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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Zagreb pluvieux, Liège radieux! (proverbe croate): Xème Festival International de Théâtre étudiant & Multimédia TEST, Zagreb, 31/3-4/4/2009

7 Avril 2009 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Le 1er avril 2009, quittant Liège par un radieux début de printemps, le TURLg / Trotz Ensemble rattrapait à Zagreb une sinistre fin d'hiver: 3 jours de pluie et de grisaille. Une épreuve? Un test? Le soleil n'a fait qu'une frileuse réapparition le samedi, jour de notre représentation, veille du retour.
C'est à Heidelberg en 1986, que le TULg (pas encore royal) a trouvé une piste vers ce qui était encore la Yougoslavie. Milana Bros, danseuse, chorégraphe et pédagogue de renom à Zagreb, y a vu et fort apprécié notre mémorable Erasme. C'est ainsi que la troupe prenait en autocar la route de Zagreb, pour la 1ère fois, en avril 1988 (vacances de Pâques: c'est plus commode pour déplacer un groupe de 35 personnes, dont un orchestre!). Dans la foulée, après avoir joué au SKUC (Centre des étudiants de l'Université) de Zagreb, notre Erasme se déplaça aussi pour jouer, en un aller-retour épique, à Belgrade, à l'invitation du Teatro Levo que dirigeait de main de maître l'hirsute Milan Vukotic, rencontré plus tôt à Radkersbug (Autriche), et invité entretemps à un de nos premiers RITU. En 1990, nous renouvelions l'expérience en emmenant à Zagreb de fameux triplés: Karl Valentin, Passion et Lovely Rita. La guerre avec la Serbie, survenue deux mois plus tard, allait déchirer cruellement l'ex-Yougoslavie et, du même coup, interrompre pour un long moment nos voyages en ces contrées. Notons que Belgrade a participé à RITU-Liège en 1983, 94, 86 et 2006, et le théâtre-danse de Zagreb (Milana et ses disciples) en 1987, 88, 89, 90 et 96.
Le contact fut rétabli en 2003 avec Zagreb par la présence de Robert Germay à un colloque y organisé par l'Institut Français sur le sujet "Le théâtre d'Armand Gatti", en présence de celui-ci, occasion pour RG de retrouver ainsi une vieille connaissance: il a joué - un méchant - dans un film de Gatti, Nous étions tous des noms d'arbres, film traitant des conflits irlandais, et tourné en partie à Liège, dans la prison Saint-Léonard, alors désaffectée et aujourd'hui rasée. Pas trop de surprise: les deux fois palmés Frères Dardenne, étaient co-producteurs du film! Et c'est ainsi qu'en 2004, L'amour en noir et blanc (de Christelle Burton et Marine Theunissen ) participait au Festival de Théâtre Universitaire francophone de Zagreb.
Cette fois, en 2009, c'est Projekt Eden, coproduction du TURLg et de Trotz Ensemble (Chantal Heck et Nicole Dahlen) qui découvrait Zagreb, dans le cadre d'un autre festival de théâtre étudiant, TEST, dont c'était la 10e édition. Exclusivement géré par un collectif étudiant (mais à Zagreb, on peut encore être étudiant à près de 30 ans...), TEST invite ses hôtes à la suite d'une sélection suivie sur base de dossiers reçus d'un peu partout, et nous pouvons être fiers que Projeckt Eden ait été retenu. Du moins on peut se le dire car, en réalité, le choix de certains spectacles vus là-bas m'a laissé perplexe. Une chose est sûre: pour passer la sélection, il vaut mieux "faire danse-théâtre", avec quelques minutes de vidéo ou autres inserts multi-média, présenter des spectacles sans auteur connu (c'est perdu d'avance) et déclarer que le produit est le résultat d'un travail "collectif" (très important!). Bref, un cadre relativement serré et pointu. Ou quand l'"expérimental" a des relents de "recettes"...

 

Deux matinées de discussions sur le concept du "collectif" justement, m'ont prouvé, si c'était encore nécessaire, que les mythes de Sisyphe et du tonneau des Danaïdes ont la peau dure et alimenteront encore longtemps ces débats festivaliers, ici ou ailleurs.

Notre représentation fut un succès, en dépit des conditions assez frustrantes de la salle mise à notre disposition. En dépit aussi d'un rare inconfort des conditions d'hébergement (je ne parle pas du Chef, dont le statut lui a valu de loger plus décemment dans un grand hotel pour autocars de touristes japonais: la fonction et le grand âge offrent parfois des avantages). Je rends hommage au stoïcisme de Chantal, Nicole, Yannick et Denis W! Et je ne dirai pas un mot sur le réfectoire du Studentski Centar, na! Bref, il n'y a pas partout des Auberges de Jeunesse Georges Simenon! Quelque 16 troupes se produisaient, au rythme de trois spectacles par soirée, dans trois salles différentes (dans tous les sens du terme), principalement des troupes croates, mais aussi 4 serbes, 2 slovènes, 1 roumaine, 1 israëlienne... et 1 liègeoise (donc belge?). Les fins de soirées étaient assurées par de nombreux orchestres de jeunes, venus de toute la région. Ceci dit, l'accueil du comité organisateur était sympa et efficace, et le Studentski Centar, où tout se déroulait, bouillonnant de vie.

Si la ville de Zagreb n'a pas l'incontestable charme architectural de Cracovie, Prague, Dubrovnik ou Vilnius, elle n'en est pas moins une ville agréable, ou, pour employer un vocabulaire djeun, "très cool", avec des habitants (700.000) généralement accueillants et peu stressés, et où les tramways abondants et réguliers permettent des déplacements faciles et rapides, jusqu'en pleine nuit.

Zagreb vaut bien le détour, et, dans l'ensemble, la tournée valait la peine.

Parlant de tournée, à peine rentrés dimanche 5 avril, ça repart ce lundi 6 avec Kafka cette fois: en route pour Timisoara et son Festival de Théâtre universitaire francophone.

Changement d'herbage réjouit les veaux!

Robert Germay

 

Les photos !

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