-il, mais on se demande à chaque rue si c'est bien vrai tant la ville est calme, quasi rurale : nous n'avons pas vu 10 immeubles de plus d'un étage. Calme, malgré de grosses manifestations, quasi quotidiennes, de milliers d'enseignants du fondamental qui, depuis plus de deux mois, campent, au sens propre du terme, sous des bâches de fortune tendues sur la grand-place, réclamant ainsi du gouvernement une meilleure qualité d'enseignement (« La educacion es tu arma »).

Ce campement est littéralement encerclé par un marché haut en couleur, où on trouve de l'artisanat local, au milieu des odeurs de bananes ou de maïs frits ou grillés. Un coup d'œil et une ambiance uniques, inoubliables, à la fois politiques (des chants de lutte résonnent à longueur de jours et de nuits) et bon enfant. Après les durs affrontements des débuts du mouvement il y a quelques mois, la police semble avoir pris son mal en patience : elle ne se montre plus sur ce lieu de rassemblement perpétuel, comme s'il était devenu un état de fait, un village dans la ville. Une visite aux ruines historiques de Monte Alban venait couper un séjour de 3 jours... qui passa à vitesse grand V, toujours « sponsorisé » - logement et nourriture - par nos aimables hôtes, Carlos et son épouse Isis. Encore mille mercis à eux pour une si agréable villégiature.

Puebla fut une autre paire de manches : beaucoup de travail nous y attendait. Le 7e Congrès de l'AITU, d'abord, où, en tant que président sortant, je devais « assurer » quelques prestations « académiques » : discours et autres fariboles dont les « colloques » ont le secret (« Un tout petit monde... »). Alain Chevalier, lui aussi membre du Comité exécutif de l'Association, nous y rejoignit pour travailler intensivement sur ce Congrès/Colloque.

 

Arrivés le dimanche soir, nous apprenions - Mexican surprise - que notre représentation de Si tu m'aimes était programmée pour le lendemain lundi... alors qu'on nous avait dit peu avant que nous jouions le mercredi. Panique... et tourista de Dominique D. : psychosomatique ? Toujours est-il que deux heures avant le début de la prestation, nous décidions de plutôt jouer Kafka. Surprises, on vous dit. La performance du singe fut excellente et le public nombreux, ravi.

 

Re-surprise : on nous demande, le mardi, de remplacer au pied levé la troupe iranienne prévue mais défaillante en jouant le mercredi Si tu m'aimes.... Ce qui fut fait, pourtant dans une « salle » (un patio) très peu appropriée, et a giorno. Au TURLg, rien d'impossible : très beau succès encore.

 

Décidément, Puebla n'était pas Oaxaca, à aucun titre. Ici, plus de maisons basses, mais de véritables palais (du moins dans le Centro Historico), témoins de la puissance coloniale d'antan. Notre hôtel s'appelait d'ailleurs l'Hôtel Colonial : magnificent ! C'est là que le Consul Honoraire de Belgique à Puebla, Monsieur Jean-Pierre Duez, nous a offert force Tequila à l'issue de notre spectacle qu'il avait manifestement apprécié. Je dis bien Tequila, car, au contraire d'Oaxaca, le Mescal (avec son petit ver au fond de la bouteille), tout comme d'ailleurs les sauterelles grillées (chapulines) qu'on vendait là par kilos (tonnes), se font rares ici, à Puebla : le Mexique est un pays plein de contrastes malgré un caractère national bien affirmé. Les produits touristico-artisanaux ne sont pas vraiment les mêmes sur les marchés d'Oaxaca, de Puebla ou de Cholula, à quelques kilomètres à peine de Puebla. Et je ne parle pas de Mexico-City, avec ses quelque 20.000.000 d'habitants. Help !

Le dernier jour à Puebla, le vendredi 6, était consacré à la clôture du Congrès, ç-à-d. à l'Assemblée générale de l'AITU où je, président sortant, confiais ma casquette (couronne ?) à mon successeur et ami Jean-Marc Larrue de Valleyfield (Québec), après 14 ans de « règne ». Qu'on se rassure : le siège officiel de l'AITU, aisbl de droit belge, reste ancré au TURLg, Liège, Communauté française de Belgique. Et l'Assemblée générale de me conférer le titre de Président fondateur. Je ne rentre donc pas tout nu : merci, camarades.

 

Chapitre V et dernier ( ?)

La surprise mexicaine finale, et de taille, vint... de France, lorsqu'on nous dit à l'aéroport de Mexico, une heure avant l'embarquement pour Paris, que notre vol (23h25) était « cancelled ». Par Toutatis, le ciel nous tombait sur la tête. Il fallut quelque 6 heures au personnel Air France débordé pour re-router les 300 et quelque passagers dudit vol, Paris n'étant pour la plupart qu'une étape. Quant à nos 7 Turlgiens, c'est par Montréal qu'ils transiteront le lendemain. Je passe les problèmes de réservation à Charles de Gaulle pour le TGV qui devait enfin nous ramener à Bruxelles-Midi, où nous attendait Travel'Chen, notre « taxi » préféré, toujours aussi ponctuel, lui.

 

Je pourrais gloser longuement ici sur la qualité de bétail qu'ont acquise aujourd'hui les passagers des compagnies aériennes, otages qu'ils sont souvent de guéguerres inter-compagnies (ex. Air France - Air Canada...). Mais les voyages forment la jeunesse, n'est-ce pas ?

Terminons sur de très bonnes notes :

-         le Mexique vaut le voyage (et on le savait déjà) ;

-         nos deux spectacles ont connu un grand succès ;

-         nous avons multiplié nos contacts avec l'Amérique latine ;

-         l'AITU est en forme et une nouvelle ère s'ouvre à elle ;

-         l'ULg, à travers son Vice-Recteur, le Prof. Albert Corhay, a confirmé son intérêt pour notre travail en nous aidant à financer ce long voyage. Merci beaucoup et plus.

 

Dans deux semaines, nous serons à Saarbrücken (D), puis à Stralsund (D), puis à Roinville sous Dourdan (F), Lörrach (D), Tallinn (Estonie) et Moscou...

 

« Mais vous n'arrêtez jamais ? »

Non ! Malgré tout.

Inch Quetzalcoatl !

 

Robert Germay

 

 

 



Les photos : http://picasaweb.google.fr/turlgphotos/Mexique2008
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