Journée de réflexion Culture-Tourisme-Economie
Le 12 juin dernier, l'Echevinat de la Culture de la Ville de Liège organisait une table ronde sur la Culture à Liège, qui a réuni une bonne vingtaine d'acteurs culturels (voir notre blog, "Ca turbine", du 18/06/2007). Est-ce la proximité des vacances qui a joué, toujours est-il que la Province de Liège, elle, a organisé le 28 juin, au Château de Colonster, une "Journée de réflexion Culture-Tourisme-Economie" avec pour thème central : " la Culture et le Tourisme en Province de Liège sont-ils des clés du redéploiement ? ". On voit bien que l'ampleur du sujet exigeait un temps de discussion plus long, et qu'il devait attirer bien plus de monde, tant du côté des "cultureux" que de celui des "économiques". Et, en effet, quelque 200 personnes se sont retrouvées dans le somptueux site du Château de Colonster (pour la petite histoire, il a été ré-inauguré en l'état en 1967 par sa Majesté le Roi Baudouin, sous le règne du Recteur Marcel DUBUISSON).
Le travail était divisé, le matin, en 5 tables rondes, dont une traitait des questions suivantes : " Quels mécanismes pour faciliter l'apport du secteur culturel et touristique au développement économique ? Comment coordonner les activités culturelles en lien avec l'offre touristique, pour en faire une 'offre' économiquement porteuse ? ". Elle fut introduite par Roger DEHAYBE (voir notre blog, Rétroviseur 03/07/07), ancien administrateur général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie. Une soixantaine de participants l'avaient choisie et, parmi eux, Dominique DONNAY et Robert GERMAY, représentant le TURLg. Le travail de brainstorming, par petites tables (carrées) d'une dizaine de personnes, était animé, de manière très professionnelle, par des consultants de Ramboll Management Brussels, manifestement drillés à cet exercice.
Pour faire bref, les "attablés" devaient plancher sur des questions à la fois larges et précises, telles que : donner, chacun, deux points forts et deux points faibles de Liège (Ville et Province). Un rapporteur de chaque table présentait ensuite à tous une synthèse des résultats de ce tour de table.
Le résultat final de la confrontation des différentes groupes pourrait se résumer ainsi, tenant compte des avis les plus généralement émis :
Les points forts :
- la richesse et la diversité de Liège et sa Province tant sur le plan du patrimoine matériel qu'immatériel (abondance de propositions culturelles de tous niveaux)
- sa position géographique (Euregio, Grande Région, …) et le bon réseau des voies d'accès
Les points faibles :
- le manque de coordination/collaboration entre, d'une part, les différents acteurs culturels entre eux et, d'autre part, entre les pouvoirs organisateurs/subsidiants
- une certaine anarchie urbanistique, qui se manifeste aussi par endroits par un délabrement architectural, reflet d'un délabrement socio-économique
Tout ceci étant mis sur le compte d'un manque de vision globale généralement pointé du doigt.
Un aspect positif ressort de cette manifestation même : on constate que le Culturel passe aujourd'hui pour un facteur (voire un vecteur) de l'Economique. Nous qui organisons depuis 1983 nos RITUs savons que " ça fait –aussi- marcher le commerce " : en retombées directes (argent !) ou indirectes (relations sociales). D'ailleurs, le Sommet de la Francophonie, récemment réuni à Johannesburg, déclarait la Culture comme un des quatre piliers du développement durable, et elle devient un des axes de réflexion dans toutes les gouvernances.
Le problème reste de passer du constat à la stratégie.
Nos inquiétudes restent, alors et toujours, que nous voyons peu disparaître la politique du jugement des "produits culturels" sur l'étiquette du "bocal" plutôt que sur son contenu (par exemple : étiquette amateur vs professionnel ; festivals vs tourisme ; théâtre vs enseignement, formation, etc.). Il manque encore bien des passerelles entre les différents pouvoirs et, à l'intérieur de ceux-ci, entre les différents services. En outre, une politique des "grands événements" – tels que la Ville, en particulier, les affectionne – risque toujours de se faire au détriment des "petits" pourtant si importants pour les publics de proximité, çàd pour la satisfaction des habitants, et pas seulement des touristes. Il devrait d'ailleurs y avoir un (des) moyen(s) de signaler aussi l'"autre" culture à leur attention.
Nous n'avons pas pu assister à la séance de l'après-midi, celle qui devait dégager des pistes : nous ne pouvons donc pas en parler.
Il reste que le besoin se fait sentir de grands projets fédérateurs : ceux-ci, à notre avis, doivent passer par une analyse nouvelle de répartition des budgets – donc des aides.
Demain la veille ? Ce sera difficile, puisque c'est un combat de pauvres.
RG
Le Château de Colonster, côté jardin
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