DU RAPPORT ARTS ET SCIENCES 3/5 - Le gaz (ce n'est pas ce que vous croyez...)
Le gaz apporta, à la fin du XVIIIe siècle, aux citoyens, mais dès lors aussi aux théâtres, une considérable amélioration des techniques d’éclairage : la lumière diffuse et générale qu’apportait la bougie (comme autrefois la lampe à huile), pouvait faire place à des points d’éclairages individuels : des becs de gaz, alimentés chacun séparément par un tuyau amenant le gaz, qui brûlait, là où on le souhaitait, et dont la flamme était commandée en intensité variable grâce à un robinet réglant le débit selon les besoins du lieu et du moment, bref, de la mise en scène.
La première conséquence importante fut que l’on pouvait désormais séparer la scène de la salle par la lumière : la scène seule serait éclairée pendant la pièce, et la salle, donc les spectateurs, plongés dans le noir. Ce qu’on a appelé « le quatrième mur » était né : un mur invisible séparant la scène et la salle aussi efficacement parfois qu’un rideau – rouge. Par parenthèse, le théâtre du XXe siècle allait, par des théories esthétiques nouvelles, tout mettre en œuvre pour abattre ce quatrième mur, devenu obsolète et intempestif aux yeux des dramaturges de la modernité, et bientôt de la post-modernité.
Une autre conséquence de taille concerne l’éclairage de la scène elle-même : on pourrait, enfin, réaliser des « jeux de lumière » volontairement variés à souhait, comme des effets de nuit tombante, de clair-obscur, éclairage a giorno , isolement de coins particuliers de la scène par opposition à d’autres laissés dans la pénombre, bref, de vraies « mises en scène » de la lumière. À cet effet, un nombre considérable de tuyaux à gaz, munis de robinets ad hoc, furent systématiquement installés en un point concentré dans les coulisses, d’où le « régisseur » pouvait à loisir envoyer le gaz, donc la lumière, partout où brûlait, indépendant, un bec. Cette installation imposante de tubes accrochés à un mur du théâtre faisait ainsi penser à de grandes orgues. Le nom est resté. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore les pupitres électroniques de plus en plus sophistiqués et compacts installés dans les cabines de régie ou même emportés en tournée dans des valisettes continuent à s’appeler des « jeux d’orgue »... au demeurant bien discrets et silencieux.
La première conséquence importante fut que l’on pouvait désormais séparer la scène de la salle par la lumière : la scène seule serait éclairée pendant la pièce, et la salle, donc les spectateurs, plongés dans le noir. Ce qu’on a appelé « le quatrième mur » était né : un mur invisible séparant la scène et la salle aussi efficacement parfois qu’un rideau – rouge. Par parenthèse, le théâtre du XXe siècle allait, par des théories esthétiques nouvelles, tout mettre en œuvre pour abattre ce quatrième mur, devenu obsolète et intempestif aux yeux des dramaturges de la modernité, et bientôt de la post-modernité.
Une autre conséquence de taille concerne l’éclairage de la scène elle-même : on pourrait, enfin, réaliser des « jeux de lumière » volontairement variés à souhait, comme des effets de nuit tombante, de clair-obscur, éclairage a giorno , isolement de coins particuliers de la scène par opposition à d’autres laissés dans la pénombre, bref, de vraies « mises en scène » de la lumière. À cet effet, un nombre considérable de tuyaux à gaz, munis de robinets ad hoc, furent systématiquement installés en un point concentré dans les coulisses, d’où le « régisseur » pouvait à loisir envoyer le gaz, donc la lumière, partout où brûlait, indépendant, un bec. Cette installation imposante de tubes accrochés à un mur du théâtre faisait ainsi penser à de grandes orgues. Le nom est resté. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore les pupitres électroniques de plus en plus sophistiqués et compacts installés dans les cabines de régie ou même emportés en tournée dans des valisettes continuent à s’appeler des « jeux d’orgue »... au demeurant bien discrets et silencieux.
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
/image%2F1273379%2F20160414%2Fob_4f05ae_enseigne.jpg)