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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

LE THEATRE A L’UNIVERSITE AUJOURD’HUI

16 Juin 2009 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Où il est question de théâtre

Au lendemain de la 2e guerre mondiale, deux grands festivals de théâtre universitaire ont vu le jour : Erlangen (1946) en Allemagne et Nancy (1963) avec Jack Lang, en France.

 

Au lendemain de la 2ème guerre mondiale, deux grands festivals de théâtre universiaire ont vu le jour : Erlangen (1946) en Allemagne et Nanacy (1963) avec Jack Lang, en France.


Tous deux sont morts après (à cause de ?) la grande « contestation » de mai 1968.

Le premier en 1968 parce que les mouvements étudiants allemands le trouvaient trop peu engagé politiquement, le second, fin des 70ies, parce que les mouvements français le trouvaient trop « professionnalisé », et ils refusaient dès lors de continuer à le financer.

 

Tous deux ont aussi provoqué, stimulé voire transformé le paysage théâtral tout court à partir des pratiques universitaires, tant au niveau de la forme des spectacles eux-mêmes qu’à celui de la réception des spectateurs.  Des auteurs se mirent même à écrire pour le TU (Weiss, Bond, …).

 

Les temps ont changé.  Ceux qui avaient révolutionné – j’ose le mot – le théâtre, les Mnouchkine, Julian Beck, Peter Stein et autres STU polonais, sont devenus depuis belle lurette des « modèles ».

Reste aujourd’hui de leur action, d’une part un théâtre professionnel transformé de fond en comble par rapport à l’avant-guerre et, d’autre part, tous les « off » et « Freie Gruppen » qui ont fleuri et fleurissent encore en parallèle ( ?) aux grandes institutions dans tout le paysage théâtral international.  Le « théâtre universitaire » a été un concept en soi, une forme théâtrale à part entière…  en quittant l’université pour se professionnaliser !  Un beau paradoxe !

 

Cette époque des sixties, pour remarquable et importante qu’elle fût, n’a jamais été qu’une parenthèse dans l’histoire du théâtre à l’Université.  Une parenthèse, certes de taille, puisqu’elle a d’une part, comme dit plus haut, secoué tout le théâtre, mais, d’autre part, fait prendre conscience aux universités elles-mêmes de l’importance des pratiques théâtrales étudiantes en leur sein.

 

Et c’est justement la caractéristique des années 70 de voir éclore un peu partout sur le vieux continent – à la suite du système anglo-saxon – multitude de Départements d’études théâtrales, un champ qui jusque là était bien limité à quelques universités éparses traitant de Theaterwissenschaft

(Vienne, Cologne, …).  Depuis, ils font florès.

 

Aujourd’hui, le terme TU recouvre très précisément le théâtre qui se pratique à l’Université, intra muros, et celui-ci n’est pas moins important, qu’il soit « spontané », « encadré » ou « pré-professionnel », selon la définition qu’en donne l’AITU dans ses actes fondateurs (Liège, 1994).

Non seulement il renvoie à une tradition vieille  comme l’université, où des représentations théâtrales sont attestées depuis l’origine (sous Shakespeare déjà, des étudiants jouaient à Vilnius et ainsi partout pendant des siècles), mais aussi il rend compte de la diversité des activités théâtrales en milieu universitaire, selon les continents, les pays, les universités mêmes : y-a-t-il une université dans le monde où n’existe aucun théâtre étudiant d’une forme ou d’une autre ?

 

C’est ce « théâtre universitaire »-là qui, dans les années 80, a ressenti le besoin de s’échanger pour mieux se connaître, d’où la floraison extraordinaire, pendant la décennie, de dizaines de festivals et/ou Rencontres de Théâtre Universitaire à travers l’Europe et le monde, de Casablanca à Liège, de Coïmbra à Puebla, de Cologne à Valleyfield ou Barquisimeto…  Il existe aujourd’hui près d’une centaine de ces amicales et festives « confrontations » théâtrales étudiantes.

 

C’est à travers ces Rencontres que se sont précisément développés l’idée et le besoin d’une re-définition du « théâtre à l’université ».  Ce qui fut fait à Liège lors du Congrès fondateur de la nouvelle Association Internationale du Théâtre à l’Université en 1994.  Encore jeune, l’AITU se porte bien (elle rassemble quelque 300 institutions à travers le monde) et justifie de mieux en mieux sa fonction de réseau mondial de communication, d’une part, et d’autre part,  elle démontre la qualité de ses recherches sur la théorie et la pratique du théâtre en milieu universitaire par la (bonne) tenue de ses Congrès mondiaux réguliers (Valleyfield, 1997 ; Dakar, 1999 ; Cracovie, 2001 ;  Olympia, 2003 ;  Urbino, 2006, Puebla, 2008, Leicester, 2010…)

En cela, l’AITU est le reflet, la conscience du théâtre universitaire d’aujourd’hui.

Nous souhaitons qu’elle en soit aussi un moteur.

 

www.aitu.suroit.com

 

 

                                                     Robert GERMAY,

                                                        Avril 2004.

 

 

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