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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Szczecin (ou plus facile à dire : Stettin) couronne Projekt Eden à son 7e Festival "Pro Contra", 9-11 octobre 2009

14 Octobre 2009 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Les PHOTOS

Le théâtre "Nie Ma", dirigé de main de maîtresse par Tatiana Malinowska-Tyszkiewicz, organise son festival au Centre Culturel de l'Université de Szczecin (Katedra Edukacij Artystycznej) dans des conditions qui fleurent encore bon les derniers bons vieux plans quinquennaux de là-bas, dis-donc. Chapeau bas pour la performance (clin d'oeil à ceux qui connaissent le sens du polonais "Nie ma") : trois jours (ve 9 - di 11) seulement, mais quelles journées. Stakhanov, vous connaissez ? Jugez plutôt : le ve. 9/10, ouverture officielle du festival à 17 h, puis 3 spectacles de 18 à 21h30. Le samedi et le dimanche : ateliers matinaux de 10h30 à 15h (nos braves Chantal et Nicole en ont même assuré un le samedi matin), puis cinq (!) spectacles de 17 à 21 h, tous dans le seul et même espace "des fêtes", tantôt sur la scène, tantôt dans la salle (les chaises ont dû changer de place à peu près pour chaque spectacle), avec une demie heure max. pour planter décors et éclairages... les coulisses de l'exploit pour les troupes... et pour les bénévoles du théâtre local qui les aidaient de leur mieux à s'installer. Le concept "Théâtre pauvre" cher au Père Grotowski, n'est décidément pas polonais pour rien, et, ici, toujours bien d'application. Heureusement, d'ailleurs, parce que, en une demie heure, il serait difficile de régler plus que les quatre ou cinq projos à disposition. Tout est donc dans tout, et ceci compense cela...

Mais pauvreté n'est pas vice, et Vichnou sait combien le "pauvre" théâtre polonais a influencé tout le théâtre depuis Grotowski. Et, à cet égard, la programmation du 7e Festival "Pro-Contra" s'est avérée excellente et judicieuse. Outre 6 groupes polonais, étaient présentes des troupes venues de Prague, Vilnius (nos vieux amis du théâtre Palepe, que nous rencontrons un peu partout lors de nos tournées à l'étranger), Stralsund (D) et... Liège. A tous égards, une programmation intéressante et bien représentative d'un bon théâtre étudiant actuel : créatif, collectif, original...

Nous ne redirons pas ici tout le mal que nous pensons des concours organisés lors de ces festivals universitaires (ou autres) qui, pour nous, ne devraient pas être un lieu de compétition "sanctionnée" par un jury. Disons seulement que c'est avec un plaisir gêné que nous avons accepté le 1er prix qui nous a été décerné (par parenthèse, c'est la deuxième fois cette année, puisque, il y a quelques semaines, Fin de siècle sur l'île recevait un prix de la FNCD). Il faut dire que les arguments avancés atténuent notre gêne par leur pertinence : la prestation de Projekt Eden a été perçue comme un théâtre inspiré, créatif, et dramaturgiquement solidement réfléchi, susceptible d'être un encouragement, une motivation pour les autres troupes. Bien vu, je dois dire ! En rappelant que ces qualités avaient aussi déjà été repérées à Huy lors de la participation du spectacle à la fameuse sélection Théâtre-jeunes de la Communauté Française.

Le TURLg découvrait Szczecin (après Krakow, Wroclaw, Jelenia Gora, Swinouscie, et d'autres villes polonaises points de chute depuis les années 80 déjà...). Étonnant ! A part le château (Renaissance) des Ducs de Poméranie, on est loin à Stettin de l'éblouissante architecture de Cracovie, Gdansk ou Wroclaw (voire de tant d'autres villes allemandes sur la Baltique). On est plutôt plus près de Droixhe... en plus vaste. La vie s'y est apparemment concentrée dans un méga Centre commercial (que les autochtones appellent "Centre culturel" !), qui semble avoir fait disparaître de la ville tous les endroits où, d'ordinaire, on consomme liquides et solides. Les bistrots et restaurants, pléthoriques au Centre commercial, de Pizza Hut à Mac Do en passant par KFC, sont aussi rares "en ville" que les Toyota Prius ou les Gauloises Blondes. Pour sa défense, disons que Szczecin, très détruite à la fin de la guerre, a souffert ensuite de tergiversations politiques de la part des alliés d'abord (la conférence de Potsdam en 1945), des Soviets ensuite, qui longtemps hésitèrent à la considérer comme ville polonaise... ou allemande. Si bien que la vraie reconstruction de la ville ne débuta que dans les années 70. Laissons-lui, en tout cas, son titre reconnu de ville la plus verte de Pologne, ceci étant sans doute dû à la lenteur des décisions urbanistiques citées plus haut, et aussi à la présence de l'Oder qui la traverse majestueusement pour se jeter dans la Baltique à Swinouscie.

Voici donc un festival (et une ville) de plus au palmarès du TURLg ! Avec le prix que nous y avons remporté, c'est une consolation pour les conditions matérielles d'accueil que nous y avons rencontrées, tout respect gardé pour le dévouement et la gentillesse de nos amis théâtreux... et le confort correct de l'hôtel sans petit-déjeuner.

Mais, en vieux routier, le TURLg sait que "tourner" dans le paysage du théâtre universitaire peut relever, ci ou là, mais plus souvent qu'on ne croit, de l'apostolat.

Faut croire qu'on aime ça...

Enfin, le TURLg remercie Wallonie-Bruxelles International, dont l'aide financière nous a permis de participer à ce festival.

Robert Germay

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