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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Moscou a bien changé... et ce n'est pas fini.

21 Novembre 2008 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #La vie (parallèle) du TURLg

Mission à Moscou de Robert Germay, comme Président fondateur de l’AITU et membre du jury du 4ème Festival de Théâtre universitaire de Moscou, 11-17 novembre 2008.

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En 1992 déjà, j’étais invité à participer à un colloque organisé par le théâtre MOST de l’Université d’Etat de Moscou (MSU), dirigé par Evgeni Slavutin et Irina Alexandrovna Bolchakova, et par l’AITA de Russie (Association Internationale du Théâtre Amateur). Le but était d’y envisager une association des théâtres universitaires sur le plan international et j’y rencontrai, outre des collègues russes, des représentants de Norvège, Etats-Unis, e.a.,… et, surtout, je découvrais Moscou peu après la chute du mur.

 

Les temps devinrent alors durs pour le MOST qui dût renoncer à son festival à peine lancé, et… l’Association Internationale du Théâtre à l’Université (AITU) vit ainsi le jour finalement à Liège en 1994. Il faut dire qu’elle y était déjà en gestation depuis 1990, à travers nos RITU. Il faut dire aussi que la plupart des théâtres universitaires russes sont, depuis très longtemps, affiliés à l’AITA avec laquelle l’AITU entretient au demeurant d’excellents rapports, tout autant qu’avec l’ITI (International Theatre Institute - UNESCO) qui concerne, lui, essentiellement le théâtre professionnel.

 

Après quelques années de vaches maigres donc, le MOST a relancé en 2006 son festival, destiné à être biennal. Cette édition-ci est donc la 4ème en 16 ans ! La prochaine est prévue pour 2010 ; après quoi il sera question, paraît-il, de rendre l’événement annuel.

 

J’ai appris par ailleurs que, bien qu’occupant des bureaux au sein du monumental bâtiment principal de l’Université d’Etat de Moscou (MSU, un building colossal, bâti après la 2ème guerre mondiale, sur ordre de Staline, par des prisonniers de guerre allemands – Merci Joseph, merci Adolf), bien qu’ implanté donc au cœur de l’Université, le MOST reçoit essentiellement de l’aide de la Mairie de Moscou, pas de la MSU. Etrange, mais soit.

 

Le MOST est très actif et productif. J’ai eu l’occasion d’apprécier, en ouverture – hors compétition – du Festival, leur « Cyrano » : une gageure pour un théâtre amateur. Mais la combinaison d’une excellente dramaturgie, d’une scénographie très réussie et d’un jeu remarquable des comédien/nes en fait un spectacle de remarquable qualité.

 

Les différentes troupes présentes étaient par ordre chronologique de présentation :  

- le Théâtre du « 7ème étage » de l’Université de la Culture et des Arts de Minsk, Belarus, avec « Swine Tricks » (Tours de cochon), de A. Bogdan.

 

- le Théâtre – studio « Centre » de l’Université de St Petersbourg, avec « Ciel bleu avec nuages » d’après Vladimir Arro.

 

- le Studio – Théâtre Maneken de l’Université d’Etat du Sud-Oural, Tchélyabinsk, avec « Contes de femmes », création collective.

 

- le « People’s Drama Student Theatre Na Balkone » de l’Université d’Etat de Minsk, Belarus, avec « 3 S or Something Scarcely Stated » de T. Williams.

 

- le « Student people’s Theatre » de l’Institut d’Ingénierie mécanique de St Petersbourg, avec « 1,60 roubles ne font pas le compte », d’après Viktoria Tokareva.

 

- le People’s Student Theatre « Profile » de l’Université de pédagogie de Tchélyabinsk avec « Tuyaux utiles pour la vie », d’après les nouvelles de Yaroslaw Gashek.

 

- le Théâtre Minimum de l’Université de Vilnius, Lituanie, avec « Marguerite », d’après Goethe.

 

- le Théâtre « Pro Forma » de Glivice, Pologne, avec « Ro-Zwal » de Mateusz Potoczek, d’après le roman de Slavomir Shuta. 

 

- le Théâtre « Spirovite » de l’Université Neofit Rilsky de Blagoevgrad, Bulgarie avec « Zoo Story » d’E. Albee. 

 

- Le Théâtre « Plastic Dance » MIHR, de Yerevan, Arménie, avec « Suis-je fou ? », danse-performance. 

 

- et le Théâtre MOST clôturait la semaine avec une avant-première – hors compétition –   de « Chekhov sur le sofa ».  

 

Je me plais à signaler que la plupart de ces théâtres sont de vieilles connaissances du TURLg qui, grand voyageur devant l’Eternel, a déjà participé aux festivals de Minsk, St Petersbourg, Tchélyabinsk, et Vilnius. On se croise et recroise souvent dans le « petit monde » du théâtre universitaire.

 

A mes côtés, dans le jury, je retrouvais aussi de vieilles connaissances : Irina Alexandrovna Bolchakova (Moscou), Ouriel Zohar (Israël), Mikhail Chumachenko (Moscou), et j’apprenais à connaître Olga Galakhova (critique théâtrale de Moscou) et Aivars Ikselis (metteur en scène de Valka, Lettonie).

 

A l’unanimité, le jury a décerné le Grand prix au Théâtre Maneken de Tchélyabinsk, distinction amplement méritée tant par la richesse d’invention et de créativité que par l’excellent jeu de toute la troupe : un exemple remarquable de création collective, qui franchit allègrement la barrière de la langue. (Du bon TURLg quoi !)

 

Le théâtre russe en général a eu une influence extraordinaire sur tout le théâtre du 20ème siècle, non seulement avec des auteurs « monumentaux » (Tchekov, Gorki, Maïakovski), mais aussi avec des pédagogues incontournables comme Stanislavski ou Meyerhold. Le théâtre universitaire russe en particulier affiche depuis toujours une belle vitalité : il fleurit un peu partout dans la plupart des universités de cet immense pays, et de plus en plus de festivals de TU s’y créent régulièrement. C’était donc une chance pour le Président fondateur de l’AITU que je suis de pouvoir ainsi renforcer nos liens avec les théâtres et les organisations d’étudiants de la  Grande Russie.

 

Un dernier couplet sur Moscou : quasi méconnaissable en 16 ans ! On parle de 12 millions d’habitants (dont 4 millions d’illégaux, paraît-il). Le trafic automobile y est devenu tellement dense que les artères principales, kilométriques, souvent à 10 bandes de circulation, sont perpétuellement « bouchonnées » (le Ring de Bruxelles à côté, c’est de la gnognote !). Quant au métro, en semaine, c’est une gigantesque boîte de sardines. Partout le luxe « à l’occidentale » s’affiche dans les magasins : j’y ai vu un concessionnaire Rolls Royce, présentant 3 exemplaires en vitrine ;  aucune marque de prestige – en voitures, vêtements, parfums, … –  ne manque à l’appel ; et des nouveaux buildings de verre se dressent un peu partout « à l’américaine ». Ah, où est le « good old East ». Mais le Kremlin est toujours aussi imposant et à la même place… rouge : c’est mon ultime point de repère dans une mégapole gigantesque, où un expresso se paie 2 euros quand même…

 

Pour conclure, je dois remercier toute l’équipe du Théâtre MOST qui s’est dévouée sans compter pour rendre mon séjour agréable, en particulier en facilitant mes déplacements dans cette ville tentaculaire. J’ai d’ores et déjà invité leurs directeur/trice à participer à RiTU 26 en observateurs à Liège en février 2009, en attendant d’y inviter un jour le théâtre lui-même.

 

Merci aussi au FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique) qui a pris en charge mon billet d’avion.

 

Rien à redire sur Aéroflot : vol très confortable !

 

Et de toute façon, il aurait pu pleuvoir.

 

Robert Germay.

 

 

 

Photos sur: http://picasaweb.google.fr/turlgphotos/Moscou

 
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