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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Tout est ParThénon ou : TURLg and the Latin-American Connection

2 Mars 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Dans le rétroviseur...

Luis guitareJPG

D'être accueilli à Dallas par des Mexicaines, chevilles ouvrières dynamiques de toute la communauté culturelle latino-américaine de la région, a titillé ma mémoire, me poussant à essayer de retracer l'histoire de la filière latine-américaine que hante le TURLg. Pour ce faire, il faut remonter loin dans le temps... et dans l'espace. Ce petit exercice montrera bien à quel point le Théâtre à l'université est un réseau incroyablement ramifié.

C'est, je pense, à Paris que la "connection" a démarré : Paris-Texas, comme disait l'autre, Wim, ... sans nous connaître.

Paris, parce que c'est là que nous avons emmené, en décembre 1986, notre Erasme, ou la Paix persécutée Erasme 2et, dans la foulée, notre Gardien, de Pinter (ce dernier s'était offert un détour par L'Aquila (I), avant de gagner Paris : on peut être Gardien et aimer les voyages !)

L'invitation émanait de l'Université de Paris III - Censier, qui organisait, la première semaine de décembre 86, un premier FIJTU (Festival International de Jeune Théâtre Universitaire), organisé par quelques étudiant(e)s, emmenés par Laure Chérasse, jeune théâtreuse saxophoniste. On ne sait pas si le décès tragiquement prématuré de Laure, peu de temps après, a entraîné ledit Festival à sa suite, mais en tout cas, nous n'avons plus guère entendu parler de Festivals de TU à Paris depuis lors (sans jeu de mot).

François cuisiniereUne anecdote ? Qu'avaient programmé les organisateurs/trices en clôture /gala de la semaine ? Je vous le donne Émile : Les "Inconnus"... beaucoup plus connus aujourd'hui qu'alors, on s'en doute. Autre anecdote, plus stressante en "live" : c'est cette même semaine de décembre parisien que les lycéens et étudiants de la Capitale (150.000 d'après la police, 1.000.000 d'après les organisateurs) manifestaient bruyamment à la Bastille contre la loi dite Devaquet (du nom du ministre Alain Devaquet) qui portait sur les libertés des universités. Certains de nos Tulgiens curieux (n'est-ce pas, Jean-Lou Rouche, e.a. ?) faillirent bien prendre des coups de matraques égarés par des flics motocyclistes voltigeant sur les trottoirs pour "encadrer" la manif. Mais qu'allaient faire nos valeureux Liégeois dans cette galère ? Enfin, plus de peur que de mal.

Et l'Amérique latine dans tout ça, me direz-vous ? J'y viens. Mais le détour sera encore long... lui aussi.

Bref, donc, présentant au "Bataclan" (eh oui !) notre Erasme/Gardien, nous sympathisâmes avec une troupe québecoise de l'UQAM (Université du Québec à Montréal) qui, outre un bon spectacle, avait avec nous un point commun: moins de public pour eux et nous réunis que pour un seul des autres spectacles parisiens proposés par le festival. Ça crée des liens ! Ce fut, en effet, le premier contact - à distance - du TURLg avec la Belle Province.

Hasard de calendrier, je m'envolais, la semaine suivante (9-12/12/86) pour Montréal en mission pour le Ministère de la Culture de la Communauté française (CGRI) pour participer à une Conférence Internationale des Arts de la scène (N'est-ce pas, Catherine Marissiaux ?). Je profitais évidemment de cette occasion pour rendre visite à mon collègue chef de la troupe québecoise croisée une semaine plus tôt à Paris : André Maréchal, enseignant de théâtre à l'UQAM. La visite fut efficace et fructueuse, puisque ledit André m'invita dans la foulée, à participer en observateur au 2ème Festival Québecois de Théâtre Universitaire que son Département organisait quelques mois plus tard, en mars 1987. Et j'y fus donc. (Par triste parenthèse, j'appris peu d'années plus tard que le pauvre André devait décéder, lui aussi, très prématurément. Funeste loi des séries, décidément).

Puis, en juillet 1988, nous participions à la création du 1er Festival de T.U. de l'Université Ben M'Sik de Casablanca. Et ne voilà-t-il pas que...

- "Mais, Monsieur, et l'Amérique latine là-dedans ?"

- "J'y viens, Madame. Je vous avais prévenue en commençant que des détours s'imposaient. Et j'y serai encore plus vite si on ne m'interrompt pas"

- "Pardon. Je vous écoute, Monsieur"

Bref, nous voilà à Casablanca pour la première fois de notre histoire et par plus de 30 degrés à l'ombre, pour y présenter notre Lovely Rita. LovelyRita2.jpgEt ne voilà-t-il pas donc, que nous y rencontrons une troupe de Québec, emmenée par José Luis (aujourd'hui Luis tout court) Thénon, un théâtreux argentin émigré à Québec, et enseignant le théâtre à l'Université Laval.

Au hasard d'un thé à la menthe (le whisky marocain) sur une terrasse ombragée, nous voilà bavardant avec un Luis Thénon qui manifeste, à ma grande surprise, des signes de reconnaissance - dans les deux sens du mot : il me reconnaît, et me rappelle que, l'année d'avant, à Montréal, j'avais rompu une lance en faveur de son spectacle, que d'autres étrillaient lors d'une de ces discussion post-spectacle dont certains festivals ont le secret. Ce pourquoi il me marquait sa reconnaissance a posteriori.

Depuis lors, je lui dois, à mon tour une reconnaissance éternelle.

En effet, ce bougre d'Argentin, non content de nous avoir invités régulièrement à Québec, n'a pas cessé de nous filer nombre de ses adresses aux quatre coins du continent américain : de l'Argentine (Juan Carlos Catalano, qui fut membre du premier Comité Exécutif de l'AITU ; Alejandro Finzi, auteur dont le TURLg a monté Fin de siècle sur l'île, spectacle qui tournera en Patagonie fin 2010) aux Etats-Unis (Maria Horne, Argentine elle aussi, professeur à l'Université de New-York à Buffalo, membre du COMEX de l'AITU ; Cora Cardona-Hurst, Mexicaine installée à Dallas, TX, où elle a fondé le Teatro Dallas), en passant par le Costa-Rica (Maria Bonilla), le Venezuela (Ygor Zamora, de Barquisimeto, qui fut aussi un trait d'union avec Cora Cardona), le Mexique mexicain (Carlos Robles Cruz, de Puebla, puis Oaxaca, et maintenant, vraisemblablement Mexico-City)... Je suis sûr d'en oublier : pardon.

Inutile de dire que nous avons, au cours de ces dernière années, bien utilisé ces adresses, tant pour nos propres tournées que pour achalander nos RITU-Liège. Pour en terminer, je rappellerai que Luis Thénon fut un des "picadores" les plus aiguillonnants quand il s'est agi de mettre sur pied l'AITU au début des années nonante. Mais je n'oublie pas tous les autres pour autant.

Cet exemple argentino-québecois, rappelé par notre récente visite à Dallas,TX, n'est épinglé ici que pour montrer à quel point le réseau du Théâtre à l'Université est réel, étendu et dynamique. Et pas seulement sur l'Amérique... !

Mais ceci est encore une autre histoire de l'oncle Trébor Yamreg.

A +

RG

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J

Et oui, les coups de matraques pleuvaient à Paris en cette belle nuit de décembre 86 . J'ai quand même eu devant les yeux le corps sans vie de Malik Oussekine, tué par l'acharnement des
"voltigeurs" dans le hall de l'immeuble où il tentait de se réfugier rue Monsieur-le-Prince...Il semble qu'il ait été, qui plus est, totalement étranger aux manifestations.Trop étranger, sans
doute...
Jean-Lou Rouche


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