Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog du Théâtre Universitaire Royal de Liège

tournees

Don Juan revient de guerre aux 10e Universiades Internationales de Serres (Grèce), 1-4 mai 2014

16 Mai 2014 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

DSCN2660.JPG

Les photos

Après avoir d’abord accueilli une conférence d’Alain Chevalier en 2005, les 10e Universiades Internationales de Serres accueillaient pour la deuxième fois (http://turlg.over-blog.fr/article-9e-universiades-internationales-de-theatre-de-serres-ou-quand-notre-singe-fait-un-saut-de-puce-en-gr-118461684.html), un de nos spectacles (Don Juan revient de guerre, de Horvath, en l’occurrence). Ce festival de théâtre universitaire est organisé en coopération avec le Comité national de l’UNESCO,  l’Institut International de Théâtre-Grèce, et le Théâtre municipal de Serres et financé en partie par l’Union Européenne, à travers le programme ESPA Macédoine-Thrace 2011-2015. Il présentait, entre le 25 avril et le 11 mai, 14 spectacles et 4 ateliers/séminaires. Mentionnons, en outre, que le subside européen a permis aux organisateurs grecs de financer notre voyage en avion et d’ajouter à l’équipe « donjuannesque » de base, Marie, qui avait remplacé Ludivine à Toulouse et qui a repris une partie de son rôle en Grèce, et Anne-Sophie Poussier, membre de notre Conseil d'administration, qui signe cet article.

C’est ainsi que l’équipe féminine de Don Juan s’envola voir si l’apollon grec saurait rivaliser avec Don Juan. Pour chaperonner cette troupe de 11 gamines : Robert Germay, metteur en scène et président du TURLg. Et pour assurer l'aspect technique, David Dupuis, qui reprenait la régie du spectacle pour la première fois, en succession de Renaud. La représentation fut très appréciée par le public. Bien qu’étant au berceau de la tra2014-05-03-11.29.51.jpggédie, la Grèce est friande de comédie. David a su s’adapter aux conditions techniques (pas toujours simples) et, tout en déplorant un manque de temps très dommageable,  il a pu nous permettre d'offrir au public une représentation correcte. Le Chef a honoré la demande du festival en faisant une conférence sur l’histoire du théâtre universitaire, sujet qui suscita de l’intérêt chez ses auditeurs.

Nous avons également pu nous laisser aller à la contemplation durant l’excursion organisée pour nous sur le lac Kerkini… promenade en bateau sur fond de pépiements … de ces dames mais aussi des cormorans ;-) Nous avons séjournée dans un hôtel luxueux, avons bien mangé, bu du café grec et de l’ouzo et pour tout vous dire nous serions bien resté un peu plus longtemps nous immerger dans cette culture.

Nous tenons à remercier Maria Kalimeri, Nadine Vandooren (belge d’origine, grecque d’adoption) et toute l’équipe du festival pour leur accueil, leur chaleureuse sympathie et leur dévouement ! De tout ♥, merci !

Ce festival souhaiterait nous inviter l’an prochain … A suivre !

Anne-Sophie Poussier

Lire la suite

Honfleur et son 6e Festival de la Francophonie Paroles paroles a accueilli notre Communication à une académie de Kafka, 3-6 avril 2014

8 Avril 2014 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Dans notre blog du 12 avril 2012, je disais déjà le plaisir éprouvé par nous en découvrant Honfleur et son festival Paroles paroles qui, pour sa 4e édition, avait mis, à travers le TURLg, la Belgique à l’honneur (pour la rime !) Voyez http://turlg.over-blog.fr/article-la-belgique-a-travers-le-turlg-a-l-honneur-et-a-honfleur-4eme-festival-paroles-paroles-27-102935970.html

Cette année, 2014 (29 mars au 6 avril), de retour de la 6e édition de Paroles paroles, l’impression n’est que renforcée : ce Festival de la Francophonie fait bien de Honfleur et de sa voisine Équemauville un vrai bouillon de culture pendant une folle semaine où théâtre, musique, contes, expos et poésies sont à l’honneur (voyez : http://www.paroles-paroles.fr/ ).

A la barre de cet événement (dans une ville portuaire, l’expression se justifie, non ?), on retrouve les Z’ateliers de la tête de bois et l’association Cascade, soutenus par les villes de Honfleur et d’Équemauville (en la personne de leurs maires, respectivement M. Michel Lamarre et M. Michel Bailleul).

A la variété de genres proposée par ce festival, correspond aussi une belle variété d’ «acteurs» (le théâtre, la musique, les contes ou la poésie, toutes ces formes d’art sont défendues ici de concert par des professionnels et des amateurs) et une belle diversité de publics (les enfants sont loin d’être oubliés dans l’aventure). Bref, un bel éventail de talents divers à multiples facettes.

Pour le TURLg, ce fut aussi un plaisir tout particulier d’y revoir de vieilles connaissances des Continents Comédiens de Saint-Léger-du-Bourg-Denis, ainsi que Yannick Boitrelle qui, en 2012, nous avait «branché» sur Honfleur. De plus, après avoir joué naguère au Grenier à Sel de Honfleur, nous dûmes cette fois nous adapter à la salle Jeanson d’Équemauville (« Changement d’herbage réjouit le singe »…) dont le public –nombreux ce samedi 5 avril à 18h- sembla fort apprécier notre Communication, à en juger par les applaudissements nourris et enthousiastes qui ponctuèrent la représentation.

Il est certain que la pugnacité du tandem Vanessa – Philippe Simon-Catelin n’est pas étrangère à l’existence et au développement de cette remarquable manifestation. Nous les félicitons aussi d’avoir pu s’entourer d’une belle équipe de bénévoles aussi chaleureux qu’efficaces, pour qui « bénévolat » signifie « qui vous veut du bien » ! Merci à tous et à toutes : nous avons été soignés aux petits oignons.

Nous prenons aussi plaisir à donner un petit coup de projecteur (de théâtre) sur le magHonfleur_gite.JPGnifique hébergement que nous a réservé Vanessa dans le gîte qu’elle possède à la Rivière St-Sauveur, tout à côté d’Honfleur : nous le recommandons à tous ceux qui chercheraient à passer des vacances normandes dans un cadre champêtre, à la fois rustique et doté de tout le confort, voyez : http://www.abritel.fr/location-vacances/p658749

Encore merci pour l’invitation et pour l’accueil.

A plus ???

Robert Germay

Lire la suite

Don Juan se produit à la 8e édition de « Universcènes » à Toulouse II-Le Mirail, 15-19 mars 2014

1 Avril 2014 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

DSC06776.JPG

Les photos

Il y a deux ans, à la même époque (15 mars), le TURLg organisait une tournée française pour présenter Le Procès de Kafka à Angers…en passant par Toulouse : c’était pour les Liégeois l’occasion de découvrir la Ville Rose…et d’avoir envie d’y retourner dès que possible. (Voir le blog du TURLg : http://turlg.over-blog.fr/article-de-toulouse-a-angers-ou-des-reseaux-sociaux-et-autres-facebooks-au-service-du-tu-102771929.html )

Cette année 2014 voyait la 8e édition du Festival Universcènes qui est présidé par Aurélie Guillain et localisé à la « Fabrique » (Centre d’Initiatives Artistiques du Mirail = CIAM) sur le campus de l’Université de Toulouse II-Le Mirail.

La caractéristique de ce festival est de présenter des spectacles montés en langue originale (polonais, allemand, espagnol, anglais, italien) par des troupes étudiantes de Toulouse, généralement avec surtitrage en français, opération qui a aussi valeur d’exercice de traduction pour les étudiants. Par exemple, cette année, une œuvre du jeune auteur allemand Michel Decar, Waldemarwolf, était présentée au public d’Universcènes, les 19 et 20 mars 2014, en version originale (surtitrée) par la « Compagnie de la Vieille dame » (compagnie d’étudiants du cru) dans une mise en scène de Thomas Niklos, en présence de l’auteur. Des étudiants d’allemand (Philologie et/ou traduction/interprétation) ont participé à la traduction collective de l’œuvre sous la direction de Hilda Inderwildi. Il convient aussi d’ajouter ici que les Presses Universitaires du Mirail peuvent s’enorgueillir d’une remarquable collection bilingue , « Nouvelles scènes », qui publie une abondante liste de traductions de pièces de dramaturges contemporains des répertoires allemands, anglais, espagnols, italiens et polonais. Ce sont nos contacts toulousains privilégiés, Catherine Mazellier et Hilda Inderwildi, deux germanistes distinguées, qui dirigent avec maestria la collection « Nouvelles scènes- Allemand ».

Ceci explique sans doute le fait que nos charmantes collègues s’intéressent au répertoire du TURLg qui, pour les raisons historiques que l’on sait (à savoir l’empreinte du Theater der Lütticher Germanisten (TLG) laissée sur le Théâtre Universitaire Liégeois depuis 1980), s’intéresse, lui, au répertoire germanophone. Résultat des courses : le TURLg était la première troupe étrangère invitée à Universcènes en 2012 avec Le Procès ; et nous remettions donc le couvert avec Don Juan en 2014. Ajoutons aussi pour  être complet que les « 12e Rencontres de théâtre allemand contemporain » s’inscrivent dans cette 8e édition du Festival Universcènes à laquelle nous participions.

Comme le laisse entendre le sous-titre « Théâtre contemporain d’Europe et d’ailleurs », Universcènes n’avait pas programmé que du répertoire allemand, mais aussi des spectacles en polonais, espagnol, anglais et italien : voyez le programme sur http://www.festival-universcenes.fr/.

Quant à l’équipe liégeoise, mein Gott, elle n’a pas chômé. A peine arrivée le soir du samedi 15 mars, elle devait faire face à une catastrophe : pour des raisons aussi dramatiques qu’indépendantes de sa volonté, notre Coline apprenait qu’elle ne pourrait jouer aucune des trois représentations prévues (lu. 17 à 20h, mardi 18 à 12h30 et 20h). Comme tous les rôles des femmes ont la même importance dans notre spectacle, il fallut passer le dimanche et le lundi à réorganiser complètement la distribution, donc le texte et la mise en place. Comme, de plus, une comédienne, Marie, reprenait un rôle pour la première fois à l’occasion de cette série toulousaine, on ne vous dit pas le stress… !

Grâce à leur pugnace énergie, les huit « survivantes » ont relevé le défi et ont remarquablement « assuré » : le public -visiblement très captivé-  n’y a vu que du feu, et notre Don Juan a manifestement fait de nouvelles conquêtes. Ceci semble confirmer que notre méthode de travail collectif est bénéfique à la cohésion du groupe, qui peut, dès lors, mieux faire face à de semblables éventualités. Comme le dit souvent Trébor Yamreg au Chef : « Se rencontrer est un début. Rester ensemble est un progrès. Travailler ensemble est un succès ». Sacré Trébor !

Aujourd’hui, la pénible situation dans laquelle s’était retrouvée Coline a heureusement évolué favorablement, et, on peut espérer que cet éprouvant accident ne sera plus bientôt qu’un mauvais souvenir marquant.

Tout l’un dans l’autre, cette aventure toulousaine restera dans nos mémoires comme une expérience «  de l’extrême »…comme les sports du même nom, et Toulouse restera pour nous un vrai pôle d’attraction : à quand la prochaine ?

Robert Germay

DSC06728.JPG

PS : Le Mirail est le quartier où est logé le campus de l’Université Toulouse II.  « Mirail », en occitan,  signifie « miroir ». Or, il se dit que l’Université ne se reconnaît plus dans le « miroir » de cet environnement réputé interlope. Il serait dès lors question de la rebaptiser « Université Jean Jaurès ».  Affaire à suivre… ! Et pourquoi pas sur place, avec une prochaine tournée ? A bons entendeurs, salut ! : le TURLg aurait encore quelques pépites à proposer…

 

PPS : Nous avions à peine envoyé le lien vers notre article à nos amis Toulousains que nous apprenons que (nous citons) : "Depuis votre passage ici, l'université a en effet été débaptisée. Elle s'appelle désormais Université de Toulouse Jean-Jaurès (UT2J, ouf... au moins avons-nous échappé à l'acronyme ridicule UTJJ). Tu imagines bien que je n'ai rien à redire contre Jaurès dont j'aime le verbe haut et coloré, les positions aussi, mais j'ai du mal à avaler ce radical effacement du Mirail. Sans parler du coût de l'opération : 100.000 euros, rien que sur le versant d'Internet où l'UTM était fort bien repérée."

Et voilà l'travail !

Lire la suite

Le 20e Festival International de Théâtre Universitaire de Saint-Jacques de Compostelle (Santiago de Compostela) reçoit le TURLg, 19-23 février 2014

26 Février 2014 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

Santiago en février 2014

Les photos

Ce séjour – du mercredi 19 au dimanche 23 février 2014 – était ainsi notre 3e participation au Festival Internacional de Teatro Universitario de Santiago de Compostela, organisé par l’Universidade de Santiago de Compostela (USC), Vicerrettoria de Estudiantes, Cultura e Formacion Continua, Aula de Teatro. Cette fois, c’est Le Dernier Godot qui jouait au pèlerin, avec David Zapico/Godot , Vincent Canueto/Beckett , Renaud Minet à la technique , Robert Germay, le Chef, à la mise en scène, et Alain Chevalier, l’actuel co-directeur du TURLg, aux relations publiques.

Autrefois, notre déjà fameuse Communication à une académie de Kafka  (assurée alors par Vincent Pagacz, Rachid Bellitir et le Chef RG) découvrait, en mars 2003, le 9e festival galicien, et en profitait, d’ailleurs, pour donner aussi une représentation dans un patelin voisin, à Lugo, en plus de Saint-Jacques même ; et, cinq ans plus tard, en avril 2008, c’est l’équipe du non moins glorieux Si tu m’aimes  (avec, en scène, Vincent Pagacz, Chantal Heck, Dominique Donnay et Robert Germay, et, à la technique, Martine Stiénon) qui défendait les couleurs du TURLg à la 14e édition dudit Festival de Santiago (les curieux pourront relire ce que nous écrivions alors dans notre blog, le 7 avril 2008 : http://turlg.over-blog.fr/article-18526698.html

Certes, ce blog permet de rendre compte de la tournée proprement dite, mais c’est aussi l’occasion de faire une petite mise  au point « historico-archivistique » : ici, en ce qui concerne nos relations avec nos amis Ibères (par parenthèse, il fut très rude cette fois-ci, l’Ibère, en février 2014 : en 2008, par comparaison, avril était estival).Santiago en avril 2008

Bref, voici donc, une rapide rétrospective de nos relations ibériques :

  • en 1983 déjà, le Grumo de Teatro de Madrid participait à notre 1er FITU liégeois (Notre Festival n’avait pas encore cet R de Rencontre, qui apparaitra en 1987 avec  RITU 4) : c’était une des 4 productions étrangères (avec Lublin, Belgrade et Brescia) de cette 1ère édition.
    Madrid figurera encore dans nos RITU en 1992/RITU 9 (Teatro del Duende) ; 1996/RITU 13 (Escuela Superior de Arte Dramatico de Torrelodones) ; et en 2004/RITU 21 (Tic-Tac Teatro) ;
  • en 1987, RITU 4 accueillait le Grupo de Teatro El traje de Artaud, de Séville ;
  • suivait, en 1990, à RITU 7, l’Aula de Teatro de Murcia, qui reviendra à Liège encore en 1997 (RITU 14) et en 2003 (RITU 20) ;
  • Alicante débarquait à Liège pour RITU 16 en 1999 ;
  • et en 2005, c’était Granada, pour RITU 22 ;
  • Santiago de Compostela a visité Liège pour la première fois en 2006, pour RITU 23, puis aux éditions 26 (2009), 28 (2011) et 30 (2013). La troupe de Roberto Salgueiro sera encore là cette année 2014 à RITU 31, qui coïncidera avec le 10e Congrès mondial de l’Association Internationale du Théâtre à l’Université (AITU), organisé par le TURLg pour célébrer le 20e anniversaire de l’Association, fondée à Liège en 1994 ;
  • enfin, RITU 29 programmait en 2012, le Teatro Abrego de Oruña de Piélagos.  

Voilà pour les accueils à Liège. Au rayon des tournées du TURLg en Espagne, nous pouvons épingler à notre palmarès :

  • mars 1989 : Murcia, avec Le Projecteur réparé
  • novembre 1995 : Murcia, avec En Pleine Mer
  • décembre 1997 : Murcia et Alicante, avec Cymbeline
  • mars 2003 : Santiago de Compostela, avec Communication à une académie
  • novembre 2003 : Murcia, avec Poivre de Cayenne
  • avril 2005 : Granada, avec Si tu m’aimes
  • novembre 2005 : Murcia, avec Communication à une académie
  • avril 2008 : Santiago de Compostela, avec Si tu m’aimes
  • mars 2009 : Murcia, avec Si tu m’aimes
  • et, donc, février 2014 : Santiago de Compostela, avec Le Dernier Godot

Ce survol historique était – je l’avoue – un peu indigeste, mais ce genre de récapitulatif est parfois utile pour remettre quelques archives en place. Croyez-en un vieux chef… !

Je passe maintenant la plume à Alain Chevalier, qui va nous en dire plus – enfin ! – sur cette tournée-ci.

 

Enfin ! Oui ! Mais cette rétrospective, qui témoigne des longues et multiples relations que nous avons entretenues et entretenons toujours avec la péninsule ibérique et, en particulier, avec l’Aula de Teatro de Santiago, nous indique que la terre d’Espagne est un terrain solide sur lequel nous pouvons continuer à construire nos échanges actuels et futurs. 

Cette tournée en fut à nouveau la confirmation. Cette 20e édition du Festival de Santiago proposait à l’affiche 5 spectacles et s’ouvrait les lundi 17 et mardi 18  par Apnea, la nouvelle création de la troupe de Roberto Salguiero. Comme nous ne sommes arrivés que le mercredi, nous n’avons pu découvrir cette pièce. Mais peu importe finalement, elle est parmi les spectacles qui ont été retenus pour notre RITU 2014 ainsi que le signalait Robert plus haut. Nous le verrons donc en juin prochain. Nous y avons ensuite retrouvé nos amis US du Core Theatre Ensemble de la Old Dominium University de Norfolk (Virginie) et leur Poe Project présenté déjà en 2010 à notre RITU 27. Jeudi, nous découvrions Platero y Yo, un des grands classiques de la littérature espagnole racontant, transposé à la scène par le Teatro Rodante, de l’Université de Puerto Rico, mêlant danse, chant, musique et scénographie haute en couleurs comme vous pourrez le voir sur les photos en annexe. Enfin, nous retrouvions aussi nos amis de la Troupe Minimum et leur spectacle Circus, vu en septembre dernier à Minsk. Contacts pris et repris… Enfin, nous avons clôturé le festival avec brio et… notre Godot qui a remporté sans conteste un grand succès auprès du public. J’en veux pour preuve tant les nombreuses félicitations reçues dans les coulisses juste après le spectacle que l’ambiance festive qui a régné ensuite au « bar de ralliement », je vous renvoie là aussi aux photos.DG Santiago 2014

Quant à l’accueil qui nous fut réservé, il fut sans faille et toujours extrêmement cordial avec une résidence universitaire sur le campus de très bonne tenue et à 15 minutes à pied du centre-ville pour notre logement et nos repas, et pour notre spectacle, un accueil technique professionnel au théâtre municipal du Salon Teatro. Quant à la joyeuse équipe des étudiants chargés de nous accueillir, elle a toujours répondu présente… jusqu’à « z’heure et quart » pour rendre notre séjour des plus agréables et des plus… savoureux, tapas and co. ! Qu’ils en soient tous chaleureusement et donc espagnolement remerciés. Et s’il fallait à tout prix ajouter un bémol, alors parlons des quelques petits retards sans conséquences à quelques rendez-vous. « Si, pero, bueno, estamos en España y nobody is perfect/nadie es perfecto!»

 

AC et RG (le petit reporter)

Lire la suite

Le Joueur de flûte les fait danser tous en rond à Avignon (31.1 - 2.2.2014)

10 Février 2014 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

2014-02-01 14.16.34Les photos

« Après Angers en 2013, la FAGE organise son 2e SNACE à Avignon du vendredi 31 janvier au dimanche 2 février 2014. Voulez-vous en être, en proposant un spectacle aux participants et en animant un café débat ? » La question (le mail) émanait de Lucile Neau, chargée de mission culture à la FAGE, qui nous avait « découverts » lors de notre dernier passage à Angers en 2013 - où elle réside.

FAGE ? SNACE ? Ah !, cette manie des sigles toute française. Ne cherchez plus : la « Fédération des Associations Générale Etudiantes » (équivalent français de notre FEF - Fédération des étudiants francophones) organise son « Séminaire National des Arts et de la Culture Etudiante ». C’est pourtant clair et évident, non ? Bref, il s’agit d’une rencontre de représentants d’associations étudiantes (ici, 70 participants environ), venus des 6 coins de l’Hexagone à l’invitation de l’Inter’Asso Avignon, pour « poser la question de la reconnaissance des initiatives étudiantes en matière de culture à l’université, mais plus largement encore, celle d’une nécessaire initiation à la pratique culturelle sous toutes ses formes au sein des établissements d’Enseignement supérieur[…] Le SNACE, c’est aussi un melting-pot de curieux voulant innover et transformer la vie étudiante par les arts et la culture ». (voir http://www.fage.org)

Quand j’entends le mot culture, je sors mon TURLg, comme disait l’autre : et nous d’accepter l’invitation derechef !

Il faut souligner une différence (de taille pour nous) entre l’université belge et l’université française. Chez nous, l’Alma Mater a deux missions : l’enseignement et la recherche. En France, en revanche, une loi de 1984 confie officiellement  à l’université une 3e mission importante: la culture (« tant en matière de diffusion que de création, individuelle ou collective »).

Ceci peut expliquer notre jalousie de théâtreux universitaires belges en tournée outre Quiévrain (de Metz ou Nancy à Toulouse, en passant par Lille ou Vaulx-en-Velin…) devant les belles infrastructures, dans lesquelles nous sommes accueillis sur ces campus français : tant les lieux que les installations techniques ne laissent pas de nous mettre sur le séant, surtout en pensant que nous, TURLg, avons mis 56 ans (1941 à 1997) pour emménager ,enfin et de haute lutte, dans une salle à peu près correcte au centre-ville…

Pour rappel, en Belgique, il n’existe aucun équivalent au CROUS[1] français (ou à l’AStA[2] en Allemagne), bref, pour faire court : l’université belge n’investit guère autant que sa voisine française dans « le culturel », qu’elle ne subsidie, en fait, qu’au coup par coup, cercle par cercle, bon an mal an. Le TURLg, à Liège, est une exception qui confirme la règle : depuis une vingtaine d’années, il bénéficie, en effet, d’une subsidiation récurrente à charge des budgets ordinaires de l’ULg, situation particulière qu’il doit, e.a., à un palmarès particulièrement riche (Pour faire bref : tournées dans 41 pays de quatre continent, de l’Argentine à la Russie, du Bénin à l’Estonie, du Canada à la Jordanie, en visitant 90 villes en Belgique, 180 villes dans le monde, hors Belgique, dont 41 points de chute en France et 34 en Allemagne, etc…) et, dès lors, flatteur pour l’image de l’Alma mater. Cette réputation est sans doute une des raisons qui ont poussé la FAGE à nous contacter pour participer à son séminaire SNACE d’Avignon.

Robert Germay (Prof. retraité, mais toujours président actif du Théâtre de l’Université de Liège) était sollicité pour animer un café-débat aux cotés de Bertrand Vignon, Vice-président de l’association A+U+C (regroupant les services culturels universitaires de France), basé, lui, à Grenoble.2014-02-01-09.34.46.jpg

R. Germay, qui est aussi le Président-fondateur de l’AITU (Association Internationale du Théâtre à l’Université, fondée à Liège en 1994) a eu ainsi l’occasion de rappeler aux congressistes que le théâtre est une activité culturelle étudiante aussi vieille que les plus anciennes universités européennes : dès le Moyen-Age, les étudiants montaient « sur les planches ». La fin de la deuxième guerre mondiale voyait l’avènement du théâtre universitaire moderne lorsque, sortant des murs de la « tour d’ivoire » de l’université, le TU prit une place importante dans le paysage théâtral « tout court », allant jusqu’à en influencer l’esthétique dans bien des cas, en Europe (France, Allemagne, Pologne etc.), mais aussi outre-Atlantique. Il fallait aussi souligner qu’aujourd’hui, le Théâtre à l’Université est un phénomène mondial encore bien vivant, et qu’il n’y a guère d’université dans le monde, où on ne fasse pas de théâtre d’une manière ou d’une autre. Car, et c’est une marque de vitalité et de richesse, il n’y a pas un, mais des théâtres universitaires, différents d’un pays, d’une ville, d’une université à l’autre : si le théâtre pratiqué à l’université est, certes, spécifique, il n’en est pas moins multiple et polymorphe. Ce qui lui est commun, partout dans le monde, c’est son caractère formateur naturellement complémentaire de l’enseignement. Plus personne ne le nie : le théâtre à l’université est un hobby, certes, mais aussi un outil. Enfin, c’était aussi l’occasion de rappeler, pour l’anecdote, que la FNTU (Fédération Nationale de Théâtre Universitaire française, aujourd’hui défunte, mais à ce moment-là basée à Reims)  avait déjà organisé à Avignon, en 1988, des Universiades, mettant à l’honneur le théâtre universitaire, tant sur le plan de la création proprement dite que sur celui de la formation générale.

Sur ces sujets, on recommandera aux ‘séminaristes’ d’Avignon comme au lecteur de ce blog le site de l’AITU, ainsi que la lecture du livre « Théâtre Universitaire, Pratiques et expériences », édité par Robert Germay et Philippe Poirrier, en 2013, aux éditions universitaires de Dijon (http://eud.u-bourgogne.fr/arts-et-histoire-de-l-art/374-le-theatre-universitaire-the-university-theatre-9782364410671.html)

Comme pour servir d’exemple à ses propos, le Liégeois avait emmené avec lui un spectacle du TURLg, « Le Joueur de flûte », d’après un poème de Robert Browning, mis en scène par Dominique Donnay et Robert Germay. La représentation eut lieu le samedi 1er février à 19h30 dans le sympathique « Fabrik Théâtre », et elle se prolongea par un intéressant débat avec les spectateurs/séminaristes portant sur le spectacle du TURLg, certes, mais aussi sur la pratique théâtrale à l’université en général. « Le Joueur de flûte » est, à cet égard, un spectacle « idéal » pour souligner quelques caractéristiques dont se prévaut le TURLg :

1) Le TURLg compte une centaine de membres actifs dont une trentaine de pour cent ne sont plus, ou n’ont jamais été étudiants universitaires. C’est spécialement le cas avec « Le Joueur de flûte », dont pourtant la distribution était majoritairement étudiante, à la création en 2006. On peut commencer à participer au TURLg à 18 ans et y être encore après la retraite. Le cas record est encore aujourd’hui détenu par François Duysinx qui débuta sur les planches à l’ULg comme étudiant en 1934 (il avait 20 ans) …où il jouait encore l’année de sa mort en 2003, à 89 ans !
2) Les spectacles du TURLg aussi sont souvent « coriaces » : créé en 2006, le « Joueur » n’avait plus tourné depuis 2011, ce qui a impliqué des répétitions organisées exprès pour Avignon.
3) Cette caractéristique a un corollaire : les distributions de nos spectacles sont « à géométrie variable » ; les rôles peuvent souvent être tenus par plusieurs comédiens qui, eux-mêmes, jouent parfois dans plusieurs pièces. (Il y a des exemples de spectacles du TURLg où les 6 rôles prévus par l’auteur ont été tenus par une quinzaine de comédiens différents au cours des saisons).
4) Nos spectacles voyagent souvent, et loin : par ex. en 2011, notre Flûtiste de Hamelin était en mai en Estonie, en juin en Turquie, et en novembre en France (Rouen)…Mais il avait déjà quitté la Belgique bien avant : pour l’Italie (2007), le Maroc (2008) et la France (Dourdan, 2008 ; Saint-Louis, 2010)
5) Ces tournées en terres lointaines, le plus souvent non-francophones (sur les 41 pays visités par le TURLg, une petite dizaine seulement sont francophones), influencent profondément notre méthode de travail : nous devons sauter le mieux possible la fameuse « barrière » de la langue ; pour cela il faut donc, dans le spectacle, que le texte soit à sa place, c.à.d. un simple outil parmi les autres, que la mise en scène veillera à « faire passer » au mieux grâce aux autres outils que sont le jeu, la scénographie, l’espace,  la musique, le rythme, la structure… L’expérience nous a prouvé que nous y arrivons généralement.
6) Le dénominateur commun de ces caractéristiques c’est, évidemment, le travail en équipe : le travail en projet collectif, reposant essentiellement sur l’improvisation, comme moyen de mise en scène, non pas comme but. C’est aussi la clé de la longévité des adhésions de ses membres, de la flexibilité de ses distributions et de la mobilité de ses productions dans le temps et dans l’espace. Car c’est de la méthode que naît le style du TURLg qui est à la fois un et multiple, durable et protéiforme.

Car sa préoccupation a toujours été, pendant plus de 70 ans (3/4 de siècle en 2016 !), de préserver et transmettre une bonne tradition tout en favorisant la créativité et l’évolution.

Après ces - longues - considérations générales (pardon !), revenons, enfin, à notre déplacement éclair à Avignon : pour résumer à l’extrême, il suffirait de dire, en fait, que tout alla bien, Madame la Marquise.

Déplacement sans histoire (et généreusement financé par nos amis français !): un minibus et une voiture pour la troupe de 11 personnes, et un TGV pour le Chef tout seul ; arrivée à Avignon en 3 vagues le vendredi 31 janvier (une fois dans la Cité des Papes, ça se gâte un peu avec le problème du parking, mais…ça/on marche). Accueil très chaleureux par les organisateurs autour d’un buffet copieux et appétissant. Hébergement très correct dans l’Ibis Budget du coin. 2014-02-01-10.57.59.jpgReprésentation sans « couacs » le samedi 1er février, devant un public très attentif ; suivie d’un autre buffet de qualité (à nouveau l’œuvre de bénévoles du cru) et petite soirée festive à l’ambiance estudiantine de bon aloi. Retour vers le Nord le dimanche 2. Bref, hormis une drache bien belche une fois le samedi, disons : un franc et massif R.A.S.

Mais je ne peux pas terminer ce compte-rendu sans relever, en gras en en rouge, le caractère constructif de ce séminaire, où l’intérêt manifesté par les participants n’a jamais faibli, que ce soit dans les ateliers, les café-débats ou à la discussion après notre spectacle. Manifestement, le sujet de la culture en milieu étudiant est pris très au sérieux par nos camarades étudiants français et, à cet égard, il me semble que la pratique théâtrale y a bien sa place.

Nous avons nous aussi pu tirer des enseignements de cette expérience. Et si, d’aventure, la FAGE remettait le couvert à l’avenir dans un autre coin de la France, nous serions volontaires pour y aller voir : le TURLg ne manque pas de spectacles à proposer pour joindre l’utile à l’agréable dans de telles circonstances.

A ce propos, rappelons que le 10e Congrès mondial de l’AITU se déroulera à Liège du 30 juin au 4 juillet 2014, avec pour thème : « Le théâtre universitaire et la question du répertoire ». Bienvenue à tous nos voisins que la pratique théâtrale - donc de la culture - à l’université préoccupe.    

Au plaisir de nous revoir à cette belle occasion ?

Robert Germay



[1] Tant qu’on y est à expliquer les sigles : CROUS = Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires, les CROUS étant regroupé dans le CNOUS, Centre national des oeuvres universitaires et scolaires (www.cnous.fr)

[2] AstA : Allgemeiner Studentenausschuss, comité général des étudiants d’une université.

Lire la suite

Le jury du 7e FITU-Tanger décerne deux prix au TURLg le 8 novembre 2013

14 Novembre 2013 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

2013-11-06-14.29.47.jpgLes photos

Le petit saut (du mercredi 6 au samedi 9 novembre 2013) qu’a effectué le singe de Kafka pour se produire à la 7e édition du Festival International de Théâtre Universitaire de Tanger (FITUT) venait, en quelque sorte, marquer nos 25 années de relations d’échanges avec le Maroc : c’est, en effet, en juillet 1988 que nous traversions la Méditerranée pour participer à la 1ère édition du Festival de Théâtre Universitaire de Casablanca, en fait le tout premier festival de ce type organisé au Maroc, en l’occurrence par la Faculté des Lettres et des Sciences humaines II Ben M’Sik Sidi Othmane de l’Université Hassan II de Casablanca. Il se pourrait bien d’ailleurs que ce fût le tout premier festival de cette nature organisé au Maghreb ? Depuis, il faut dire que ce genre de manifestations a fait florès : cela peut se vérifier en jetant un coup d’œil sur nos tournées au Royaume du Maroc pendant ce dernier quart de siècle:

-       5-17 juillet 1988: Casablanca (1er FITUC), avec Rosencrantz et Guildenstern sont morts de Tom Stoppard.

-       4-11 septembre 1989: Casablanca (2e), avec Le Projecteur réparé de Karl Valentin.

-       3-19 septembre 1990: Casablanca, comme observateurs invités au 3e FITUC.

-       3-13 septembre 1991: Casablanca (4e), avec Lovely Rita de Thomas Brasch ainsi que Passion d’Edward Bond.

-       4-16 avril 1993: Casablanca, Quinzaine Wallonie-Bruxelles, avec L’Impromptu de Versailles de Molière, en mission pour le CGRI.

-       6-17 septembre 1995: Casablanca (8e), avec En Pleine Mer de S. Mrozek.

-       6-14 septembre 1996: Casablanca (9e), avec Cymbeline de Shakespeare.

-       5-19 septembre 1997: Casablanca (10e), avec Le Théâtre obligatoire de Karl Valentin.

-       16-23 mars 2007: Rabat, Rencontres universitaires d’impro, avec Les Contes de Hakim, en spectacle d’ouverture.

-       23-26 mars 2007: Agadir (12e FITU), avec Communication à une académie de Franz Kafka.

-       1-5 novembre 2008: Marrakech (2e Festival International de Théâtre, jeunes créateurs), avec Le Joueur de Flûte d’après Robert Browning.

-       6-10 mai 2009: Fès (4e FESTUF), avec Communication à une académie de Franz Kafka.

-       7-11 avril 2010: Fès (5e FESTUF), avec Si tu m’aimes de Hans Sachs, mais représentation annulée pour cause de fracture du pied de Dominique Donnay.

-       27-30 avril 2010: Oujda, (2e Festival de Théâtre Universitaire), avec Alain Chevalier en observateur invité.

-       27-30 avril 2010: Marrakech (4e FITUM), avec Poivre de Cayenne de René de Obaldia.

-       7-11 décembre 2010: Tanger, Alain Chevalier en observateur invité au 4e FITUT.

-       6-9 novembre 2013: Tanger (7e FITUT), avec Communication à une académie de Franz Kafka.

Ce bref survol historique de nos déplacements permet de voir, par déduction,  comment l’envie de manifester par des festivals  la vitalité des théâtres universitaires marocains s’est exprimée de manière centrifuge à partir de Casablanca, successivement  à Agadir, Marrakech, Fès, Tanger et Oujda.

Et ceci se retrouve aussi dans la succession des troupes marocaines passées par nos Rencontres liégeoises (RITU) : successivement Casablanca (1991,1997,1998 et 2003), Rabat (2009), Marrakech (2011) et Tanger (2013) ; sans compter les observateurs de Tanger (Tahar El Qour) et Oujda (Yahya Choual), en 2010 et 2011.

Rappelons que le Doyen Hassan Esmili de la Fac des lettres de Casa avait été élu membre (Vice-président pour l’Afrique du Nord) du premier Comité exécutif de la jeune Association Internationale du Théâtre à l’Université (AITU) lors du 1er Congrès mondial fondateur tenu à Liège en 1993. Nous ne pouvons qu’espérer que nos actuels collègues du Maroc et du Maghreb auront à cœur de continuer à soutenir l’AITU, par exemple en participant au 10e Congrès mondial que le TURLg et le Comité exécutif organisent à Liège du 30 juin au 4 juillet 2014, pour célébrer le 20e anniversaire de l’Association (voyez le site de l’AITU : www.aitu-iuta.org). L’AITU recrute toujours !

DSC06423.JPGMais, après ce long préambule historique, revenons à notre singe. La 7e édition du FITU de Tanger était donc encore organisée par l’Ecole Nationale de Commerce et Gestion (ENCGT), du 4 au 9 novembre 2013. Pour différentes raisons personnelles et professionnelles, le TURLg ne pouvait y participer que quelques jours, hélas, et c’est donc le mercredi 6, seulement, qu’un vol Iberia emmenait Haroun, David, Dominique et le Chef à Tanger, avec escale de 2 heures à Madrid.

Un séjour très (trop) bref pour pouvoir vraiment participer très activement à toutes les manifestations, voire même pour visiter la ville. En vérité, nous n’avons guère pu voir que deux spectacles (Les Envahisseurs, par la troupe Funtasia de l’Université Hassan II de Casablanca ; et Statue de bonheur, par la troupe Euripides, de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès). Il est vrai que les retards assez courants mis à lancer les spectacles ont mis plus d’une fois notre patience à rude épreuve, le jeudi. Quant à la journée de vendredi, elle fut, évidemment, consacrée à la préparation de notre spectacle (Communication à une académie, de Kafka) que nous avons présenté à 16 heures - sans aucun retard ! - dans la salle du Colegio Ramon y Cajal (nous ne voyons d’ailleurs pas ce que nous aurions pu présenter d’autre de nos productions dans cette salle de type « patronnage »…). Si nous n’avons pas eu le plaisir de remarquer dans le public des membres de la troupe de Tanger que nous avions accueillis à Liège cette année au RITU, en revanche, nous avons été honorés de la présence du Conseiller de l’Ambassade de Belgique, Monsieur Jean-Louis Servais, et du Délégué de l’agence Wallonie-Bruxelles International, Monsieur Charles Houard, venus expressément de Rabat pour notre grand plaisir (par parenthèse, la dernière fois que le TURLg avait vu Monsieur Houard, c’était en 2010, lors de la tournée de notre Dernier Godot à Québec. Décidément, le monde est petit !). Merci à Monsieur Frank Carruet, Ambassadeur de Belgique au Maroc, de s’être fait représenter par cette sympathique délégation.

Bref, notre représentation s’est déroulée sans anicroche et avec un succès indéniable. Mais, comme déjà dit, notre avion de retour décollait le samedi matin et il fallut quitter tôt l’hôtel Chellah et le Centre pédagogique régional pour reprendre notre vol Iberia qui nous avait, cette fois, concocté une escale de 5 heures à Madrid. Retour à Liège à minuit, hélas, donc !

Tout ceci nous ayant fait louper, forcément, la cérémonie de clôture du festival le samedi après-midi, c’est le dimanche, à Liège donc, que nous avons appris, par SMS, que notre prestation nous avait valu deux prix : le prix spécial du jury à notre spectacle, et un spécial d’interprétation masculine à notre jeune singe Haroun Mouzzouri.

C’est avec plaisir que nous prenons acte de cette proclamation, en remerciant le jury pour sa clairvoyance ( !), et en remerciant par avance la Délégation WBI de Rabat de nous faire parvenir, en trois dimensions et en dur, ces trophées âprement gagnés. Mais qu’on se rassure : ce n’est pas pour autant que nous nous mettrons à convoquer un jury et à distribuer des prix dans nos futurs RITU. Nous resterons fermés à cette mode qui ne correspond pas à notre conception des rencontres de théâtre universitaire, ceci dit sans offenses à quiconque : nous compatissons vivement aux souffrances, et nous applaudissons au courage et à la patience de tous ces jurés bénévoles que nous rencontrons ici ou là, lors de nos tournées internationales. Nous ne les envions pas, en tout cas ! (vous trouverez le palmarès complet sur le Facebook du Fitut).

Concluons en remerciant et en félicitant à nouveau le Directeur général, Tahar El Qour, que nous encourageons à continuer à procurer aux étudiants de Tanger matière à parfaire leurs capacités de gestion grâce à ce champ d’expérience pratique unique qu’est un FITU. Ce ne sont pas les Liégeois qui vont sous-estimer la difficulté de la tâche, eux qui ont créé leur première Rencontre internationale il y a 30 ans…

Robert Germay

PS : le jury liégeois décerne à Nizar Darkaoui une mention spéciale pour l’aide efficace qu’il nous a accordée sans faillir, durant notre séjour. Un grand merci à lui !

Lire la suite

La ville de Saint-Louis (F) attendait Godot depuis 2 ans. Il est arrivé pour le 27e THEATRA (11-12 oct. 2013). C’était le dernier Godot.

21 Octobre 2013 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

 

Dernier Godot St Louis oct. 2013

 

Les photos

 

Créé à Liège en 2010, notre Dernier Godot de Matei Vizniec partit très vite en tournées internationales ; successivement : Metz (F), Bratislava (SK), Minsk (BY), en 2010 ; Angers (F), Buffalo (USA), Québec, Valleyfield (CAN), et Vilnius (LT) en 2011. Et l’année devait  se terminer à Saint-Louis (F), au festival THEATRA en octobre.

Las, une cigogne était entretemps passée chez David, bouleversant quelque peu la vie de notre Godot… et dès lors, les projets prévus pour lui par le TURLg. Ce qui nous amena à annuler notre participation – pourtant déjà promise – à THEATRA 25. Comme le dit Beckett, un personnage de la pièce de Visniec : « Le théâtre [était] mort » et il fallut deux années pour réattirer Godot sur les planches. Et c’est avec en point de mire THEATRA 27 d’octobre 2013, que l’équipe (David Zapico, Vincent Canueto, Renaud Minet et le Chef) se remit à l’ouvrage pour réanimer la bête. Bien nous en prit, car le public de Saint-Louis nous réserva un très bel accueil ce samedi 12 octobre à 13h15 à la salle La Coupole, lors de notre représentation hors concours. De notre côté – côté scène – après tous nos détours non-francophones (Slovaquie, Belarus, Etats-Unis, Lituanie), nous avons apprécié de re-jouer pour un public entravant la langue adoptive de Visniec, un public connaisseur qui plus est, dont les réactions nous ont clairement montré qu’ils savaient ce que c’est que d’attendre Godot.

Certes, c’est notre dernier Godot, mais, espérons-le, pas notre dernière visite à Saint-Louis. Il faut dire que le TURLg était déjà là lors de la création de THEATRA en 1987[1], en la personne de Robert Germay qui participait à cette première édition en tant que membre du jury. Cette première édition fondatrice, pilotée dès alors par Cathy Aulard (et son André Leroy des Tréteaux de Haute-Alsace, de Mulhouse) flanquée de Jean Ueberschlag se montrait très prometteuse, et le TULg (qui n’était pas encore Royal alors) se fit un devoir d’être prêt pour la 2e édition, avec un spectacle, cette fois : c’est ainsi que notre fameux Projecteur réparé… ? de Karl Valentin fut programmé en ce vendredi soir d’ouverture du 2e festival, le 14 octobre 1988.

Par la suite, nous avons participé à THEATRA avec Passion d’Edward Bond (représentation scolaire) en anglais ! (prix spécial du jury) en 1989 ; En pleine mer, de Mrozek en 1991 ; Ein Fest bei Papadakis (en allemand et grec) du Grips Theater en 1993 ; Communication à une académie de Kafka, en 1995 ; L’Innocence des bœufs d’Alphonse Allais en 1996 ; L’Enseigneur de Jean-Pierre Dopagne en 2006 ; Le Joueur de flûte, d’après Robert Browning, en plein air l’après-midi sur la place de la Mairie, en 2010 ; et donc, enfin, Le Dernier Godot de Matei Visniec, en 2013. Soit 10 participations avec 9 spectacles sur 27 éditions.

Le plaisir que nous trouvons à participer à THEATRA depuis l’origine est lié à l’ambiance très particulière que procure ce grand rassemblement de troupes amateurs dynamiques en un endroit et en un temps très serrés – avec ce micro-climat si typique de la Haute-Alsace ! – ; mais il est aussi tributaire de l’accueil sympathique et l’organisation bien rodée dont sont responsables Cathy Aulard et Line Parra et leurs équipes soudées.

A la revoyure, donc ?

Robert Germay

------
[1] Par parenthèse, on notera que, la même année, un autre festival de théâtre amateur voyait le jour plus à l’Ouest, dans le Maine-et-Loire, à Cholet : “Les Arlequins”. Il est lui aussi toujours très vivant aujourd’hui.L e TURLg y a participé en 1992 avec En pleine mer. Fermez la parenthèse.
Lire la suite

« Communication à une académie » au 10ème Teatralny Koufar, Minsk, du 22 au 29 septembre 2013

9 Octobre 2013 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

PTDC0001.JPGLes photos

Les photos du site de Koufar

 

Non seulement, nous commençons à bien connaître Minsk, son festival Teatralny Koufar et ses GO Katsia, Wladimir et Sarhei. C’est que le Turlg y participait pour la 4ème fois : nous y étions en juillet 2012 pour le 9ème Congrès de l’AITU ; en octobre 2010 avec Le dernier Godot ; en octobre 2009 avec Fin de siècle sur l'île ainsi qu’en octobre 2007 avec Si tu m’aimes. Sans compter le fait que Robert y avait déjà été invité à la 2e édition comme Président de l’AITU. Il y assurait aussi la Présidence du Jury (cf. Infra). Il n’y a pas de loi anti-cumul au Belarus !

Mais aussi Minsk commence à bien nous connaître. Je n’en veux pour preuve que l’accueil que nous avons reçu de notre guide, Olga, qui nous a expliqué qu’elle avait commencé à s’investir dans l’organisation de ce festival après avoir vu… Fin de siècle...! Belle entrée en matière tant pour elle que pour nous cette année.

Un programme toujours très dense à l’affiche de ce 10e Koufar. Une bonne vingtaine de représentations de troupes étudiantes ou universitaires venues principalement de Minsk et du Belarus mais aussi de l’Est de l’Europe — on ne dit plus Europe de l’Est ! : Estonie, Lettonie, Slovénie, Lituanie (tout la litanie de pays en –nie !) Russie, Géorgie, Pologne, Macédoine (ou Macédonie ?). Nous étions les seuls ouest-européens ! Une particularité nouvelle pour ce Festival habituellement plus ouvert sur le monde entier. Un effet de la crise ?

Peut-être ! Car nous avons également remarqué que contrairement aux années précédentes, les spectacles, tout en continuant à attirer un public nombreux, ne faisaient plus salle comble. C’est que cette année, pour la première fois, les entrées étaient payantes pour le public extérieur : 30.000 roubles c’est-à-dire plus ou moins 2,50€. Autre effet de la crise sur la culture…. A regretter aussi les conditions déplorables de logement pour David et Haroun. Serait-ce aussi un effet de la crise ? Ou alors un débordement dans l’organisation? Qui trop embrasse…

A part ce dernier bémol, la participation à Teatralny Koufar reste pour nous un moment important de la saison.  Nous y étions programmés le samedi 29 hors compétition.

Hors compétition, car pour votre gouverne, ce festival comporte en effet des prix qui sont décernés par un jury international : pour « le meilleur premier rôle masculin », « le meilleur second rôle féminin », « la meilleure adaptation de ??? » « le meilleur pestacle », « le meilleur… »  (vous savez ce que nous en pensons, nous, de ces histoires de prix, nous qui sommes de toute façon les meilleurs !).

Trêve de détours, notre spectacle fut à nouveau largement apprécié. Haroun nous a campé notre nouveau singe « ouistiti » avec brio devant un public majoritairement non francophone. Les félicitations sont venues nombreuses par la suite, qui ont confirmé les applaudissements du public et sa standing ovation (qui est, à vrai dire, une des marques de fabrique de ce festival). Quant au chef, il a également bien descendu son exposé numérologique sur les 22 et a assurément convaincu le public de la justesse scientifique de ces propos ! Bref, notre Communication… continue à sauter allégrement la barrière des langues… d’Est en Ouest et vice versa.

Deux ateliers de jeu étaient aussi proposés aux participants, l’un donné sur la bio-mécanique de Meyerhold par un professeur russe et l’autre sur la présence, le rythme et le temps, donné par Georgina Kakoudaki de Grèce, que nous avons déjà eu le plaisir de recevoir au RITU. Parallèlement, un laboratoire « 3-3-3-3 » (3 pièces, 3 auteurs, 3 metteurs en scène, 3 langues) fut mené pendant toute la semaine et a donné lieu à une présentation en fin de festival.

Enfin, Katsia Saladhuka, membre du Comex de l’AITU,  avait invité ce dernier à y tenir deux réunions d’autant plus importantes pour nous qu’elles avaient à l’ordre du jour la préparation du 10e Congrès que se tiendra en nos murs à Liège du 30 juin au 4 juillet 2014. J’ai pu personnellement y présenter l’avancement de nos contacts et un pré-programme.

Quant au programme festif, il reste à la hauteur de toutes les éditions précédentes et ceux qui connaissent le trio « Katsia-Wladimir-Sarhei », pour les avoir rencontrés au RITU, savent qu’ils ne sont certainement pas les derniers à y contribuer. Encore une fois, merci à eux trois qui nous reçoivent toujours avec honneurs et pleins de sourires amicaux et complices.

Nous leur donnons rendez-vous à notre Congrès 2014.

 

Alain Chevalier

Lire la suite

9e Universiades Internationales de Théâtre de SERRES, ou quand notre singe fait un saut de puce en Grèce, 31/5-2/06/2013.

13 Juin 2013 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

DSC05816.jpgLes Photos

Le Théâtre municipal de Serres (près de Thessalonique, en Macédoine) organise depuis 2004 un festival de théâtre universitaire, en coopération avec le Comité national de l’UNESCO et de l’Institut International de Théâtre-Grèce, et financé en partie par l’Union Européenne, à travers le programme ESPA Macédoine-Thrace 2011-2015.

En 2005 déjà, les organisateurs avaient contacté l’AITU avec l’intention d’ouvrir la programmation du festival sur le plan international, et avaient ainsi invité Alain Chevalier du TURLg et Nienke Meeter de l’Université d’Amsterdam, à présenter conférences et ateliers à Serres. Notre Alain y avait parlé de « L’influence de l’art théâtral sur l’étudiant universitaire type ». Depuis lors, des troupes universitaires de Grèce, bien sûr, mais aussi d’Espagne, de Roumanie, de France, de Chypre, de Bulgarie et de Serbie se sont produites à ce festival qui dure deux à trois semaines.

Pour leur 9ème édition, du 18 mai au 5 juin 2013, les Universiades de Serres ont invité cette fois le TURLg avec un spectacle, d’une part, et son président, Robert Germay avec une conférence, d’autre part. C’est ainsi que le singe (Haroun) de « Communication à une académie » emmenait ses deux sbires (le Chef Robert et l’assistant David) pour un petit bond vers la Macédoine : départ de Zaventem vendredi 31 mai pour arriver à Serres (par Belgrade) avec JAT Airways le samedi 1 juin à 2h du matin; jouer le samedi 1 à 18h ; et départ de l’hôtel  le dimanche 2 juin à 8h pour atterrir à Charleroi (via Bergamo, Ryanair oblige) à 17h30. Quand même sportif ce genre de city-trip !

Ceci-dit, c’est avec plaisir que nous confrontions notre spectacle à un nouveau public non-francophone, grec cette fois. Pour rappel, depuis sa création à Liège en 1994, notre « Kafka » a été présenté successivement, hors Belgique, avec le même succès, dans les différents pays suivants : France (1995), Israël (1998), Hongrie (1998), Allemagne (1999), Ukraine (2000), Etats-Unis (2000), Canada (2000), Italie (2000), Espagne (2005), Maroc (2007), Pologne (2008), Mexique (2008), Roumanie (2009), Tchéquie (2009), Turquie (2010), Sénégal (2010), Liban (2010), Estonie (2012) et , donc, Grèce (2013).

C’est à Haroun, le singe de la 3ème génération qu’est donc échu l’honneur de tester les publics estoniens et grecs : à chaque fois, il a montré que nous continuons à franchir allègrement la barrière de la langue. A Serres, en tout cas, la discussion soutenue que nous avons menée pendant une petite heure avec le public après le spectacle nous en a apporté une nouvelle  preuve éclatante. Pouvons-nous mettre au compte de ce succès l’invitation qui nous y a été faite d’ores et déjà de revenir à la prochaine et 10ème édition en 2014 ?

Nous remercions vivement les organisateurs des Universiades de Serres pour leur invitation, et tout spécialement notre accompagnatrice Maria Kalimeri pour le cordial et entier dévouement qu’elle a mis à nous accueillir si chaleureusement et si efficacement…dans notre langue !

Pour terminer, nous ne pouvons que louer la qualité du superbe hôtel Elpida… qui nous a fait plus regretter encore la brièveté de notre visite.

Une autre fois ?

 

Robert Germay

Lire la suite

Un retour aux sources : Le TURLg présente au public argentin (9-19 avril 2013) sa version de Fin de siècle sur l’île de l’auteur patagon Alejandro Finzi.

24 Mai 2013 , Rédigé par Asbl Théâtre Universitaire Royal de Liège Publié dans #Tournées

2013-04-11-15.38.46.jpgLes photos

En 1998 déjà, Robert Germay représentait le TURLg en Argentine lors d’une « mission exploratoire » (19-28 août 1998), répondant à une double invitation de deux collègues autochtones : Carlos Catalano et Alejandro Finzi, deux figures bien connues du monde du théâtre argentin.

Le premier, Carlos Catalano, éminent vétérinaire (sic !) n’en est pas moins Professeur et Directeur-fondateur de la Escuela Superior de Teatro de l’Université de Tandil. C’est à ce titre qu’il participait au 1er Congrès mondial (fondateur) de l’Association Internationale du Théâtre à l’Université, organisé par le TULg à Liège, 13-15 octobre 1994, et où il fut élu Vice-président de l’AITU pour l’Amérique latine. Un peu plus tard, en octobre 1998, il invitait alors le Président de l’AITU, Robert Germay, comme hôte d’honneur aux fêtes organisées par l’Université de Tandil pour marquer le 10e anniversaire de l’Ecole supérieure de Théâtre.

C’est à Lisbonne, au 3e Congrès Mondial de Sociologie du théâtre, du 30 octobre au 2 novembre 1992, que Robert Germay a rencontré pour la première fois Alejandro Finzi. Professeur d’histoire comparée de la littérature et du théâtre à l’Universidad nacional del Comahue à Neuquén (capitale de la Patagonie), mais aussi dramaturge très connu en Amérique latine (et souvent joué en Europe : Espagne, France…) et directeur du Théâtre Rio Vivo de l’Université de Neuquén. Ayant eu vent du voyage de Germay en Argentine, A. Finzi eut la bonne idée de l’inviter à Neuquén après Tandil. Après quelques jours à Neuquén (22-26 octobre), il le ramenait alors à Buenos Aires pour d’autres rencontres de travail à la Escuela Nacional de Arte Dramatico (Institut Nacional Universitario de Artes) pendant l’escale à la capitale.

Tandil-Neuquén-Buenos Aires : pas mal de kilomètres pour un programme très chargé de contacts variés, de conférences et exposés divers. Chargé mais fructueux, ce qui permettait d’écrire dans le rapport de mission de l’époque : « De toutes les discussions que j’ai eues là-bas à tous les niveaux, il ressort une volonté mutuelle de consolider et d’étendre nos échanges. Tous mes interlocuteurs se sont dit prêts à mettre tout en œuvre pour essayer d’organiser une tournée du Théâtre Universitaire liégeois en Argentine ». Rapport signé R.G. en date du 30 octobre 1998 !!!

Les Liégeois avaient déjà bien montré leur bonne volonté par anticipation en invitant à RITU le Théâtre Universitaire de Neuquén dès 1995 (RITU 12) puis en 1998 (RITU 15) et, bientôt, celui de Tandil en 1999 (RITU 16)

De plus, et surtout, nous avions mis en chantier en 2006 une pièce née en Patagonie, précisément, de la plume d’Alejandro Finzi, Fin de siècle sur l’île (La Isla del fin del siglo), que nous avons créée à Liège le 25 janvier 2008, soit 10 ans après les vœux pieux de Tandil. Il était décidément temps d’envisager sérieusement l’exportation en terres australes de ce beau produit argentin. L’auteur, qui nous avait fait l’honneur d’assister à la création liégeoise, nous fournit des contacts très officiels dans son pays, qui nous permettraient de faire un magnifique circuit de Buenos Aires à Ushuaia –excusez du peu ! Et ainsi nous entamions de longues tractations avec les autorités d’Argentine et de Patagonie, avec l’Alliance Française et même l’Ambassade de Belgique à Buenos Aires.

Pendant que s’échangeait ainsi un bon kilo d’emails au dessus de l’Atlantique, notre spectacle Fin de siècle sur l’île apprenait à tourner successivement en Allemagne (Stralsund, septembre  2008), en Estonie (Tartu, octobre 2008) et au Belarus (Minsk, octobre 2009).

Ces négociations avec nos hôtes argentins potentiels (dirons-nous « putatifs » ?) se poursuivirent ainsi, de manière très intensive, jusqu’à fin 2010, date à laquelle nous dûmes bien nous rendre à l’évidence : la Patagonie tombait à l’eau ! On se serait cru dans la pièce même de Finzi ! Immense déception, donc, à notre corps défendant : il semble bien que seule la conjoncture politico-économico-sociale que connaissait l’Argentine - et le Sud en particulier – à ce moment là soit responsable de ce frustrant échec, notamment, en invalidant pas mal de contacts sur lesquels nous comptions.

L’ULg, qui avait pris sa part dans l’aventure en dégageant un budget pour payer nos billets d’avion, accepta, heureusement, de consacrer cette somme à un autre déplacement : Fin de siècle sur l’île put ainsi participer au Festival International de Manizales (Colombie) en octobre 2011, et être « testée » devant un public latino-américain. Un lot de consolation, en quelque sorte… 

Heureusement aussi, Alejandro n’avait pas dit son dernier mot, et, en 2012, il nous dégotait une autre invitation : l’Universidad Nacional de la Patagonia Austral, l’UNPA de Rio Gallegos, tout au sud de la Patagonie, nous proposait de participer à ses XXVIe Journées de Littérature Française et Francophone, en y présentant notre spectacle, et en y donnant l’une ou l’autre conférence.

Cette fois était la bonne ! Et, après une autre année de tractations le TURLg s’envolait le 9 avril 2013 de Zaventem pour ajouter l’Argentine comme 41e à sa longue liste de pays visités. Ou : quand le rêve devient – enfin ! – réalité !

 

Robert Germay.

 

Ce fut donc pour nous l’occasion d’y faire connaître notre travail « Fin de Siècle sur l’île » ainsi que d’y présenter quelques pages récentes de l’histoire du théâtre universitaire ou de celle du théâtre belge grâce à deux conférences données respectivement par Robert Germay et par Alain Chevalier. L’accueil de l’ensemble fut plus qu’enthousiaste : nous étions vraiment les hôtes d’honneur de ces journées organisées annuellement par l’AALFF, l’Asociacion Argentina de Literatura Francesa y Francofona.  Quant à cette édition 2013, elle était menée, avec rires et sourires, par la professeur Claudia Cheuqueman qui s’est, de  l’avis unanime, coupée en quatre pour rendre notre séjour agréable et nous proposer un programme d’activités des plus denses. Qu’elle en soit ici vivement remerciée.

Qu’on en juge !

Arrivée à Rio Gallegos le mercredi 10 avril fin d’après-midi après 29 heures de voyage (Liège - Bruxelles National – Madrid - Buenos Aires – Rio Gallegos : quelque 14.000 km !). Survol de la Patagonie devant un paysage rappelant parfaitement notre scénographie (à moins que ce ne soit l’inverse ?). Installation à l’Obispado et souper dans un snack encore ouvert : premier steak argentin...  

Le jeudi 11, ouverture du colloque à 10.30 avec une conférence inaugurale par Robert Germay sur l’histoire du théâtre universitaire et sur la création de l’AITU et à 19.00, en clôture de la journée, celle d’Alain Chevalier sur « Les mutations de l’institution théâtrale en Belgique de 1960 à 1985 ».

Vendredi 12 : montage puis représentation de Fin de siècle à 21.00 devant quelque 200 spectateurs très attentifs et, cela allait sans le dire là-bas, en présence de l’auteur. Nous ne résistons pas à l’envie de partager avec vous ce qu’en disait le lendemain le journal régional TiempoSur, el diario de Santa Cruz, à la une et en page 17 : « El Teatro del Obispado quedó deslumbrado con la obra “La Isla del Fin del Siglo” […]. Un gran cierre para las XXVI Jornadas de Literatura Francesa y Francófona se vivió ayer, con gran cantidad de público que acompañó una pieza teatral de grueso calibre y dejó al público deslumbrado. » (Le Théâtre de l’Obispado  admiratif devant le spectacle Fin de siècle sur l’île. On a vécu hier un grand moment de clôture pour les 26e Journées de Littérature Française et Francophone en présence d’un public nombreux venu assister à une pièce de théâtre d’envergure et qui l’a laissé admiratif ». Le reste de l’article est à l’avenant…).

Samedi 13 : Départ très tôt (6h ?) pour El Calafate et le glacier Perito Moreno ; lever du soleil sur la route ; avec les aléas d’usage (pneu crevé – carrément troué, même -, course cycliste qui nous retarde, un steak au dîner ou, pour changer, une truite saumonée,…).dejeuner-a-Calafate.jpg Difficile de décrire ce que nous avons ressenti face à ce paysage. Voyez les photos !

Dimanche 14 : transfert vers Buenos Aires avec notre avion-malle et nos bagages et installation à l’hôtel.

Lundi 15 : relâche (c’est lundi !).

Mardi 16 : un petit théâtre plus que sympathique situé dans un faubourg de Buenos Aires, El Galpon de Diablomundo, nous avait été « dégoté » par Chantal Heck, grâce à ses contacts familiaux et amicaux, pour y organiser une représentation côté capitale. Merci à Martin Wolff et à Sergio. Représentation qui fut, comme à Rio Gallegos, un succès public. Ou « quand le spectacle et le public sont bons ». Il est toujours difficile de se jeter des fleurs à soi-même. Alors, n’hésitez pas à aller sur le blog de nos hôtes du jour.

Mercredi 17 et jeudi 18 : retour «plic ploc » vers notre vieille Europe…

Tout cela pour vous donner un tout petit aperçu de ce que fut cette tournée exceptionnelle. Nous vous en parlerons certainement encore au détour d’une rencontre…

Et last but not least, qu’il nous soit permis de remercier notre Chef pour la persévérance, pour ne pas dire l’acharnement, dont il a fait preuve ces dernières années en vue de faire aboutir ce projet et nous le faire partager. Et, bien entendu, tout cela n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible de notre alma mater, qui a, une fois de plus, subventionné le voyage. Merci donc à notre Vice-Recteur.

 

Alain Chevalier

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>