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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Le FIFITUT existe ! Nous l'avons rencontré à Timisoara, 6-10 avril 2009

16 Avril 2009 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Ca se profère d'ailleurs ici comme un cri de supporter ou de manifestant : "Fifi-tutut ! Fifi-tutut! Fifi-tutut!"...

Pour la deuxième fois donc, le Festival International francophone d'Improvisation et de Théâtre Universitaire de Timisoara était organisé par l'Ambassade de France en Roumanie, et, plus particulièrement par son lecteur de français à Timisoara, Michaël Morosini, en partenariat avec l'Université de Timisoara, e.a.

L'essentiel du Festival consiste en une kyrielle impressionnante de "matchs d'improvisation" opposant, en un concours avec demi-finale, finale et prix à la clef, des équipes de 5 étudiants venus d'un peu partout en Roumanie : Cluj, Iasi, Sibiu, Craiva, Bucarest et Timisoara, mais aussi de... Toulouse. Certes, ce "genre théâtral" très à la mode n'est pas la tasse de thé du TURLg. Le TURLg considère l'improvisation comme un outil, pas comme un but. C'est un moyen de préparer, conditionner, enrichir le jeu et la mise en scène, c'est-à-dire le travail ; alors que le match d'impro s'arrête avec le jeu, avant le travail. Ceci dit, dans les deux cas, il faut du talent. Faut, en tout cas ici, reconnaître le dynamisme et l'enthousiasme bruyant de ces nombreux jeunes fascinés par ces joutes amicales et bon enfant. De vrais stakhanovistes. Nous y avons d'ailleurs même découvert dans l'équipe locale, deux étudiants liégeois (St Luc) en Erasmus à Timisoara. Ils avaient moins de mal avec le français que leurs condisciples roumains...

Le deuxième volet du festival consistait en des représentations théâtrales au sens traditionnel du mot, par des troupes, elles aussi variées : Iasi (RO) présentait La Femme comme champ de bataille de Matei Visniec; Chisinow (Moldavie), L'Amour médecin de Molière; Novi Sad (Serbie), Le Théâtre ambulant de Chopalovitch de Ljubomir Simovitch; Dniepopetrovsk (Ukraine), Huit femmes de Robert Thomas; et enfin le TURLg, Communication à une académie de Kafka.

Dans l'ensemble, les spectacles de nos confrères étrangers n'avaient pas de quoi révolutionner les théâtres d'Europe, comme dirait Rosencranz. Du théâtre de fin de rhéto ou de patronage, mais plaisons-nous à souligner la performance linguistique (française) de nos amis. Une mention spéciale, toutefois, à Jasi pour sa Femme comme champ de bataille, qui ne manquait ni de force ni de conviction. Ceci mérite une petite parenthèse narcissique : le Chef propose avec le TURlg, pour la saison prochaine, une autre pièce du même auteur, Matei Visniec (roumain né en 1956 à Radauti - Roumanie - et émigré en France depuis 1987) : Le Dernier Godot. Bon vent !

Notre Kafka, lui, a connu un gros succès auprès d'un public nombreux : applaudissements nourris, commentaires élogieux après coup... De cela peut témoigner Madame Letertre, lectrice en poste à Timisoara pour Wallonie-Bruxelles International, qui "sponsorise" le Festival, et qui offrait en ouverture un sympathique buffet aux spectateurs du Théâtre Allemand. Un tout aussi sympathique buffet nous a également offert par l'Ambassade de France pour clôturer le festival. Signalons en effet que Timisoara, ville traditionnellement multiculturelle, possède un bâtiment qui abrite un Théâtre d'Etat allemand et un Théâtre hongrois (Magyar), où se déroulaient toutes les activités dont question ci-dessus.

Timisoara est une petite ville fort calme apparemment, et charmante sous le beau soleil plus estival que printannier de ce mois d'avril. Certes, aux heures de pointe, ça bouchonne pas mal dans un pays longtemps privé de voitures et où, aujourd'hui, chacun veut sa Dacia. La vie y est sensiblement moins chère que chez nous : le restaurant à moitié prix par rapport à Liège, et les taxis coûtent le prix d'un trajet en TEC. Mais les salaires sont à l'avenant.

En définitive, le complexe universitaire où nous logions, fort décemment au demeurant (chambres doubles avec cuisine, salle de bain et TV - 1 programme neigeux comme Canal+, sans décodeur... et sans porno) est sans doute le coin le plus animé de toute la ville, surtout - toute - la nuit, carrément rock & roll ! Cela s'explique par le nombre impressionnant de bâtiments destinés à loger des centaines d'étudiants sur quelques centaines de mètres carrés traversés par un long piétonnier bordé d'innombrables cafés, snacks et autres petits commerces. Tous les campus ne ressemblent pas au Sart Tilman.

Quant à l'accueil des organisateurs, nous ne pouvons que nous en féliciter : Michaël Morosini, sa compagne et une belle équipe de jeunes autochtones ont tout fait pour rendre notre séjour agréable. Merci à tous et à toutes.

La douche froide nous attendait au retour, lourdement administrée par une lettre de WBI (Wallonie-Bruxelles International, càd l'ex-CGRI), trônant sur le bureau du Chef. Elle nous annonce qu'aucune intervention ne sera accordée pour nos frais de voyage. Motif : introduction tardive de notre dossier de demande.

Nous ne pouvons que trouver la sanction exagérée, quand on sait que nous avions d'emblée expliqué le délai par deux raisons : les interventions chirurgicales inopinées et malencontreuses opérées sur le Chef, du 20/2 au 21/3/09, d'une part, et d'autre part, l'annonce officielle tardive elle-même (le 3 mars !) de notre invitation au FIFITUT. Le délai d'introduction des dossiers étant de 1 mois avant la date de la "mission", il semble qu'il ne soit pas dicté par des mesures de difficiles calculs budgétaires. La sanction qui nous touche nous paraît dès lors excessive et purement et strictement administrative. Ce serait un comble que WBI aide les Roumains, comme c'est le cas, et pas la troupe liégeoise.... Non ?

Notons que ladite sanction vaut aussi, au même prétexte, pour notre tournée à Szeged, deux semaines plus tôt. Ici aussi, nous sommes "sonnés", d'autant plus que le site de WBI annonçait lui-même, depuis quelques semaines déjà, notre présence attendue en Hongrie !

Dans les 2 cas, nous "exportions" Kafka : nous ne pouvions pas savoir qu'il se cachait à Bruxelles !

Nous allons bien entendu réagir auprès de WBI à Bruxelles, en solicitant un peu de bonne volonté pour contrer une rigueur administrative singulièrement disproportionnée à la "faute".

Timisoara ou Szeged ne sont pas la Californie !

Inch' Vichnou et tous les autres.

Robert Germay

 

Et les photos !

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