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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Le TURLG à SIBIU (Roumanie), ou La vie est nulle sans « ul(g) »

21 Novembre 2007 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

- Tiens, il fait beau !

- Ah, vous trouvez ?

- Mais calmez-vous Monsieur Bracke !

Texte prononcé par deux jeunes comédiennes roumaines pour introduire Comment calmer Monsieur Bracke  lors du Festival Ensemble en 2007.

 


Ce 28 octobre, le groupe de Comment calmer Monsieur Bracke ?  est parti à Sibiu, en Roumanie, pour participer au Festival « Ensemble en 2007 ».

Trente heures de car pour arriver au cœur de la Transylvanie, sous la pluie battante, par une nuit noire, la lune cachée par les nuages, à l’approche d’Halloween. Nous étions six, dont aucun n’avait déjà vu de ses yeux ces lointaines contrées, et nous pouvions nous attendre à tout, et particulièrement à ce que le car tombe en panne d’essence, nous obligeant à traverser la forêt et les brumes mouvantes pour nous rendre à cet étrange château, isolé de tout, que nous avions vu à quelque distance de la route. Nous pouvions nous attendre à être accueillis par un vieil original à l’accent caractéristique, qui nous aurait fait écouter le chant des enfants de la nuit avant de nous attribuer des chambres froides et inquiétantes, éloignées les unes des autres… Nous pouvions nous attendre à des nuits agitées…

Et à vrai dire, pour ce qui est des nuits agitées, nous n’avons pas été déçus.  

Pourtant, le car est arrivé sans encombre jusqu’à Sibiu, et point de vieux Comte pour nous accueillir… Au lieu de cela, Florentina, dont le français était impeccable, et le sourire avenant. En voyant l’auberge de jeunesse accueillante et conviviale, il fallut bien nous rendre à l’évidence : la sensation de film d’horreur s’arrêtait une fois passées les 30 heures de car.

Le festival, organisé par la Maison d’Ille et Vilaine de Sibiu, s’est déroulé les 1er et 2 novembre et a mis en présence six troupes qui jouaient en langue française, au théâtre Gong. Le premier jour, nous avons pu voir Adaptation pour quatre, de Bernard Maria Koltès, interprété par une troupe roumaine, suivi de Quatre pour le prix d’une, d'Anna Gavalda joué par une troupe lilloise, puis Au-delà du miroir, une création collective d’un lycée de Sibiu. Le second jour, la première pièce de la soirée, Les mangeuses de chocolat de Philippe Blasband a été présenté par une troupe ukrainienne. Puis le TURLg a enchaîné avec Comment calmer Monsieur Bracke ?  de Gérard Mordillat. Et enfin, une troupe roumaine a proposé son adaptation de Un mot pour un autre de Jean Tardieu.

« Ensemble en 2007 » avait pour but, au-delà de la rencontre théâtrale, de mettre les classes de la région de Sibiu en contact avec la langue française, et ainsi de promouvoir l’apprentissage de cette langue. De ce point de vue aussi, ce fut un beau succès. En effet, pour quatre des six troupes présentes, la langue de Molière (entre autres) n’était pas leur langue maternelle, et l’enthousiasme de ces étudiants à arpenter les planches en langue étrangère a attiré dans la salle un beau nombre d’élèves des environs.

Comme beaucoup de festivals, « Ensemble en 2007 » était aussi l’occasion de remettre des prix pour récompenser le travail des diverses troupes présentes. Ainsi, le prix du jeu d’acteurs a été remis à la troupe de Lille pour Quatre pour le prix d’une, celui de la mise en scène à la troupe ayant présenté Un mot pour un autre, récompensant aussi le choix audacieux de ce texte complexe pour des apprenants de la langue française. Le premier prix du festival a été remporté par le TURLg pour Comment calmer Monsieur Bracke ?.

Comme il se doit, le festival s’est conclu sur une grande fête conviviale à l’Art Café, haut lieu de la fête à Sibiu et QG temporaire des troupes pendant ces quelques jours, dont la salle encore fumante se souvient de notre passage.

Qu’évoquer encore de notre séjour à Sibiu, si ce n’est les fêtes quotidiennes à l’Art Café, les flâneries à des heures indues dans les rues de cette très jolie ville, qui laissent un goût de trop peu et une envie de revenir en touriste, un filage technique entre les échelles des éclairagistes, un trou dans la scène, le menuisier qui le réparait et les comédiens d’une autre pièce qui répétaient sur la même scène, et en même temps que nous – moment de stress, mais chouette souvenir en fin de compte… vivement les photos ! – la visite d’un marché aux puces au petit matin, les yeux embrumés par la fête, la rencontre entre Darth Vador et le cousin Firmin, les Kinder surprises où la surprise commence dès le chocolat ? Ah oui, et puis bien sûr, pour tous ceux qui n’ont jamais lu de roumain, et qui ont donc bien du mal à comprendre le titre de cet article, cette tendance de la langue roumaine à ajouter des terminaisons étranges à la fin des mots, ce qui met le visiteur belge de bonne humeur… Essayez, vous, d’aller acheter du vincon au magazinul sans rire !

 

David Homburg

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