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Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

Québec, Trois-Rivières, Valleyfield: un p'tit tour de TURLg dans la Belle Province, 20-26 avril 2009

5 Mai 2009 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Hostie, calice et sacristie! Quel choc en consultant nos archives (à remettre en ordre!), au moment de commencer ce "rapport": ne voilà-t-il pas que notre première tournée au Québec a eu lieu en mars 1989. Vingt ans! Ca vous donne un sacré coup de vieux, nom d'un crucifix!

C'était la première fois que le TULg (pas encore Royal) traversait l'océan, et c'est "Lovely Rita" qui était de la partie. Un sacré groupe, rapport aux billets d'avion. Même que chacun avait dû - exceptionnellement - y aller de sa poche (3000 BEF/personne, si mes souvenirs sont bons). L'occasion était le 3ème Festival Québecois de Théâtre Universitaire, organisé par l'Université de Montréal, que nous avions reçue d'ailleurs l'année précédente, 1988, à RITU 5. Ca ne nous rajeunit pas...

Outre Montréal, nous avons exhibé notre Rita aussi à Sherbrooke et à Québec dans la foulée, tant qu'à faire...
L'appel de l'orignal retentissait bientôt à nouveau et nous partions en avril 1993 avec Karl Valentin "réparer quelques projecteurs" à Québec (Université Laval et Collège Belle-Vue), ceci à l'invitation de Luis Thénon, ainsi qu'à Montréal, à l'invitation de son Université pour son 5ème FQTU. Annecdote: à trois jours de notre retour, nous apprenions que la compagnie aérienne qui nous avait amenés là-bas venait de faire faillite et que tous ses avions étaient cloués au sol. Dont coût: rachat sur place en catastrophe de nouveaux billets et retour par avions jusqu'à Paris, puis train jusque Liège. Avec notre décor dans le métro, entre Charles de Gaulle et la Gare du Nord, la belle équipée.

En 1995, tournée record, puisque nous avons trimballé "En Pleine Mer" successivement à Québec (Laval et Bellevue, toujours grâce à Luis Thénon), Trois-Rivière (où nous avons joué 2 fois le 24/04 au CEGEP), Montréal et, pour la première fois au Collège de Valleyfield (grâce à Jean-Marc Larrue).

Kafka, lui, ("Communication à une académie") se souvient du Québec pour avoir joué à Valleyfield (4ème édition des Fêtes Théâtrales de Suroît), et à Québec (Laval) en avril 2000, avec tempête de neige en prime. Cette tournée avait eu comme point de départ l'Université de New York à Buffalo (merci Maria Horne) et s'était poursuivie, par la route, vers Valleyfield et Québec. Ah, les chutes du Niagara...!
En avril 2001, c'était au tour de "Si tu m'aimes", aux mêmes points de chute (5ème Fêtes Théâtrales de Suroît, et Université Laval).
Et nous voilà rendus (comme ils disent) à 2009, notre dernière tournée canadienne.

Ce préambule historique était un peu long, mais utile pour faire un peu le point, débroussailler du même coup nos tentaculaires archives et rafraîchir nos mémoires encombrées par une pléthore de tournées tous azimuts. Long mais encore incomplet si nous n'y ajoutons pas le volet canadien du point de vue autochtone: Pour ce qui est de leur venue ici, nous avons accueilli Montréal (Université), en 1988 (RITU 5) et 1993 (RITU 10); Québec (Université Laval) en 1992 (RITU 9) et 1997 (RITU 14); Valleyfield (Collège de) en 1994 (RITU 11), 2003 (RITU 20) et 2005 (RITU 22); et enfin, le petit dernier, Trois-Rivières (CEGEP) en 2009 (RITU 26).

Si nos contacts avec Montréal-même se sont relativement tôt interrompus, à notre corps défendant (changement de responsables locaux), ils ont été avantageusement remplacés par ceux que nous avons noués depuis le début des 90ies avec Québec (Luis Thénon) et Valleyfield (Jean-Marc Larrue), tous deux membres fondateurs de l'AITU (1994), et tous deux hôtes attentifs et généreux à notre égard. Nous nous félicitons aussi de nos dernières rencontres avec Trois-Rivières (Michèle Dion et Pierre Legris). Pourvou que ça doure, comme disait, avec l'accent, la mère de Carla  Bruni.

Ouf! Venons-en enfin à cette dernière tournée... mais ici aussi il y a beaucoup à dire.

L'occasion principale du voyage était le festival de Valleyfield, 13ème édition des Fêtes Théâtrales du Suroît, ou encore "Festival international de théâtre de la jeune relève": titre bien choisi, car, en effet, la jeunesse - lycéenne même - s'y bousculait au portillon. Mais ce n'était pas, en réalité, notre premier point de chute: nous allions d'abord plus à l'Est (Québec) pour ensuite remonter le St Laurent par Trois-Rivières, jusqu'à Valleyfield, le festival ne commençant réellement que le 23. Un voyage sans autre encombre qu'un retard de 2 heures au décollage, nous amenait à Montréal le dimanche 19 avril vers 20h30, heure locale. Un confortable Van Kia nous y attendait, piloté par une charmante membre de la troupe de Jean-Marc, pour nous conduire passer la première nuit à Valleyfield, histoire d'absorber le décallage horaire avant de filer dès le lundi 20 vers Québec.

Je ne dirai rien des conditions d'hébergement de cette première nuit (champêtres, certes mais spartiates, limite camp de réfugiés albanais), car, à notre retour de virée, elles cédèrent la place à un hotel 4 étoiles (avec chambres fumeurs! D'aucuns apprécieront cette exception américaine): merci Jean-Marc. Merci encore et surtout pour la mise à disposition du-dit Van, sans lequel le trip du Saint-Laurent, même en descendant le courant, eût été plus rude, voire impossible. Certes, cela nous a valu deux contraventions de roulage, mais ce n'était ni la faute à Jean-Marc, ni à celle de Julie... La faute à Bruno: trop grand, ça lui donne des complexes de handicapé.

Bref, Québec, nous voilà! Luis Thénon avait préparé notre hébergement - moi chez lui, les 3 autres chez son collègue "Puma", un éminent spécialiste de la marionette, français - nonobstant sympathique en diable comme Tchantchès, le roi de la tringle, quoi. Luis avait aussi préparé un plantureux repas, qui nous a prouvé que ses qualités de cuisinier ne le cèdent en rien à ses qualités de Théâtrologue - auteur - metteur en scène... voire de chanteur de tangos argentins qu'il accompagne lui-même, fort bien ma foi, à la guitare. Merci pour tout ça Luis, dès le premier soir...

Nous devions jouer le lendemain soir, mardi 21 à 20h30, dans la salle du LANTISS (Laboratoire des Nouvelles Technologies de l'Image, du Son et de la Scène), un nouveau service de l'Université Laval, créé il y a peu de toute pièce, et non sans difficultés, par Luis Thénon. Cette salle, dotée des appareils audio-visuels les plus sophistiqués, mais hélas pas d'un technicien, nous réservait des suprises - n'est-ce pas Renaud -, et il fallut bien la journée entière pour maîtriser son et éclairage à notre façon. Le spectacle au soir fut fort chaleureusement accueilli par un public un peu clairsemé, mais de qualité.

Monsieur Charles Houard, Délégué de  Wallonie-Bruxelles International (WBI, ex-CGRI) et son épouse, nous firent l'honneur et le plaisir (M. Houard est une vieille connaissance du TURLg) d'assister à la représentation. Les applaudissements nourris et moult commentaires élogieux émis après le spectacle (et certains même reçus par e-mail à notre retour) nous rassuraient sur sa qualité. Après tout, cette représentation était la Première de cette reprise de "Poivre de Cayenne" avec Pierre Wathelet et Bruno Reinbold. Résultat concluant: la pièce sera reprise au TURLg la prochaine saison.

Arrivée le mercredi 22 matin au CGEP de Trois-Rivières, où Michèle Dion et Pierre Legris nous attendaient à bras ouverts. Ici, une salle plus "classique", fraîchement rénovée et remarquablement équipée s'offrait à nous, et Serge, un technicien efficace, nous permit de boucler rapidement le montage technique.

Un public étoffé et varié (étudiants, professeurs, citoyens lambda...) applaudit en standing ovation (c'est très mode au Québec) notre performance. Un débat organisé à la fin du spectacle avec l'assistance vint confirmer que notre "Poivre de Cayenne" tenait la route. Route que nous reprenions le jeudi matin pour regagner notre camp de base, Valleyfield.

Et la représentation du vendredi 24 dans le cadre - enfin - du Festival ne démentit pas, loin s'en faut, notre beau succès.

Un mot maintenant sur ledit Festival. Quelque 300 festivaliers, choyés par quelques dizaines de bénévoles, plus de 20 spectacles, une dizaine d'ateliers, des lectures de pièces... constituent le programme chargé d'une manifestation qui confirme son importance et sa vigueur d'année en année.

Les troupes venues de France, des Etats-unis, d'Allemagne, de Pologne, de Belgique... (sans compter le Québec) garantissaient le caractère international de l'événement.

Je n'ai évidement pas vu tous les spectacles (nous repartions le dimanche 26, ratant ainsi toutes les productions du dernier jour), mais j'en épinglerai deux pour leur qualité: "Hamlet Machine" de Heiner Müller, par le Théâtre THAG de Felbach (D), et "The Poe Projekt", collage de texte d'Edgar Allan Poe par le CORE Ensemble Theatre (Old Dominion University, Norfolk, Virginia, USA), tous deux d'un post-modernisme de bon aloi.

Nous avons aussi eu l'occasion de retrouver de vieilles connaissances comme le Théâtre de l'Entr-Acte, de Cracovie (les Blonski/ka), le Théâtre Universitaire de Franche-Comté (Besançon), ou la compagnie Let There Be Light (France-Israël), toutes passées par Liège et toutes égales à elles-mêmes.

Nous avons aussi fait connaissance du Théâtre Kaléidoscope de l'Université Stendhal de Grenoble, dont on a pu apprécier le soin dans la scénographie.

La place manque - décidément - pour passer tout cela en revue dans le détail, mais, dans l'ensemble, la programmation était riche et variée.

C'est le moment de remercier tous ceux et toutes celles qui nous ont si bien reçus, comme d'habitude, dans la Belle Province, où on se sent comme chez soi, malgré le dépaysement dont le Nouveau Monde a le secret.

Oui, j'ai été long, mais je défie quiconque de faire plus court judicieusement.

Robert Germay

Lien vers la pièce jouée "Poivre de Cayenne"
Lien vers notre voyage à Québec


Un mot de félicitation!

"A l'attention du Théâtre Universitaire Royal de Liège,

Je vous écris ce petit courriel simplement afin de féliciter l'équipe de votre théâtre que j'ai eu la chance de voir il y a quelques jours lors d'une présentation de Poivre de Cayenne au LANTISS de l'Université Laval, à Québec. Je suis un jeune étudiant au diplôme en mise en scène à l'Université Laval, au Québec et ai été charmé par cette courte présentation, succinte, aux airs de En attendant Godot et qui a su me divertir, tant par la proposition scénographique épurée mais efficace et d'une brillante utilisation des objets polysémiques que par le charisme et le niveau de présence des comédiens lors de la représentation (qui, soit dit en passant, était leur première!)."

Mathieu Larrivée

Directeur général et artistique
Théâtre des Petites Garnottes

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