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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

tournees

Bratislava, Festival Istropolitana '10, 18-23 juin 2010

28 Juin 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Istropolitana_2

Les photos

Le Festival "Projet Istropolitana" fut créé à Bratislava en 1977 (en Tchéchoslovaquie, alors) à l'initiative de la Faculté de théâtre de l'Académie des Arts de la scène (Academy of Performing Arts - VSMU), elle-même fondée en 1949. Les buts du Projet Istropolitana sont de favoriser la rencontre internationale de différentes approches du théâtre, représentées par des jeunes artistes issus de différentes écoles, qui viennent proposer leurs dernières créations (à ce jour, 80 écoles des quatre coins du monde) à un jury professionnel. Le propos est donc fortement pédagogique et éducatif.

On ne s'étonnera donc pas que, en 1984 déjà, Istropolitana entretenait des contacts avec Liège et sa session expérimentale du Conservatoire Royal, plus particulièrement au travers de René Hainaux et feu Max Parfondry. Dans les années 90, ces contacts s'élargirent au TURLg à l'occasion de la création de l'AITU (1994) dont Zuzanna Hlavenkova, professeur à la VSMU devint rapidement membre active. En juin 2002, j'ai moi-même participé à Istropolitana, à la fois comme membre du Conseil d'Administration de l'IIT - Belgique Francophone, et comme président de l'AITU, qui y tint une réunion du Comité exécutif, préparatoire au 5e Congrès de l'AITU qui devait se tenir - et s'est tenu - en 2003 à Olympia. J'avais gardé un excellent souvenir de ce premier séjour slovaque, et c'est donc avec plaisir que nous avons accepté de participer, cette fois avec un spectacle, à cette 18e édition (Istropolitana est une biennale).

Avec plaisir, mais non sans appréhension : si le TURLg est, à bien des égards, un outil de formation, il n'est pas pour autant une école, au sens où le sont les autres participants à la Rencontre. La question "Mais que faites-vous là ?" nous a d'ailleurs régulièrement été posée par des "collègues" invités. Ceci-dit, la directrice du Festival, Svetlana Waradzinova, et Zuzanna Hlavenkova elles-mêmes, avaient "visionné" notre Dernier Godot, de M. Visniec, lors de RITU 27, en mars dernier, avant de l'inviter officiellement. Nous n'avions donc pas à rougir... Et nous n'avons pas rougi, car l'accueil du public, le me. 23/6 à 14 hrs au LAB (remarquable salle, inaugurée la semaine précédente) fut tout à fait positif, à en croire les commentaires glanés ci et là.Istropolitana_1

Istropolitana, ce n'est pas que des présentations de spectacles. C'est aussi des discussions organisées sur les spectacles vus. A ce propos, je regrette que la discussion sur la journée du 23, NOTRE journée, ait dû se dérouler le jeudi 24 à 11 hrs, c'est-à-dire le lendemain de la clôture officielle. Inutile de dire que la fête a duré toute la nuit au Cvernovka, l'ancienne fabrique, lieu de toutes les "partys" du festival, et qu'on comptait sur les doigts des deux mains les volontaires pour débattre de notre prestation. Dommage... et avantage : nous avons pu reprendre la route (1100 kms) vers Liège dès midi. Des discussions donc, mais aussi des ateliers ; et nous fûmes ravis d'y retrouver Sergio Sierra, de Barcelone ET de l'Université Caldas de Colombie, qui présentait le même atelier de danse (dans le cadre de son doctorat) qu'à notre propre RITU 27. Quand on vous dit qu'Istropolitana met l'accent sur la pédagogie et la formation !

Les 23 troupes participantes venaient cette année de Serbie, Etats-Unis, Indonésie, Russie, Singapour, France, Royaume-Uni, Autriche, Israël, Macédoine, Italie, Pologne, Iran, Tchéquie, Slovaquie et Belgique.

N'ayant pu arriver que le dimanche 20 au soir, nous n'avons pu voir que quelques uns des spectacles proposés, hélas. Mais tous étaient d'un impressionnant niveau, foi de vieux routier des festivals. J'ignore qui le jury a particulièrement distingué, mais mon coup de chapeau personnel va aux Polonais avec Histoires de la Forêt viennoise de Ödön von Horvath. Tiens, quelle surprise ! c'est justement Horvath et son Don Juan revient de guerre qui va m'occuper les mois à venir. Blague à part, toutes ces écoles forment drôlement bien leurs jeunes étudiant(e)s.

Organisation sans faille, logements très confortables, temps sec, ambiance festive, spectacles de qualité... Merci à Svetlana et à son équipe !

Quelques anecdotes ? Alphonse avait oublié à Liège la bande son, et Renaud, le cendrier-décor de la pièce. Renaud a donc re-gravé un CD à partir de son miraculeux Mac book, et Robert a déniché un cendrier local fort adéquat. Vincent, lui, s'est contenté d'accrocher le mur de l'entrée - étroite - de la Chimie avec le flanc gauche de la camionnette Athlon. Sans doute distrait par l'annonce toute fraîche de la victoire de la Slovaquie au Mundjal ? Quant à David, il a beaucoup vuvuzellé, de jour comme de nuit.

Qu'on ne me parle plus de football à Bratislava ! Impossible d'y échapper dans cette ville piétonne où chaque café - et ils sont nombreux ! - a son écran géant en terrasse. Alors, avec les Coppolas, pas Espagnols pour rien... En revanche, c'est peut-être pour cause de Mundial que nous avons fait l'aller et le retour sans le moindre bouchon sur les autoroutes allemandes. A retenir pour nos prochains déplacements : vive le foot !Istropolitana_4

Robert Germay

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Le TURLg relance un Liège-Dakar, 1-11 juin 2010

18 Juin 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

 

Théâtre SoranoLes photos

Nos premiers contacts avec le Sénégal remontent déjà au début des années 90, lorsque le TURLg s'attelait à la création de l'AITU (Ass. Int. du Th. à l'Université). A la table des discussions en la matière, on retrouvait déjà, dans l'équipe de base, e.a., Ousmane Diakhate, Professeur de Théâtre à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il entra dans le Comité Exécutif de l'AITU dès le Congrès fondateur de Liège en 1994, où il fut élu Vice-Président (pour l'Afrique Sub-Saharienne), position qu'il occupe encore aujourd'hui. Au Congrès de Valleyfield-Québec (1997), Ousmane proposait d'organiser le suivant chez lui, et il m'invitait à Dakar pour vérifier sur place la faisabilité du projet. C'est ainsi que le TURLg put présenter son fameux Karl Valentin, Le Projecteur réparé ?, en janvier 1998 (trois fois en trois lieux différents à Dakar, notamment à l'Institut Français). Cette première visite fut en tous points convaincante. Je me souviens fort bien du bon accueil que nous avons reçu de toutes parts : du côté sénégalais, par Ousmane et son équipe d'abord, mais aussi auprès du Ministre de la Culture de l'époque, Monsieur A.E. Kane ; du côté français par Monsieur Guy Maurette, Directeur du Centre Culturel Français de Dakar ; du côté allemand même (nous jouions Karl Valentin !) auprès de M. Frank Berthold, Directeur du Goethe-Institut à Dakar ; du côté belge, enfin, par M. Freddy Jacquet, délégué de la Communauté française Wallonie-Bruxelles ; par notre autre Liégeoise, Mme Danièle Latin de l'AUPELF, et par Mme Brigitte Brasseur, du Département des Lettres modernes, et jusqu'à Philippe Laurent, comédien-animateur, alors en poste à Dakar. Sans oublier, surtout, l'accueil très chaleureux du public dakarois ! Rien que de bons souvenirs...

Le 3ème Congrès Mondial de l'AITU se déroula donc bien à Dakar en 1999, à la satisfaction générale. Organiser un tel évènement en terre africaine n'était pas une mince affaire : encore merci, et chapeau ! à Ousmane (sur l'AITU, voyezwww.aitu-iuta.org)

En 2002, c'est avec Si tu m'aimes...de Hans Sachs, que nous répétions l'expérience, pour jouer à Dakar et, cette fois, au Théâtre Sorano, svp, le plus grand théâtre de l'Afrique de l'Ouest, en présence, notamment, de M. l'Ambassadeur de Belgique à Dakar, M. Philippe De Clerck. De plus, les efforts de M. Marc Clairbois, délégué de Wallonie-Bruxelles à l'époque, nous valurent une invitation à décentraliser notre spectacle à Saint-Louis, l'ancienne capitale sénégalaise, au Centre Culturel Français Gaston Berger. Le Directeur de celui-ci, M. Vincent Giovanni fut d'ailleurs très satisfait de notre prestation devant un public on ne peut plus populaire et intergénérationnel : ce - trop court - séjour à Saint-Louis reste le souvenir le plus marquant de cette belle tournée de janvier 2002. Des anecdotes ? Notre voyage coïncida, bien fortuitement cette année-là, avec la déconfiture de notre compagnie aérienne nationale SABENA (Such A Bloody Experience Never Again. Eh oui, le temps passe), ce qui eut quelques fâcheuses incidences sur le prix des billets... Et une conférence que Robert Germay devait faire pour les étudiants d'Ousmane fut annulée : grève générale surprise des "auditeurs" pour cause de Coupe d'Afrique des Nations ! Heureusement, cette année 2010, nous avons échappé de justesse à la Coupe du Monde, ouf !

En 2010, huit ans plus tard, imaginez si l'appétit était grand de remettre le couvert. Et notre Ousmane eut la bonne idée de nous inviter à nouveau, sous sa casquette de Professeur (Atelier de recherche et de pratique théâtrales de la Fac. des Lettres et Institut supérieur des Arts et des Cultures à l'Université Cheikh Anta Diop), mais, aussi, cette fois, sous le képi de Directeur général du Théâtre national Daniel Sorano, qu'il coiffe désormais depuis quelques années déjà... et qui lui sied à merveille !Ousmane et RG

Départ donc de Vincent P., Marco P., Dominique D. et du Chef le mardi 1er juin à 11h25 de Zaventem, d'où un vol direct (ça devient rare dans nos tournées !) devait nous amener à Dakar à 15h35 heure locale (deux heures de décalage avec chez nous). Le trajet de l'aéroport Sedar Senghor à l'université nous a montré que le réseau routier qui entoure Dakar évolue vite et bien, dans le sens d'un désenclavement du centre ville. Au passage, nous admirons l'imposant - Kolossal - monument, dans un impressionnant style nord-coréen pur jus (voyez nos photos), inauguré il y a deux mois par le Président de la République, Maître Abdoulaye Wade : reste à voir quand les abords du mastodonte seront terminés (tiens, et comment va le quartier de notre Calatrava ?)... Nous constatons aussi que l'Océan érode de plus en plus, et inexorablement la longue plage qui borde la route. La différence, en 8 ans, est visible à l'oeil nu. Y'a du problème dans l'air, les gars : va falloir remblayer fissa. On nous dit que c'est prévu. Installation dans la confortable résidence universitaire pour professeurs et autres invités, sur la Corniche Ouest. Premières couches de protection anti-moustiques... Repos bien mérité.

Le lendemain, nous investissons le Théâtre Sorano où nous devons jouer à 17 heures déjà. La préparation se déroule au rythme de là-bas, lentement mais sûrement : il ne restait plus qu'aux machinistes à nous bricoler un tableau et une table de toutes pièces. Ce qui fut fait. Ah, les miracles du bricoleur sénégalais sans outils...

Nous avons donc joué le mercredi 2 et le jeudi 3 à 17 heures pour des étudiants nombreux. Etrange et nouveau pour nous de se trouver ainsi devant un public plus qu'attentif, disons : studieux, chacun et chacune ayant un cahier sur les genoux et un bic en main ! Il faut dire que le spectacle était l'objet d'un travail écrit, à rendre d'ici peu comme exercice de critique théâtrale dans le cadre de leurs études.

C'est aussi la raison pour laquelle un débat d'une heure fut organisé immédiatement dans la foulée des représentations, Ousmane, le Chef et la troupe répondant aux questions des spectateurs. Celles-ci permirent, en quelque sorte, de faire cours sur l'histoire et l'esthétique théâtrales. Je ne doute pas que l'échange fut enrichissant pour les deux parties. Dans cette honorable assemblée, nous avons eu aussi le plaisir de remarquer la sympathique présence - les deux fois - de l'actuelle Déléguée Wallonie-Bruxelles International, Madame Anne Lange. Je serais tenter d'orner son nom d'une apostrophe judicieusement placée, tant son accueil fut chaleureux, attentif et dévoué pendant cette première semaine dakaroise. Un ange, on vous dit ! D'ailleurs, c'est une Liégeoise. Ca dit tout.

Hôtel Cap Saint LouisLe lundi 7, un taxi-brousse, brinquebalant comme un vrai taxi sénégalais, nous amenait à Saint-Louis où nous avons passé deux jours tout confort à l'Hôtel Cap Saint-Louis. Piscine et farniente. Et c'est bien là le petit bémol. Nous espérions bien jouer aussi à Saint-Louis, comme naguère. D'autant plus, disons-le, que Saint-Louis est jumelée avec Liège ! Madame Lange a bien contacté la Municiplaité Saint-Louisienne en la personne de l'adjointe au Maire, Madame Ba, et celle-ci a transmis la demande au Service Culturel de l'Université de Saint-Louis. Et j'ai négocié moi-même avec ces deux interlocuteurs locaux par téléphone : leur bonne volonté était manifeste. Mais les circonstances ne permirent pas de concrétiser le projet d'une représentation dans des conditions techniques acceptables. Par ailleurs, le Centre Culturel Français, auquel Ousmane avait fait une demande, se révéla indisponible à ce moment. Bref, chou blanc et coup dans l'eau. Ceci-dit, ce petit séjour à St Louis nous a permis de rencontrer, logeant au même hôtel, deux connaissances liégeoises : Véronique Marit, de Dérives Production et Christine Pireaux, de Wallonie Image production, toutes deux participant à "Louma", un colloque organisé par Africa Doc, à Saint Louis, précisément. Comme "de" quoi, les Liégéois, ça voyage !

Retour à Dakar le jeudi 10, et de là, à Liège, à l'aube du samedi 12 juste avant le début de la saison des pluies, merci.

Autre rencontre anecdotique et amusante : nous avons assisté, par hasard, le vendredi matin au tournage d'une capsule de Yvan le Bolloc'h et ses Manouches dans le pittoresque jardin de l'Institut Français de Dakar. Comme "de" quoi aussi, le monde est petit... et le Sénégal attirant.

Nous tenons à remercier encore Ousmane Diakhate qui a, une fois de plus, démontré ses vertus d'organisateur et sa grande convivialité (sans parler des qualités culinaires de son épouse...). Vieil habitué de nos Rencontres Internationales, Ousmane nous a promis d'amener à RITU 28 (28/2-6/3/2011) - enfin ! - une troupe de son Université : ce sera une grande première ! Inch' Etcaetera...

Merci encore aussi à Madame Lange pour sa disponibilité et merci, enfin, à la Communauté française et au WBI : l'aide financière accordée cette fois, comme par le passé, a permis au TURLg de maintenir et développer ses contacts avec un des pays les plus attrayants de l'Afrique occidentale.

Robert Germay

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Avrupa Üniversiteleri Tiyatro Senligi (Festival européen de Théâtre Universitaire), ISTANBUL, 2-16 mai 2010 : un mastodonte

20 Mai 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

IstanbulLes photos

L'année dernière, le TURLg ajoutait pour la première fois la Turquie à son palmarès, en présentant Le Joueur de flûte à Caraburun, Didim et Akbük (voir notre article) dans la partie asiatique du pays. Nous fûmes heureux de découvrir Istanbul cette fois, du moins une petite partie, l'européenne, autour de Taksim, jusqu'au pont Galatea et Topkapi. L'"affaire" Istanbul a démarré avec un jumelage réalisé par la Ville de Liège, vitrine des Capitales européennes de la Culture 2010, avec ses consœurs, la hongroise Pècs et l'allemande Bochum (pour la Ruhr). Robert Stéphane, chargé par l'échevinat de la Culture de piloter ce jumelage, prit contact avec nous en tant que représentant à la fois l'Université et le théâtre. Merci à lui. D'une part, nous invitions ainsi à participer à notre RITU 27, une troupe stambouliote, une observatrice du Festival de Théâtre Universitaire de Pècs, et une troupe de Bochum. D'autre part, nous étions invités à participer à l'European University Theatre Festival organisé à Istanbul du 2 au 16 mai 2010. Son coordinateur général, Ümit Özdemir, était d'ailleurs lui aussi présent à RITU 27, pour peaufiner les détails de notre participation. Par parenthèse (parenthèse intéressante au sens propre), cette opération "Liège, vitrine des capitales européennes 2010" nous valut des aides financières de l'Echevinat de la Culture de Liège et du GRE (Groupement de Redéploiement Économique du Pays de Liège) pour le RITU et le projet Istanbul. Nous les en remercions vivement.

Quelques capitales marquantes ont accueilli des spectacles du TURLg au cours de ses innombrables tournées : Amman, Amsterdam, Belgrade, Berlin, Bruxelles, Budapest, Dakar, Dublin, Jérusalem, Kiev, Minsk, Vilnius, Paris, Rabat, Zagreb... Toutes ont leur attrait, mais, c'est incontestable, Istanbul est la plus énorme, mythique, gigantesque et secouante. Le terme "mégalopole" y prend tout son sens. 120 km de diamètre (imaginez que Liège s'étende jusqu'à Gand) d'urbanisme chaotique à cheval sur deux continents...

Nous débarquions donc, après un agréable vol Turkish Airlines, à Istanbul par quelque 30° Celsius, le me. 12 mai. Accueillis par notre dévoué jeune guide-volontaire, Mertcan Uzun, nous prenions nos quartiers au très correct Hotel Monopol, à mi-chemin entre Taksim Square et le pont Galatea, rendez-vous de tous les touristes possibles. L'épais programme que nous avons découvert dans nos Welcome Packs ne laissait aucun doute : à mégalopole, méga(lo)festival! Qu'on en juge : 50 troupes en 2 semaines, du di. 2 au di. 16 mai, parmi lesquelles 13 troupes étrangères (Grèce, Slovaquie, Slovénie, Japon, Estonie, Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Serbie, Hongrie, Suisse, Bulgarie, et Belgique sauf erreur ou omission) et 37 troupes des quatre coins de la Turquie. Ce qui démontre à la fois l'étendue du pays et la vitalité du théâtre universitaire là-bas.

Festival IstanbulRevers de la médaille de ce gigantisme, il était difficile, voire impossible, de voir ou croiser d'autres troupes. A cela, plusieurs raisons : la dispersion des lieux d'hébergement, la brièveté du séjour de chaque groupe (3 jours; le TURLg, échappant à la règle, est resté, lui, 5 jours, en juste retour du RITU), l'éloignement géographique des 6 salles utilisées, la coïncidence fréquente des heures de plusieurs spectacles du même jour, les mémorables embouteillages du trafic stambouliote... Même le coordinateur en chef, Umit, m'avouait ne pas avoir pu voir tous ses invités ; et cela, malgré une organisation rigoureuse et richement encadrée par une armée de bénévoles (volunteers) attentifs et disponibles.

Mes collègues de l'AITU, Jean-Marc Larrue (Valleyfield-Montréal), Françoise Odin (Lyon) et Karin Freymeyer (Bochum) qui, eux, ont pu participer au symposium organisé la première semaine sur "La Formation théâtrale" (pendant ce temps, nous jouions, nous, à Timisoara) m'avaient déjà prévenu par e-mail à leur retour (avant notre départ de Liège) de cet état de fait. Nous n'avons pu que constater qu'ils avaient raison, et nous sommes bel et bien restés sur notre faim quant aux contacts avec les autres théâtreux universitaires invités. Nous avons bien participé à un Festival-évènement mastodonte, pas à une Rencontre, comme celles que nous avons coutume d'écumer dans nos tournées habituelles.

En revanche, ce séjour nous permit au moins de rencontrer l'aimable Consul-Général de Belgique à Istanbul, Monsieur François del Marmol, qui nous fit l'honneur et le plaisir de nous convier à un sympathique raout sur la terrasse ensoleillée du Consulat, en compagnie d'élèves de PARTS (la fameuse école de Anne Teresa de Keersmaeker) présente elle aussi pour des représentations dans un autre cadre à Istanbul. Encore merci pour sa chaleureuse réception et son excellent buffet.Réception du Consul

On l'aura compris : peu à dire finalement de ce festival sur le plan théâtre, sinon que le seul spectacle que j'ai pu voir (Cholera Street, par le Bahcesehir University Musical Company au Garajistanbul) m'a permis d'apprécier la qualité de jeu générale des acteurs.

Quant au TURLg, il devait à l'origine, amener son Si tu m'aimes.... Il fallut le remplacer au pied levé... pour cause de pied cassé à notre déjà demi-directrice bien aimée, par Communication à une académie de Kafka, qui nous permettait de ne rien changer dans les billets d'avion : la même équipe peut en effet assurer les deux spectacles. C'est aussi ça le TURLg : polyvalence et mobilité ! Nous pouvons affirmer que, le sa. 15/5 à 17h30, le succès fut au rendez-vous, une fois de plus, malgré la redoutable barrière de la langue : pas mal de spectateurs nous en ont assuré, en nous disant "brillants", et notamment en souhaitant nous revoir l'année prochaine.

Mais ça, c'est une autre histoire, qui nous échappe totalement. Les organisateurs eux-mêmes ne peuvent pas encore nous affirmer qu'ils pourront renouveler l'expérience, une fois épuisée la confortable manne que leur a valu Istanbul 2010 Avrupa Kültür Baskenti (Capitale Européenne de la Culture). Inch'Allah, Atatürk, et tous les autres, donc !

Nous caressons quand même l'espoir de participer l'année prochaine, en tout cas, au festival d'Ordu (toujours en Turquie), dont nous avons dû refuser, cette année, l'invitation pourtant insistante, par manque de temps dans notre lourd agenda.

Quelques nouvelles menaces du fameux nuage islandais ne nous empêchèrent pas de regagner Liège - et ses frimas - le lundi 17 mai.

Pour conclure, je prends plaisir à remercier encore Ümit et toute son équipe; sans oublier le WBI qui a bien voulu couvrir, cette fois, nos frais de voyage (le caractère très officiel de ces échanges européens 2010 n'y est sans doute pas pour rien...).

On ne peut que souhaiter - malgré tout - longue vie à ce premier festival international de théâtre universitaire chez nos amis turcs.

Tesekkürler

Robert Germay

PS: Dans deux semaines, un nouveau choc thermique attend Kafka au Sénégal, du 1er au 11 juin. Il faut de la santé, j'vous jure...

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Excursion de Godot à Metz : Festival d'arts vivants, Actor's Café, 8-11 mai 2010

18 Mai 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Ile du Saulcy

Les photos

Saut de puce quant à la distance, et excursion quant à la durée, cette sortie de Godot chez nos messins voisins était une maigre consolation par rapport à la longue et intense tournée au Québec, ... ratée voici peu pour cause de nuage islandais agressif. Mais consolation quand même, par la qualité de l'accueil et les excellentes conditions techniques de cette belle salle de l'Espace Bernard-Marie Koltès, sur la pittoresque île du Saulcy.

L'équipe du Dernier Godot (Vincent, David - les frères Coppola - et Renaud), arrivée le vendredi 7 mai, était rejointe, en plein travail de montage, le samedi 8 après-midi, par un Chef, rentré la veille de Timisoara. Aide très efficace des régisseurs locaux, espace idéal pour notre spectacle et, à 20 heures, représentation correcte et, semble-t'il, bien reçue par le public.

Hélas, pas grand'chose à dire de plus sur le festival, puisque nous repartions déjà le dimanche matin : nous ne sommes pas coutumiers du fait, mais ça arrive parfois.

Sous des dehors plutôt chaotiques de fête estudiantesque, l'organiation (du programme artistique à l'hébergement, en passant par le "catering") s'est révélée solide, sans faille et "à bras ouverts".

Ce fut un plaisir de retrouver Nicolas Tisserand, Sarah Helleringer, étudiants organisateurs que nous avions reçus en observateurs au dernier RITU. Sans parler de notre vieux complice (et non pas...), Alain Billon, responsable, e.a., de la programmation du Théâtre du Saulcy. Mercis chaleureux à toute l'équipe.Robert et Nicolas

Notre équipe à nous regrette, elle, d'avoir dû abandonner si tôt une croisière qui s'annonçait pourtant formidable. Une prochaine fois ?

Comme dirait Henri devant sa poule au pot, "Le TURLg vaut bien une Metz" ?

Robert Germay

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3ème FIFITUT (Festival International Francophone d'Improvisation et de Théâtre Universitaire de Timisoara), 4-7 mai 2010 : succès pour "Poivre de Cayenne"

10 Mai 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

affiche

Les photos

On pourrait aussi intituler ce blog "La série noire continue... quand y a du Wathelet dans l'air".

Rappelez-vous : la famille Wathelet ayant égaré le passeport d'Antoine (le fils n° ?), c'est une équipe incomplète qui partait à Marrakech la semaine dernière. Cette fois, c'est le réveil que la famille a, semble-t-il, perdu !

Le départ de Liège était prévu à 6h30, l'avion pour notre escale de Vienne vers Timisoara décollant à 10h25 de Zaventem. A 7 h, Antoine Wathelet, notre régisseur d'occasion (sic!), émergeait chez lui d'un injuste sommeil grâce à mon coup de téléphone outré. A 8h, son père, le Pierre, pourtant TURLgien confirmé, lui, dormait toujours, insensible au téléphone et à mes coups de sonnette rageurs en bas de son chez lui à lui. Il fallut qu'un voisin, innocent pourtant (je pèse mes mots), aille rudement le sortir de sa paillasse.

Imaginez alors la course vers l'aéroport, dans les inévitables bouchons de l'heure de pointe. Il y a des jours, je me demande ce que j'ai fait au vieux Barbu... ? Pas étonnant que dans Poivre de Cayenne, où il interprète Cassius, cet âne bâté de Pierre Wathelet (retenez le nom !) fasse dire à son personnage dans une de ses répliques qu'il a oublié la fin de la célèbre phrase Shakespearienne : "Il y a quelque chose de pourri au royaume de... du... de...". C'est dans sa tête à lui que ça pourrit !!! Bref, ambiance.

Michael et DenissaHeureusement, deux avions plus tard, à 15h35 heure locale, une météo tropicale et un Michael Morosini, gentil-organisateur-cheville-ouvrière-du-FIFITUT, nous accueillaient cordialement à l'aéroport de Timisoara.

Aux dires de son responsable, cette 3ème édition de FIFITUT a subi, comme tant d'autres manifestations culturelles, des coupes sombres dans le budget, et, en effet, nous avons pu constater que moins de troupes étaient présentes. Nous avons aussi remarqué l'absence, apparemment définitive, d'une lectrice belge du WBI ; exit Madame Letertre. Tout fout l'camp, ma bonne dame ! Mais sa présence, l'année dernière, ne nous avait pas valu plus d'intervention ministérielle dans nos frais de voyage que cette année : nada, quedalle, tintin ! Alors...

Cela n'a pas empêché de retrouver la même sympathique ambiance bon enfant, de ces improvisateurs déchaînés, toujours coachés par Richard Pineault. Cela n'a pas empêché non plus la chaleur et la convivialité de l'accueil que nous ont réservés Michaël et sa compagne Dorota, ainsi que Denissa, responsable de l'Hexagone (Association des étudiants francophiles de Timisoara - eh oui!, ils ont ça!), coorganisatrice de l'évènement. Même le logement s'était amélioré, grâce aux travaux commencés l'année dernière dans "notre" résidence, aujourd'hui terminés.

Pour rappel, on me dit que quelque 50.000 étudiants logent/vivent dans ce Complex Studentesc où on ne compte plus les blocs de résidences, ni, heureusement, les bistrots, restaurants et autres supérettes. On est ici très loin du Sart Tilman...

Pour ne pas radoter, je vous renvoie ici à notre blog du 16 avril 2009, narrant par le menu notre tournée avec Kafka à FIFITUT 2.

J'allais oublier : notre Poivre de Cayenne connut un vif succès ! Décidément, Timisoara est une ville bien séduisante.

Merci à tous ceux et celles qui nous l'ont fait apprécier.

Robert Germay

(PS : les Wathelet étaient à l'heure pour l'avion du retour. Il est vrai que c'était l'après-midi...)

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Internationales Studententheaterfestival de Sarrebruck, 24-29 avril 2010

7 Mai 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

 

ChateauPour la deuxième fois consécutive, le TURLg a participé à l’Internationales Studenten Theater Festival de Sarrebruck, en Allemagne. C’est avec plaisir que la troupe du Miroir aux Camisoles s’y est rendue pour sa première représentation à l’étranger.

Ce festival, organisé par la troupe universitaire de Sarrebruck en collaboration de avec l’ASBL Arteatro, présentait un alliage de différentes cultures : allemande – évidemment, française – proximité géographique oblige, et catalane – pour des raisons qui nous ont échappé , avouons-le.

Toujours est-il que le voyage a été très agréable.

La première bonne surprise a été l’absence totale d’accent allemand chez l’étudiante qui devait nous accueillir et nous encadrer… En effet, Herrade est française et était à Sarrebruck pour une année d’études. Le problème de la langue a donc été vite résolu. De plus, Herrade s’est fait un plaisir de nous faire visiter la ville, fort jolie d’ailleurs !

La visite nous a permis de rencontrer également Nicolas de l’ASBL Arteatro ainsi que les professeures auxquelles nous devions notre présence. Merci à lui ! Merci à elles !

La seconde bonne surprise a été le confort de l’auberge de jeunesse dans laquelle nous logions. Bien que deux de nos comédiens aient trouvé une inconnue dans leur lit en rentrant le mardi soir ! Bref…

Troisième bonne surprise : la découverte du cadre dans lequel nous allions jouer, un lieu qu’Herrade appelait « le château ». Pas mal, hein ?

Bon, en fait, on jouait dans la cave et d’ailleurs, la salle s’appelle « schlosskeller », « la cave du château », donc. Dès notre arrivée dans cette salle, nous avons compris que l’adaptation technique nous ferait suer. Mais nous avons quand-même pu profiter des spectacles du soir.

Le premier spectacle, EPIKUNDMAJESTIK (le tout en majuscules, si, si !), était une performance (la dénomination est de la troupe) du « Grupe Pèl Capell » de Majorque. Il s’agissait principalement de lectures de textes divers en anglais, français et catalan qui nous ont laissé plutôt sceptique. Disons que nous avons moyennement apprécié la performance. Ah ! ah !

La seconde pièce de la soirée – disons plutôt le second spectacle mais la première pièce – était All In The Timing de David Ives, interprétée par la troupe anglophone des étudiants de Sarrebruck. Là, nous avons été conquis. La pièce est une succession de sketches à l’humour moderne et un brin décalé qui a été très bien jouée par des étudiants maîtrisant parfaitement la langue anglaise. Chapeau !

Le mercredi, jour de notre représentation, nous avons évidemment passé le plus gros de la journée à nous adapter à la salle. Sans trop nous énerver d’ailleurs ! Peut-être parce que nous avions pris le soleil pendant la matinée ?

Finalement, nos efforts (surtout ceux de notre régisseur) et notre calme (vraiment collectif) ont payé ! Le public, francophone ou non, a vraiment apprécié notre prestation et notre voyage s’est clôturé sur un tonnerre d’applaudissements (hum ! en toute modestie) suivi d’une cascade de boissons diverses et variées agrémentées de conversation artistique.

Que demande le peuple ? Des tournées ! des tournées !

Christelle Burton

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4e Festival International du Théâtre Universitaire, Marrakech (FITUM), 26-29 avril 2010

4 Mai 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

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Les photos

La série d'incidents/accidents semblait bien vouloir continuer pour le TURLg, quand Antoine Wathelet fut refoulé à l'aéroport de Bruxelles pour manque de passeport, le dimanche 25 avril. Ne nous étendons pas sur le fait qu'on savait ce passeport égaré depuis le dernier rangement domestique Wathelesien, il y a 6 mois ; n'épiloguons pas sur la question du "pourquoi un passeport est encore nécessaire pour le Maroc... sauf quand on voyage avec une agence de tourisme" ; disons seulement que le Chef, qui devait rejoindre la "troupe" (réduite donc à Pierre, le père indigne, et Bruno) le ma. 27 (délai obligé par une tournée - annulée - au Québec !), le Chef, donc, allait devoir assurer seul la régie son et lumière pour la représentation de Poivre de Cayenne, le me. 28 à 17h30. Enfin, là-bas, rien n'est de toute façon, jamais si simple ni vraiment à l'heure.

Quoi qu'il en soit, nous vainquîmes donc allègrement ces petits embarras coutumiers du "Sud de la Loire", et notre prestation fut un succès.

Pensez donc, 4 nominations et un prix ! (Il ne nous manque quasiment qu'une nomination pour l'interprétation féminine !)*.

Des points communs entre l'ex-Bloc de l'Est et le Maroc ? Les problèmes de robinetterie dans les hébergements, et les Con-cours dans les Festivals de TU.

On connaît ma position inébranlable sur la question : jamais nous n'avons progressé dans notre travail grâce à des concours. Ceux-ci sont déplacés dans le cadre du théâtre amateur en général, et universitaire en particulier : nous ne sommes ni une école qui doit distribuer des prix, ni des commerciaux qui en ont besoin pour le développement de leurs affaires. Ces "distributions de prix", pâles copies de mœurs Hollywoodiennes font, pour moi, moins de bien que de dégâts, quelles que soient les décisions ou les qualifications du jury : elles ne peuvent que décevoir tous les perdants, et/ou, pire encore, encourager la stagnation des gagnants...

Sur sa longue histoire, le TURLg n'est pas en manque de prix, glanés ci et là dans ce genre de Con-cours, qui, hélas, sont la règle dans certaines cultures. Ça ne m'empêche pas d'être contre le principe, à tout prix ! (c'est le cas de le dire). Les Rencontres internationales sont, d'abord, surtout, et par principe déjà, une occasion de découvrir le travail des autres et d'y mesurer le sien : tous les théâtres universitaires sont tellement différents d'un continent, d'un pays, d'une université à l'autre (tant par les moyens humains, techniques ou financiers) qu'il me paraît vain, impossible, voir néfaste et pervers de les juger, en plus, sur des critères généraux, clichés, tels que les prix que l'on copie bêtement sur un certain monde professionnel. Car c'est bien le pire qui puisse arriver au Théâtre universitaire : c'est de chercher à imiter le théâtre professionnel. Cela dit, chaque organisation reste, ma foi, maître chez elle, et cela n'empêchera pas le TU de se développer, de toute façon. Ce que j'en dis...

Revenons donc à l'essentiel : la réussite globale du "Festival" de Marrakech. Succès d'abord par la diversité des troupes nationales présentées : Marrakech (Fac de Droit et Fac des Sciences), Casablanca (Fac des Lettres Ben M'Sik et Fac des lettre Ain Chouk), Tanger (ENCG), Oujda (Fac de lettres) et Agadir (EHT). Le reste du Monde arabe était présent avec l'Irak (Université Moussel) et nos vieux amis de Batna (Algérie), déjà rencontrés naguère à Monastir. L'Europe, elle, débarquait avec le TURLg et, d'autres vieilles connaissances, Paris X Nanterre, qui ont déjà participé à RITU-Liège.

Nous avons découvert l'intéressant plateau du pittoresque Théâtre Royal, et re-découvert le Théâtre Dar Takafa, que nous connaissions déjà pour y avoir présenté Le Joueur de flûte en novembre 2008 (il est vrai, dans le cadre d'un autre évènement marrakchi, le 2ème RITM : Rencontre Internationale du Théâtre de Marrakech, Festival IMGP2799des Jeunes Créateurs).

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire pour le récent Festival de Fès, ces manifestations prouvent, on ne peut mieux, le grand dynamisme du Théâtre universitaire arabe en général et marocain en particulier. Je forme le vœu que la quantité stimule la qualité, et que le MOT Théâtre ne prenne jamais le pas sur l'acte théâtral. Inch'Dionysos !

Comme toujours, l'accueil marocain était exemplaire par sa chaleur (je ne parle pas des 37 degrés de la météo!) et par le dévouement d'une équipe nombreuse et efficace, dirigée par un Abdou Faïk attentif et en grande forme. La Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de l'Université Cadi Ayyad n'a pas ménagé ses peines pour nous loger et nous nourrir très correctement : merci à l'organisation.

IMGP2842Architecturalement, le monde compte des places remarquables, par un aspect ou un autre : Bruxelles, Cracovie, Moscou, Buenos-Aires, Sienne, Rome, Vilnius, Florence, Londres... Mais je crois pouvoir dire que la place Jamaa el Fna reste à jamais la plus épastrouillante, la plus singulière, de toutes celles que j'ai vues, de jour comme de nuit...

C'est pas tout ça : demain 7h du mat', en route pour Timisoara !

Robert Germay

 

* Personnellement, je trouve que la combinaison rouge l'aurait méritée... (Monique)

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Après le coup de théâtre de Fès, un incident diplomatique : l'Islande torpille notre tournée au Québec, qui attendait Godot

19 Avril 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

 

Nuage islandais La loi des séries ? La semaine dernière, un accident nous empêchait de jouer au Maroc (voir notre dernier blog). Cette fois, nous ne sommes même pas partis ! A cause d'une poignée d'Islandais qui ne sont pas capables d'entretenir un minimum leurs volcans... Ça s'ramone de temps en temps ça, non ? Y a pas d'justice ma bonne dame. L'invitation de Jean-Marc Larrue à ses 14e Fêtes du Suroit à Valleyfield (QUE) (20-26 avril 2010) datait d'un an; le successeur de Luis Thénon, Robert Faguy, Directeur du LANTISS de l'Université Laval nous proposait de jouer le ma. 20 dans sa belle salle à Québec; Monsieur Charles Houard, notre Délégué Wallonie-Bruxelles International (WBI) à Québec y avait fait une publicité d'enfer et son épouse, préparé nos chambres; nos sympathiques amis Michèle Dion et Pierre Legris nous attendaient de pied plus ferme que ça tu meurs dans leur salle du CÉGEP de Trois-Rivières pour le je. 22; et, enfin, Julie Durandeau et l'équipe de Jean-Marc Larrue brûlaient d'impatience de nous ouvrir la grande salle du Collège de Valleyfield le sa. 24... Lorsque, bardaf et patatras, un bête nuage islandais vient clouer NOTRE avion au sol !

Dimanche 18, jour de notre départ : aéroport de Roissy fermé, et vols d'Air France annulés. Réouverture au plus tôt le lundi 19. Et du coup, tous les autres vols deviennent prioritaires, et plus de places (assises) dans les avions avant le vendredi 23 ! Cloués au sol ! Comme des punaises. Le bordel, quoi !

La prochaine fois, nous prendrons le temps et le bateau (s'il ne s'appelle pas Tita

 

nic II).

En attendant, le Québec attend toujours notre Godot ! To God ?

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Avec l'espoir que ça volera... l'année prochaine, je persiste et signe,

Votre dépité, catastrophé, embêté, ennuyé, désolé, ravagé, affligé, embarrassé, énervé, triste et inconsolable,

Robert Germay

(PS : Empêché de jouer par un nuage, ça, c'est une première ! Un petit historique de nos empêchements de jouer en rond, en quarante ans de tournées internationales :

- en février 1979, nous (le Théâtre des Germanistes, à l'époque) devions jouer Mugnog-Kinder à l'Université d'Anvers (RUCA), et une panne de minibus (loué) nous a fait perdre 6 heures à 50 kms du but. Nous sommes arrivés... lorsque le dernier spectateur venait de perdre patience et de partir. Déception générale.

- en mars 1993, nous devions présenter Ein Fest bei Papadakis à Göppingen (D), et deux comédiennes étourdies ont raté l'arrêt du train en gare de Göppingen. A la fin de leur périple allemand, retour - enfin - à Göppingen, l'heure de la représentation était passée de 3 plombes. Confusion et rouge de la honte.

- en avril 2006, à Cracovie, un comédien qui devait jouer dans Poivre de Cayenne est pris d'angoisses métaphysiques et d'une violente dépression qui obligent son retour à Liège en catastrophe. Angoisse et congés maladies.

- en 2010, à Fès, Dominique/Monique se casse le pied 20 minutes avant de le poser sur scène. Hôpital et béquilles.

- et, 2010 toujours : nuage réputé mordant. Catastrophe naturelle.

Sur le nombre aujourd'hui incalculable de nos tournées, le "déchet" n'est finalement pas excessif, somme toute.

PS 2 : Nous devons partir la semaine prochaine (26-29 avril) à Marrakech. Volera-ce ? Et idem pour début mai : Roumanie et Turquie ? Comme dirait le grand Victor : "Non, l'avenir n'est à personne, Sire, l'avenir est à Dieu".

PS 3 : Ces Islandais ne sont pas raisonnables. Quand on affuble un volcan d'un nom aussi barbare que Eyjafjalajokull, on doit s'attendre à ce qu'il se fâche et érupte un jour, non ? Le Mexicain Popocatepetl pose quand même moins de problèmes...

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Le TURLg au 5e FTUF(Festival de Théâtre Universitaire de Fès) : un vrai coup de théâtre !

14 Avril 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

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theatre Fes

Il y a 22 ans (sic - les initiés comprendront), en juillet 1988, le TULg (alors sans son R royal) participait au tout premier Festival International de Théâtre Universitaire organisé au Maroc, par la Faculté Ben'Msik de l'Université de Casablanca. C'était avec son Rosencrantz et Guildenstern sont morts, de glorieuse mémoire. Le FITUC nous décerna alors le beau titre de "Cofondateur" de l'évènement. Et pendant une bonne dizaine d'années, nous fûmes des fidèles de cette aventure théâtrale... jusqu'à ce que, hélas, sans doute victime d'un gigantisme galopant et ingérable, elle devint plutôt invivable pour des hôtes (comme nous) qui en avaient vécu les excitants débuts.

En 1998, le Festival, alors tout frais, de Monastir, offrait aux accros du Maghreb que nous étions devenus, une belle occasion de découvrir la Tunisie et ce, à plusieurs reprises ensuite. Sans doute en conséquence de la perte de vitesse (du chaos ?) que vivait le FITUC(asablanca), on vit éclore une ribambelle de nouveaux festivals universitaires en terre marocaine, de Fès à Marrakech, en passant par Agadir, Tanger et Oujda, ceci dit dans un beau désordre chronologique (par parenthèse, qu'on se rassure : le Festival de Casa existe toujours bel et bien, et semble reprendre du poil de la bête : va falloir y raller voir...!). Tout cela prouve bien le grand dynamisme du théâtre universitaire marocain, aujourd'hui plus encore qu'hier. D'ailleurs, je ne compte plus le nombre de jeunes que j'ai connus à Casa in illo tempore, qui sont aujourd'hui devenus des valeurs sûres et confirmées parmi les responsables actuels du paysage théâtral marocain.

Pardon pour ce long préambule historique, et revenons à nos dromadaires : c'est avec plaisir que nous acceptions, cette année, notre deuxième invitation à participer au 5e Festival de TU de Fès. Celle de l'an 2009 dernier avait été plutôt secouée : nous devions alors y présenter notre Si tu m'aimes, mais des raisons indépendantes de notre volonté nous contraignaient à y envoyer, en catastrophe, notre tout aussi fameux Kafka et sa Communication à une académie (voir notre blog)

L'occasion était donc rêvée de réparer en emmenant, cette fois et enfin, Hans Sachs et sa farce. Nous ne croyions pas si bien dire : farce ?

Le mercredi 7 avril (Journée de la santé, d'après mon agenda Succès!), tout alla bien jusqu'à Casablanca, où la Royal Air Maroc (RAM) nous amenait vers les 16 heures. Attente normale de la correspondance pour Fès prévue à 23h20. C'est là que l'imprévue panne d'avion à hélices, hélas, c'est là qu'est l'os, nous fit craindre de devoir continuer à la rame (sans la RAM, waf, waf!). Après avoir vu décoller, sous nos yeux fatigués et en moins d'une heure, successivement les coucous pour Agadir, Marrakech, Tanger, Oujda, etc., on nous annonça qu'on allait peut-être pouvoir réparer notre machine volante dans un temps plus ou moins long/court... pour, finalement, nous embarquer dans un autocar à quelque 3 heures du matin.

Ce qui nous mit à Fès (endolori(e)s) vers les 7h30 du matin du jeudi. Heureusement, l'efficacité de l'organisation du FTUF(ès), elle, ne fut pas prise en défaut, car un autre bus, universitaire celui-là, nous attendait patiemment à l'aéroport de Fès (c'est beau ça, non ?), pour nous conduire, enfin, à l'hôtel Wassim, dont nous avons pu apprécier le grand confort, qui n'avait d'égal que notre belle fatigue.

Le repos fut très bref toutefois, car un programme chargé nous attendait : 4 spectacles par jour !

Et tout alla bien jusqu'à ce que, le vendredi, 20 minutes avant d'entrer en scène, Dominique/Monique, profitant d'un moment d'absence du Chef/René son mari, trébuche dans les escaliers de la salle... et se casse un os du pied gauche. Ou comment réduire 1/2 directrice à 1/10, à peine...

Nous avons donc dû déclarer forfait et annoncer, avec le plus d'humour possible, à une foule nombreuse de spectateurs, notre drame et notre confusion. Pour une fois qu'une troupe était prête à l'heure, voilà qu'elle ne peut pas jouer ! Et, qui plus est, la même pièce que celle qui avait déjà dû être décommandée l'année dernière. Non seulement Dominique, mais Allah aussi, devait être distrait... Un acte manqué ?

Bref, il fallait plâtrer ! Heureusement, notre cher Rachid Bellitir, ex-toujours-Turlgien, venait d'arriver au galop de Kenitra sur son coursier (appelé Mercedes) et, avec un guide local fourni opportunément par l'organisation du festival, il put accompagner la blessée au CHU local, où toutes les portes, armoires et salles d'opération s'ouvrirent aisément grâce au Sésame du Président de l'Université, Monsieur Esserrhini Farissi, en personne. C'est aussi grâce à son intervention énergique et efficace que je pouvais, le lendemain, trouver des béquilles pour notre handicapée. Et après ce beau coup de théâtre, le TURLg reprenait déjà l'avion le dimanche matin à 5h45, pour rentrer, cette fois sans encombre, à Bruxelles à 13h20…du même jour cette fois.Président

Quant au FTUF, il devait se terminer le dimanche seulement, mais sans nous, donc.

La programmation du festival offrait un bel aperçu de la vitalité du théâtre au Maghreb, avec des spectacles de Fès, Marrakech, Casablanca et Monastir, mais aussi du monde arabe au sens large avec l'Arabie Saoudite, l'Iraq, la Syrie, le Liban, le Sultanat d'Oman et l'Egypte. L'occident était représenté par le Québec (Montréal), les Pays-Bas (Rotterdam, mais non-universitaire) et la Belgique (le TURLiège). Une belle diversité, une belle richesse, mais aussi une belle bousculade de devoir caser tous ces spectacles dans une seule et même salle, à l'équipement technique plutôt sommaire, il faut le dire.

Ceci dit, comme toujours sous ces latitudes, le public vient nombreux, mais il ne vient pas à l'heure annoncée dans le programme, mais à l'heure supposée possible du début du spectacle, ce qui arrange tout. Comme, de plus, on entre et on sort allègrement de la salle comme d'un hall de gare, tout se déroule finalement fort bien.

Une table ronde sur "Le Théâtre universitaire arabe" rassemblant une bonne trentaine de « théâtreux » m'a confirmé la belle vigueur du théâtre universitaire de toutes ces contrées, et, le Président fondateur de l'AITU (Association Internationale du Théâtre à l'Université) que je suis, ne peut que se réjouir de voir leur volonté de créer/consolider/officialiser un réseau des TU du Monde arabe. Je nourris l'espoir que nous pourrons entretenir avec cette nouvelle Fédération les meilleurs rapports.

Je fus long. Concluons.

Said NajiLe TURLg, son Chef, et, tout particulièrement le 1/10e de ce qui reste de sa 1/2 directrice, remercient vivement l'Université de Fès en la personne de son Président, M. Farissi, et en la personne de Saïd Naji, Secrétaire général, qui dirige de main de maître (comme un Chef, quoi) une imposante et chaleureuse équipe de dévoué(e)s collaborateurs/trices.

On y retournerait bien... essayer de présenter pour une troisième fois notre pièce... s'ils nous aiment?

Robert Germay

    Note de Dominique/Monique : à ce qu'on m'a raconté, le Chef a même lancé des chocolats Galler à la foule en délire! qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour se faire pardonner...

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Szeged et son 12e FTUF (Egyetemisták francia nyelvű színházi festiválja, comme on vous l'dit...), 24-28 mars 2010

31 Mars 2010 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées


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Affiche festivalPour la troisième année consécutive, après Calling you (2008), Communication à une académie et Le Citoyen général (2009), le TURLg participait, du 24 au 28 mars 2010, au Festival de Théâtre Universitaire Francophone, organisé pour la 12e fois à Szeged, petite ville hongroise, non loin de la frontière roumaine et de Timisoara (où nous serons d'ailleurs en mai prochain, à nouveau). Cette fois c'est Cayenne bors (Poivre de Cayenne, pour les ignares) qui était du voyage, dans les valises (au propre et au figuré) de Pierre Wathelet et Bruno Reinbold comme bagnards, d'Antoine, fils de Pierre, comme régisseur/dépanneur, et de votre serviteur, coutumier Chef, qui allait participer personnellement à ce Ftuf pour la première fois, empêché qu'il avait été lors des autres éditions.

Coup de bol pour moi donc, car, aux dires de mes compagnons vieux habitués des lieux, les conditions d'accueil (logement et nourriture) s'étaient considérablement améliorées depuis l'année dernière. En mon honneur ? Sans aucun doute...!

En effet, pour sportif qu'il soit, le Tisza Sport Hotel remplaçait avantageusement - me dit-on - les anciens baraquements dont on m'avait vanté le redoutable inconfort d'antan. Je ne me suis en tout cas pas plaint du lit, qui me reposa, ni de la nourriture, qui nous restaura pendant notre séjour. Fallait juste bien retrouver les toilettes et les douches spartiates dans cet interminable couloir d'avant la chute du mur.

Si j'ai bien tout compris, cette rencontre internationale est organisée principalement et conjointement par l'Alliance française (Kriztina Kimpian, Hugo Duhayon) et Wallonie-Bruxelles-International (WBI), représentée par notre Lectrice belge, Vanessa Crine. Cette dernière se dépense en tout cas sans compter, et se coupe tant en quatre qu'on s'étonne de la voir encore debout et entière le dernier soir. Quant à WBI, non content de "sponsoriser" le festival, il est aussi intervenu financièrement dans nos frais de voyage : grand merci à Madame Fabienne Cooreman.

On sait que le théâtre peut être un bon outil pour apprendre une langue, et c'est toujours étonnant de voir s'exprimer en français tant de jeunes d'origines les plus diverses (ici des croates, hongrois, ukrainiens, slovènes, serbes et espagnols): autant de défenseurs de la langue et de la culture françaises. On sait toutefois aussi que la langue n'est pas le seul outil pour apprendre/faire du - bon - théâtre.

Comme vieux routiers que nous sommes des nombreux festivals de théâtre universitaire francophone dont le bon vieil Est a le secret, nous en avons souvent eu la preuve, et, hélas, Szeged ne fait pas exception à la "règle".

Je me contenterai donc d'en dire que nous fûmes ravis de rencontrer de vieux amis de Kiev (qui connut jadis un excellent festival du même type) qui nous présentèrent une mise en scène très intéressante, certes, mais aussi très peu aboutie du Petit Prince. Qu'à cela ne tienne, le plaisir des retrouvailles, force Vodka ukrainienne à l'appui, s'est suffi à lui-même.

Il faut dire aussi que le club Jate, véritable quartier général du festival, pour sympa qu'il soit, ne propose aux troupes que les conditions techniques d'une... discothèque. Et, tout comme la plus belle femme du monde, une scène à DJ ne peut offrir que ce qu'elle a, en l'occurence, pas de quoi révolutionner le paysage et/ou l'esthétique du Théâtre...!IMGP2620

Ceci dit, personne ne peut se plaindre de l'ambiance généralement très conviviale de la manifestation, et je terminerai en remerciant et félicitant les organisateurs (tout particulièrement Vanessa Crine, Hugo Duhayon et leurs mignonnes "petites mains" Eniko et Eva) qui font de leur mieux pour assurer à leurs hôtes un séjour agréable.

Enfin, il faut souhaiter que le WBI continue à les aider dans leur acrobatique entreprise.

A plus ?

Robert Germay

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