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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

8e Festival International de Théâtre Universitaire de Manizales, Colombie, 3-9 octobre 2011

17 Octobre 2011, 15:16pm

Publié par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège

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Le dimanche 2 octobre, le TURLg s’envolait (en TGV Bruxelles – Paris Charles de Gaulle !) vers la Colombie, pour arrondir à 40 le nombre de pays visités à ce jour. Le festival de Manizales (province de Caldas) lui était connu depuis quelques années, notamment grâce à la présence de son coordinateur Daniel Ariza Gomez au sein du comité exécutif de l’AITU (Association Internationale du Théâtre à l'Université), dont le TURLg est le siège officiel depuis 1994. Rappelons aussi que le théâtre de l’Université de Caldas (Manizales) participait à notre RITU 26 en 2009.

Organisé justement par l’Université de Caldas et son département des Arts scéniques, le festival se tenait du 3 au 9 octobre 2011. Cette 8e édition se caractérisait par son élargissement à 45% de la participation internationale du théâtre à l’université.

Le programme proposait des représentations de la totalité des écoles de théâtre des universités colombiennes : 3 de Bogota: Académie supérieure des Arts, Universidad Central et Universidad El Bosque ; 2 de Cali: École des Beaux-arts et Universidad del Valle; Medellín : Universidad de Antioquia ; Manizales : Universidad de Caldas (avec 3 spectacles). L’étranger était représenté, lui, par le théâtre THAG de Stuttgart (Allemagne, dont nous avions déjà apprécié le belle prestation en avril dernier aux Fêtes du Suroît à Valleyfield, Québec), le TU de l’Université de Guadalajara (Mexique), le Collège de Valleyfield (Canada-Québec, amis de longue date du TURLg), le groupe de Yeon Keuk Mi de Séoul (Corée du sud), et bien entendu le TURLg (Belgique), avec son Fin de Siècle sur l’île. Programmé, mais regrettablement absente pour cause de visas, l’Université de Mansoura (Égypte).

Disons d’emblée que le niveau général de la qualité de la programmation était élevé : manifestement, les acteurs colombiens sont bien formés et convaincants. Quant aux mises en scène du cru, ici traditionnelles, là plus innovatrices, elles témoignent toutes d’un grand souci de force et de précision dans le jeu, et de recherche dans la scénographie (décors et costumes), avec, sur ce plan, une mention spéciale pour le spectacle d’inauguration, Nichos (d’après Noces de sang de F. Garcia Lorca), par le groupe de recherche de l’Université d’Antioquia de Medellín.

Pour rappel, il s’agit ici principalement d’un festival d’écoles de théâtre, donc d’un théâtre universitaire « pré-professionnel », une des trois catégories de TU telles que définies depuis l’origine par l’AITU, à coté du théâtre « spontané » et « encadré ». Soulignons, avec plaisir et fierté, que, tout « amateur encadré » qu’il soit, notre TURLg a remarquablement tiré son épingle du jeu dans ce contexte sérieux : Fin de Siècle sur l’île a remporté un énorme succès, et il s’est dit souvent, et de plusieurs sources, autour de nous, que notre spectacle était… le meilleur du festival. Nous affirmerons, nous, qu’il ne dénotait pas. Par parenthèse, nous nous étions déjà bien distingués en juin 2010 avec Le Dernier Godot dans un autre festival prestigieux d’écoles de théâtre, «Istropolitana », à Bratislava (Slovaquie). 

Si la qualité était généralement présente sur scène, la quantité était toujours au rendez-vous dans la salle : une moyenne de 350 spectateurs a suivi ces quelque 16 spectacles, présentés, à raison de 3 ou 4 par jour, dans 3 salles régulièrement bondées (plus la salle de l’inauguration et quelques lieux divers : cafétéria de l’Université, etc…). Ceci ne s’explique pas que par la gratuité de l’entrée, mais aussi par l’intérêt et la curiosité des étudiants et du public colombiens pour le théâtre, et par la qualité même du programme proposé depuis maintenant 8 éditions ! D’ailleurs notre propre expérience nous avait déjà fait découvrir l’originalité et la qualité du théâtre latino-américain en général.Photos-DD-0701.JPG

A coté de ces spectacles, des conférences/débats étaient proposés le matin à propos des spectacles vus. Pour notre part, à la demande des organisateurs, Robert Germay, comme hôte d’honneur (sic !) en tant que président fondateur de l’AITU, a tenu le crachoir lors de la séance protocolaire d'ouverture le lundi 3, devant l'aréopage des autorités locales e.a., ainsi que le jeudi 6, devant une belle assemblée d’étudiants et de participants pour présenter l’AITU d’abord, le TURLg ensuite. Il faut dire que l’Université de Caldas, par Daniel Ariza interposé, pose sa candidature à l’organisation du 10e Congrès mondial de l’AITU en 2014. La décision officielle sera prise au prochain 9e Congrès qui se tiendra à Minsk (Belarus) en juin 2012. Une chose est sure : Manizales insiste ! Pour l’AITU ce serait, en tout cas, une belle entrée en Amérique latine. A Manizales de mettre tout en œuvre pour assurer le bon succès de cette importante manifestation, s’il échet.

Disons encore que la presse écrite et audiovisuelle locale a très bien suivi l’événement : cela montre que la municipalité, l’Université et la région même y attribuent l’importance qu’il mérite, avec quelques fois, des accents un tantinet régionalistes.

Un regret de notre part : le Teatro Uis, de Bucaramanga, Université distante de 2 à 300 kms ( attention : en Colombie, 40 kms à vol d'oiseau représentent 2 heures de route…) , qui a participé à notre RITU 28 en 2011, nous avait invité à donner une représentation chez eux à l’occasion de notre déplacement colombien. Hélas, il ne nous a pas été possible, ni d’allonger notre séjour à cet effet, ni de réaliser ce crochet pendant Manizales-même. Frustration ! Eux-mêmes ne participaient pas au festival de Manizales, au motif - je suppose - qu’ils appartiennent à la catégorie « théâtre universitaire encadré », et non pas « pré-professionnel ». Ça se discute… mais chaque festival est maitre chez soi en démocratique AITU…

En revanche, ce succès colombien nous a poussés à relancer, définitivement cette fois pensons nous, les négociations pour exporter notre « Ile » l’année prochaine dans la région qui l’a vue naître, celle de son auteur, Alejandro Finzi : la Patagonie. Nous lançons l’opération dans les semaines qui suivent.

Quant à la Colombie, nos contacts y restent bien fermes et encore renforcés par la présence sur place (nous l’avons découvert là-bas) d’un actif représentant liégeois, Pierre Hupet, ULgiste et ancien théâtreux amateur liégeois, chargé de gérer « Red Alma Mater », un réseau de relations entre trois université colombiennes (dont Manizales) basé à l’Universidad Tecnologica de Pereira. Nous ne manquerons pas de faire appel à lui dans le futur.

Pour aller découvrir ainsi le réel dynamisme du théâtre universitaire colombien, encore nous fallait-il trouver le financement nécessaire : on ne va pas à Manizales à dos de colombes. Notre Binamé Vice-Recteur, Albert Corhay a accepté de subsidier ce beau voyage en prenant en charge les billets d’avion. Qu’il soit remercié pour sa grande et coutumière générosité.

Robert Germay

PS : - Le métier de météorologiste doit être de tout repos en Colombie : Il suffit d’annoncer chaque matin : « Temps très variable... d'heure en heure ! »

- Nous continuons à nous demander pourquoi nous avons reçu les programmes complets du festival avec nos cadeaux…d’adieu, à la cérémonie de clôture, ...

- ... et aussi si nos petits camarades de l’Hôtel Colonial ont survécu, les pôvres, aux chambres sans fenêtres extérieures. Ah, les colonies… !

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